Renault ne laisse pas vieillir sa citadine électrique. Avant même le prochain millésime, la R5 E-Tech reçoit une série d’évolutions pour la rentrée : autonomie portée jusqu’à 425 kilomètres WLTP, deux teintes inédites, des jantes dorées de 18 pouces et une dotation enrichie. Le gain d’autonomie n’est pas venu d’une plus grosse batterie.

De l’efficience, pas des kilowattheures

C’est le point technique le plus intéressant. Renault annonce jusqu’à 425 kilomètres WLTP, contre 400 précédemment, sans modifier la capacité du pack de 52 kWh.

Le gain provient d’un travail sur l’efficience énergétique du modèle. La démarche mérite d’être relevée à un moment où la surenchère de capacité domine le marché : ajouter des kilowattheures coûte cher, alourdit le véhicule et pénalise la consommation. Améliorer le rendement produit le même résultat sans ces contreparties.

Une autre évolution circule sur le marché belge : la version d’entrée de gamme Five, aujourd’hui dotée d’une batterie de 40 kWh et d’un moteur de 95 ch, passerait à un pack de 37 kWh associé à une machine de 110 ch. Cette information n’est pas confirmée pour la France.

Les jantes qui font le sujet

Deux nouvelles teintes arrivent au quatrième trimestre : un rouge Dezir, nommé d’après le concept-car qui a inspiré le langage stylistique des Renault du début des années 2010, et un gris Dolomite plus discret.

Mais l’élément qui capte l’attention est ailleurs. Les jantes de 18 pouces accompagnant la finition Techno seront proposées dans une teinte dorée. Associée au bleu Nocturne, la combinaison évoque frontalement la Clio Williams, référence absolue pour une génération d’amateurs.

Renault a d’ailleurs publié les visuels sur ses réseaux sociaux avant de les retirer, vraisemblablement diffusés trop tôt. Ces roues sont déjà commandables en Allemagne, ce qui en dit long sur la volonté de la marque de jouer la corde nostalgique.

Une dotation enrichie sur plusieurs finitions

La sellerie de la finition Iconic Cinq passe du bleu-gris, remplaçant l’association jaune-gris.

Dès la finition Techno, la citadine reçoit un socle de recharge sans fil ventilé, destiné à éviter la surchauffe du téléphone pendant la charge. S’ajoute une fonction basculant automatiquement entre les modes Eco, Comfort et Sport selon le style de conduite.

La baisse de prix est allemande, pas française

C’est la réserve à poser clairement. Renault a bien réduit ses tarifs de 1 710 euros sur l’ensemble de la gamme R5, mais uniquement en Allemagne. La version evolution y démarre à 26 290 euros avant bonus, ce dernier pouvant atteindre 6 000 euros outre-Rhin.

Le geste vise un marché précis. Renault ajuste là où la concurrence est la plus dure, face à l’arrivée de la Volkswagen ID. Polo et de la Cupra Raval, deux rivales directes aux tarifs d’attaque serrés, sur un marché historiquement difficile pour les marques françaises.

En France, la R5 Five démarre sous les 25 000 euros prime déduite. Aucune baisse n’a été annoncée, et la nouvelle grille tarifaire hexagonale est attendue en septembre.

Renault 5 E-Tech rouge
Une nouvelle couleur est également proposée sur la Renault 5 : Rouge désir | © Renault

Une position à défendre

Les chiffres expliquent cette activité. Au premier semestre 2026, la R5 E-Tech s’est hissée au quatrième rang des véhicules électriques les plus vendus en Europe, avec 45 629 exemplaires et une progression de 34,5 % sur un an. Elle était la meilleure vente électrique de France en 2025.

Cette dynamique se heurte désormais à deux concurrentes bâties sur la même logique de citadine électrique européenne accessible. Renault le sait, et l’ajustement allemand ressemble à un test grandeur nature.

Si les volumes progressent outre-Rhin, la marque pourrait transposer le dispositif en France et sur d’autres marchés. La question du tarif hexagonal reste donc ouverte, et c’est précisément celle qui déterminera si ces évolutions produisent un effet commercial ou restent cosmétiques.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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