Tesla a mis en service son robotaxi Cybercab à Austin le 3 septembre. Quelques heures plus tard, l’agence fédérale américaine de sécurité routière ouvrait une enquête sur la façon dont le constructeur a certifié un véhicule dépourvu de volant et de pédales. L’action Tesla a reculé de près de 6 % à Wall Street.
Le déploiement reste modeste, avec une quarantaine d’exemplaires dans un périmètre restreint de la capitale texane. Le Cybercab constitue le fer de lance de la flotte de robotaxis annoncée depuis plusieurs années par la marque, et son design sans commandes manuelles en fait le premier véhicule du genre à circuler commercialement sur route ouverte aux États-Unis.
Le point de friction est réglementaire. Plusieurs normes fédérales de sécurité applicables aux voitures particulières ont été conçues autour de la présence de commandes manuelles et d’un conducteur. Or le Cybercab est dépourvu de volant et de pédales. Tesla n’a pas demandé de dérogation et affirme que son véhicule satisfait aux normes applicables par la procédure américaine d’autocertification. C’est précisément cette conformité que la NHTSA veut désormais examiner.
Ce que l’agence veut vérifier
L’enquête porte sur les processus et les données techniques ayant permis à Tesla d’affirmer cette conformité. Il ne s’agit pas d’une procédure pour défaut, mais d’un audit de la démarche de certification elle-même, ce qui en fait un dossier inédit.
Jonathan Morrison, administrateur de la NHTSA, a précisé que l’agence soutenait pleinement le développement et le déploiement encadrés des véhicules automatisés, tout en rappelant qu’il lui revient de faire respecter la loi en vigueur. La formulation évite l’affrontement frontal mais ne laisse pas de place à l’ambiguïté.
Le contexte réglementaire est lui-même en mouvement. Le département américain des Transports a proposé de faire évoluer les règles applicables aux véhicules conçus dès l’origine pour circuler sans conducteur ni commandes traditionnelles. Mais cette évolution n’est pas encore entrée en vigueur, plaçant le lancement du Cybercab dans une période de transition réglementaire particulièrement sensible.

Le risque pour le déploiement
Si l’autocertification est jugée irrecevable, l’agence peut exiger le retrait des véhicules de la circulation et imposer à Tesla la procédure de dérogation classique, dont les délais se comptent en mois. Le déploiement du service de robotaxi serait alors gelé.
Ce dossier vient s’ajouter à plusieurs enquêtes déjà ouvertes sur les technologies d’aide à la conduite de la marque, notamment sur le Full Self-Driving. Aucun calendrier de conclusion n’a été communiqué.
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L’affaire dépasse le cas Tesla. La décision fixera dans quelles conditions un constructeur peut mettre en circulation un véhicule sans commandes manuelles, et servira de référence à tous ceux qui suivront sur ce terrain.
Un précédent qui s’ajoute à d’autres
Le constructeur a l’habitude de ce type de bras de fer. Il a vu le FSD bloqué en Chine pendant plusieurs mois, et le Cybertruck refusé en Europe faute de conformité aux normes locales.
En Europe, le dossier du FSD suit une trajectoire distincte, entre la démonstration du salon d’Angoulême et le vote du comité technique européen attendu en octobre. Les clients européens paient déjà l’abonnement à 99 € par mois sans accéder aux fonctions avancées.
Reste à connaître la conclusion de l’audit, le sort des quarante véhicules déjà en service et la date d’entrée en vigueur de la réforme réglementaire proposée par le département des Transports. Les trois se répondent, et aucune n’a de calendrier public à ce jour.





