Le Mazda CX-6e arrive dans les concessions françaises à partir de 46 800 €. Ce SUV électrique de 4,85 m annonce 484 km d’autonomie et un équipement très fourni, mais il repose sur une plateforme Changan et sort d’une usine chinoise, ce qui l’exclut de la prime CEE dont bénéficie le Peugeot e-5008, facturé 110 € de moins.

Le modèle prolonge la stratégie d’électrification progressive de Mazda, entamée avec le MX-30 puis la berline 6e. Comme cette dernière, il naît de la coentreprise Changan Mazda et partage l’essentiel de sa base technique avec le Deepal S07, produit à Nankin dans la province du Jiangsu.

La marque assume cette origine tout en revendiquant un travail de style mené en Europe. Le dessin, confié au studio européen de Mazda, réinterprète le langage Kodo maison et constitue le principal élément de différenciation face au véhicule dont il dérive.

484 km, en retrait sur le segment

La batterie affiche 78 kWh pour une autonomie homologuée de 484 km en cycle WLTP. La recharge rapide accepte jusqu’à 195 kW, ce qui permet de passer de 10 à 80 % en vingt-quatre minutes. La puissance atteint 258 ch, sur une architecture à propulsion.

Le chiffre d’autonomie situe le modèle derrière ses principaux rivaux. Le Škoda Peaq revendique jusqu’à 647 km avec une batterie de 91 kWh, et le Peugeot e-5008 dépasse les 500 km dans ses versions à grande batterie.

Le CX-6e ne propose par ailleurs que cinq places, là où le Peaq et l’e-5008 offrent sept sièges. Mazda mise sur l’espace aux places arrière et sur la présentation plutôt que sur la capacité d’emport, ce qui déplace la cible vers une clientèle sans contrainte familiale lourde.

Habitacle du Mazda CX-6e avec écran de 26,45 pouces
L’écran de 26,45 pouces est livré de série sur les deux finitions proposées en France | © Mazda

Un équipement complet pour compenser

La gamme française se limite à deux finitions, toutes deux positionnées haut. La Takumi, qui ouvre le catalogue, comprend l’affichage tête haute, les sièges avant chauffants et ventilés, le toit panoramique, le hayon motorisé et une dotation complète d’aides à la conduite.

L’écran central de 26,45 pouces est de série, tout comme sept teintes métallisées et six combinaisons bi-ton. Ce parti pris de dotation généreuse à finition unique vise à compenser l’écart d’autonomie par une valeur perçue supérieure à tarif comparable.

L’obstacle se situe ailleurs. Produit en Chine, le CX-6e ne peut prétendre à la prime Coup de pouce CEE, contrairement à son rival de Sochaux. À prix catalogue quasi identique, l’écart réel à la commande se creuse donc au détriment du japonais.

Ce qui reste à préciser

Le tarif de la seconde finition et le détail des options ne sont pas communiqués, pas plus que les délais de livraison réels alors que les premiers exemplaires rejoignent le réseau. La question du réseau de service reste également ouverte pour un modèle qui ne partage aucune pièce mécanique avec le reste de la gamme.

Mazda prépare en parallèle sa propre architecture multi-énergie, attendue pour 2028. Le CX-6e et la 6e constituent donc une génération de transition, dépendante d’un partenaire chinois, ce que la marque n’a jamais caché depuis l’arrivée de ses moteurs six cylindres en ligne sur le CX-60.

Reste à savoir si la clientèle Mazda, historiquement attachée à l’identité technique de la marque, acceptera un modèle dont seule la carrosserie est japonaise. C’est le vrai test de ce lancement, davantage que les 484 km homologués.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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