Réduire la batterie pour baisser le prix est une manœuvre classique. La rendre plus rapide à recharger tout en gagnant en performance l’est moins. BYD vient de lancer en Chine une version d’accès du Fangchengbao Tai 3, attendu en Europe sous le nom Denza B3, avec une Blade Battery de deuxième génération de 64,3 kWh qui remplace le pack de 75,6 kWh.
Un gabarit de SUV familial
Le modèle mesure 4 605 mm de long, 1 900 mm de large et 1 720 mm de haut, pour un empattement de 2 745 mm. Ces cotes le placent quasiment au niveau d’un Toyota RAV4 en longueur.
L’esthétique reste anguleuse, fidèle à l’image de baroudeur cultivée par la marque Bao. Dans les faits, le Tai 3 s’écarte pourtant de la logique tout-terrain de ses cousins : il a été conçu comme un SUV familial conventionnel, pas comme un franchisseur.
Ce positionnement fonctionne commercialement. BYD annonce 5 945 exemplaires livrés en juillet et plus de 30 000 unités sur les sept premiers mois de 2026, des volumes significatifs sur un marché chinois saturé.
La batterie réduite, la puissance intacte
C’est le point technique central. Pour abaisser le tarif, BYD n’a pas touché à la motorisation. Le moteur arrière conserve ses 240 kW, soit 326 ch, sur une architecture à propulsion.
Le constructeur a joué sur la batterie. Le pack passe de 75,6 kWh à 64,3 kWh, une Blade Battery de deuxième génération. L’autonomie homologuée recule en conséquence, de 620 à 510 kilomètres en cycle CLTC.
Le gain se situe ailleurs. La masse tombe à 1 920 kg, et le 0 à 100 km/h s’améliore : 6,9 secondes contre 7,3 secondes pour la version à grande batterie. Moins d’énergie embarquée, mais un véhicule plus vif.

Cinq minutes pour 10 à 70 %
La nouvelle génération de cellules encaisse une charge que peu de constructeurs occidentaux savent égaler : de 10 à 70 % en cinq minutes, et de 10 à 97 % en neuf minutes.
Ces valeurs supposent des bornes adaptées au réseau Flash Charging de BYD, encore quasiment inexistant en Europe. C’est la réserve principale à poser : la performance existe côté véhicule, l’infrastructure conditionne son utilité réelle.
Sur le principe, ce compromis mérite réflexion. Une autonomie de 510 kilomètres CLTC, à laquelle il faut retrancher une marge importante pour approcher les conditions européennes, associée à une recharge de cinq minutes, peut se révéler plus pratique au quotidien qu’une autonomie supérieure avec une recharge de quarante minutes.
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La comparaison avec le Duster mérite une nuance
Le rapprochement avec le Dacia Duster circule volontiers, et il appelle des précautions. Le Duster Eco-G 120 est affiché à 19 990 euros en France, avec un trois cylindres bicarburation de 120 ch, sur un gabarit de 4,34 mètres.
Opposer frontalement ces deux véhicules relève de la caricature : marchés différents, fiscalités différentes, structures de coûts différentes. Un Duster conçu pour l’Europe et un Tai 3 conçu pour la Chine ne répondent pas au même cahier des charges.
L’écart de contenu à budget voisin dit néanmoins quelque chose de la guerre des prix chinoise. Et il faut être clair sur un point : ce modèle n’arrivera pas en Europe au tarif chinois. Droits de douane, coûts de distribution et homologations gonfleront nécessairement la facture.

Ce qui reste à confirmer
Le nom européen n’est pas verrouillé. Le modèle est commercialisé sous les appellations Tai 3 ou Bao 3 en Chine, et l’étiquette Denza B3 est attendue à l’export, sans confirmation officielle du constructeur.
Aucune date d’arrivée européenne n’a été annoncée, ni pour le B3 ni pour le B5 évoqué pour la fin 2026. Les tarifs restent également inconnus.
Ce qui traversera les frontières, en revanche, c’est la démonstration technique : un SUV de 4,6 mètres, 326 ch, une recharge de cinq minutes et une dotation complète, produits à un coût que les généralistes européens ne savent plus atteindre sur ce segment.





