Kimi Antonelli a remporté dimanche le premier Grand Prix d’Espagne disputé sur le Madring, devant Max Verstappen et Lando Norris. Le pilote McLaren partait pourtant en pole position et menait largement la course avant d’être piégé par le déclenchement d’une voiture de sécurité virtuelle au mauvais moment. L’Italien porte son avance au championnat à 81 points.
La course s’est jouée sur un arrêt au stand. Norris, qui avait arraché la pole dans les dernières secondes de la Q3 en 1’31 »824 devant Antonelli, contrôlait l’épreuve lorsque le déploiement d’une procédure de neutralisation virtuelle a rebattu les cartes. Antonelli et Verstappen ont pu s’arrêter sous VSC, tandis que Norris n’a pas eu le temps d’en profiter. Contraint de passer par les stands après le retour au régime de course, le Britannique a en plus subi un arrêt lent d’environ sept secondes et perdu les positions qu’il n’a jamais pu reprendre.
L’écart à l’arrivée dit la frustration. Antonelli l’emporte en 1h34’23 »754, Verstappen termine à 4 »351 et Norris à 5 »089. Les trois hommes se tiennent en un peu plus de cinq secondes après cinquante-sept tours et 308,399 km.
Un circuit exigeant pour un spectacle limité
Le Madring, tracé urbain aménagé dans le parc des expositions de la capitale espagnole, faisait ses débuts au calendrier. Il fermait la saison européenne dans sa configuration actuelle, avant le départ vers Bakou dans deux semaines.
Le verdict des pilotes est partagé. Le tracé s’est révélé exigeant, avec des murs proches et peu de marge d’erreur, mais il n’a pas produit la course animée que les organisateurs espéraient. Verstappen n’a pas caché ses réserves sur le dessin du circuit.
La configuration entre murs se retrouvera à Bakou, mais à des vitesses nettement supérieures. C’est ce qui distingue les deux épreuves, le circuit azerbaïdjanais combinant des lignes droites très longues et des passages étroits dans la vieille ville.

Leclerc quatrième, Hamilton à l’abandon
Charles Leclerc prend la quatrième place à 29 »116, juste devant George Russell, cinquième à 29 »829. Le pilote Mercedes n’a pas pu suivre le rythme de son coéquipier, ce qui devient un motif récurrent de cette saison.
Lewis Hamilton a été contraint à l’abandon sur un problème de freins. Ce retrait coûte cher au classement, puisqu’il laisse Russell conserver vingt points d’avance sur lui dans la lutte pour la deuxième place du championnat.
Le reste du top 10 réunit Liam Lawson, sixième à 1’26 »746, Franco Colapinto septième à 1’34 »281, Oscar Piastri huitième à 1’35 »839, puis Arvid Lindblad et Nico Hülkenberg. Lawson occupe toujours le baquet Red Bull en remplacement d’Isack Hadjar, forfait depuis plusieurs courses.
Carlos Sainz avait pour sa part été pénalisé sur la grille de départ, ce qui a compliqué son week-end à domicile, l’Espagne accueillant sa deuxième épreuve de la saison après Barcelone.
Huit victoires et 81 points d’avance
Le bilan d’Antonelli sur cette saison force l’attention. L’Italien compte huit victoires, six pole positions, dix meilleurs tours et quinze podiums, pour 442 points inscrits en carrière au cours de sa deuxième saison complète en Formule 1.
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Il enchaîne surtout deux succès de suite. Le week-end précédent, il s’était imposé à Monza devant son public au terme d’une remontée remarquée, une semaine après le forfait qui privait Red Bull de son pilote français.
Sa trajectoire s’inscrit dans une série de records. Il était déjà devenu le plus jeune poleman de l’histoire de la discipline en Chine, où il avait signé sa première victoire, puis le plus jeune leader du championnat du monde au Japon, à 19 ans et 216 jours. Il est le premier Italien à mener le championnat depuis Giancarlo Fisichella en 2005.
Nous relevions dès sa troisième victoire consécutive à Miami que le pilote Mercedes installait une domination inhabituelle pour un deuxième exercice complet.
Le titre se rapproche sans être acquis
Les 81 points d’avance placent l’Italien en position très favorable, mais la prudence s’impose sur le vocabulaire. Madrid constituait la quatorzième des vingt-quatre manches au calendrier, ce qui laisse dix Grands Prix à disputer, week-ends sprint compris.
Le total encore en jeu dépasse donc largement l’écart actuel. À ce rythme, la question commencera rapidement à porter autant sur le moment où Antonelli pourrait être titré que sur la capacité de ses poursuivants à relancer le championnat.
La véritable question porte ailleurs. À ce rythme, le titre peut se jouer avant la fin de saison, et l’enjeu se déplace vers le nombre de courses nécessaires plutôt que vers l’identité du champion. La lutte pour la deuxième place, entre Russell et Hamilton séparés de vingt points, promet davantage de suspense.
Rendez-vous dans deux semaines à Bakou, sur un tracé où les murs pardonnent encore moins et où les vitesses de pointe changent complètement l’équation. C’est là que se mesurera la solidité de l’avance construite ces deux derniers week-ends.





