Pendant dix ans, les constructeurs ont cherché à rendre leurs électriques visuellement distinctes. Mercedes prend le chemin inverse. Klaus Rehkugler, responsable du management produit et de la formation mondiale, explique que les clients sont lassés de cette séparation et veulent un modèle au visage unique, quelle que soit la motorisation.
Une mutualisation qui ira jusqu’aux sièges
Le constructeur ne s’arrête pas au dessin extérieur. Il prévoit d’augmenter fortement la part de composants communs entre les deux motorisations. À terme, les versions électriques et thermiques pourront partager les mêmes éléments de carrosserie, la même structure d’habitacle, voire les mêmes sièges.
La stratégie officielle pour 2026 et 2027 va plus loin : un design de marque unifié pour l’ensemble des modèles, électriques comme thermiques, sans exception.
Cette orientation contredit une décennie de positionnement. La gamme EQ avait été construite sur une différenciation visuelle marquée, avec des calandres pleines, des silhouettes profilées et une nomenclature séparée. Ce choix se révèle aujourd’hui contre-productif aux yeux du constructeur.
L’exemple du GLC électrique
Rehkugler cite un cas précis pour illustrer le rapprochement tarifaire : le GLC 250 electric, situé autour de 60 000 euros, un niveau aligné sur celui d’un GLC thermique comparable.
Le repère français mérite d’être posé. Le GLC électrique est commandable en France à partir de 71 900 euros, une valeur qui correspond aux finitions et motorisations disponibles sur notre marché, plus élevées que la version d’accès évoquée par le dirigeant.
Le modèle est produit à Brême, dans le même hall et sur la même ligne flexible que les GLC thermiques et hybrides ainsi que l’EQE. Cette organisation industrielle illustre concrètement la logique de mutualisation défendue par la marque.

L’argument de la valeur résiduelle
Le raisonnement de Rehkugler ne s’arrête pas au prix d’achat. Selon lui, plus les tarifs de départ se rapprochent entre les deux motorisations, plus rapidement la valeur de revente des électriques suivra la même trajectoire.
Le lien est logique. La cote d’occasion se construit en pourcentage du prix neuf. Une électrique vendue nettement plus cher qu’une thermique équivalente perd davantage en valeur absolue, ce qui alimente la défiance des acheteurs sur ce marché.
Mercedes avance un premier signe : la valeur résiduelle de ses électriques d’occasion se serait stabilisée sur les trois à six derniers mois.
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Une donnée à manier avec précaution
Cette information appelle une réserve explicite. Il s’agit de l’évaluation du constructeur lui-même, pas d’une étude indépendante du marché de l’occasion. Les cotes publiées par les organismes spécialisés constituent la seule source réellement neutre sur ce sujet.
Un constructeur a par ailleurs un intérêt direct à annoncer une stabilisation des valeurs résiduelles : ce paramètre conditionne le coût de ses offres de location, qui représentent une part croissante de ses ventes.

Un mouvement de fond dans l’industrie
Mercedes n’est pas isolée. Plusieurs constructeurs ont renoncé à différencier visuellement leurs électriques, pour deux raisons convergentes.
La première tient aux coûts. Concevoir deux carrosseries distinctes pour un même modèle double les investissements d’outillage et de validation, sur des volumes électriques inférieurs aux prévisions initiales.
La seconde tient au marché. Les acheteurs de véhicules premium choisissent d’abord un modèle avant de choisir une motorisation. Leur imposer une esthétique différente revient à leur demander de renoncer à ce qui les attirait.
Pour l’acheteur, la conséquence est concrète : le choix entre électrique et thermique deviendra une case à cocher sur le configurateur, comme l’était autrefois celui entre essence et diesel. Reste à savoir si le rapprochement tarifaire suivra partout, ce que la grille française ne reflète pas encore.





