Le choix en dit long sur la clientèle visée. Pour la première allemande de son hot hatch électrique, Peugeot a retenu non pas un salon automobile mais la Gamescom, le plus grand salon du jeu vidéo au monde. L’E-208 GTi et ses 281 ch sont exposées du 26 au 30 août à Cologne, sur le stand de Rocket Beans TV, dans le hall 9.1.

Le badge GTi testé sur une génération qui ne conduit pas encore

L’opération n’a rien d’improvisé. Peugeot teste l’attractivité de son sigle sportif auprès d’un public qui découvre la vitesse par l’écran avant de la découvrir au volant.

Deux simulateurs reproduisant le circuit de Spa-Francorchamps sont installés à côté de la voiture. Les visiteurs peuvent examiner le modèle et effectuer des tours virtuels, mais aucun essai routier n’est proposé.

La logique est identifiable. Le badge GTi porte une charge émotionnelle bâtie sur la 205 des années 1980, une référence que la clientèle présente à la Gamescom n’a pas connue. Réactiver ce capital sur une génération nouvelle suppose de le rencontrer là où elle se trouve.

Une fiche technique qui tient la route

Le moteur M4+ développe 207 kW, soit 281 ch, et 345 Nm de couple. Le 0 à 100 km/h est abattu en 5,5 secondes, la vitesse maximale étant bridée à 180 km/h.

La batterie affiche 54 kWh de capacité totale, dont 51 kWh utilisables. L’autonomie atteint 375 kilomètres avec des pneumatiques Hankook, et 352 kilomètres avec les Michelin Pilot Sport 4S montés de série.

Cet écart de 23 kilomètres mérite d’être relevé. Il illustre le compromis assumé par Peugeot Sport : les Pilot Sport 4S offrent une adhérence supérieure au prix d’une résistance au roulement plus élevée. La version la plus performante est donc aussi la moins endurante. La recharge de 20 à 80 % à 100 kW demande moins d’une demi-heure.

Peugeot E-208 GTi
la caisse est abaissée de 25 mm et les voies élargies de 56 mm à l’avant | © Peugeot

Le travail de Peugeot Sport porte sur le châssis

C’est là que se situe l’essentiel du développement, et non sur la puissance. La caisse a été abaissée de 25 millimètres. Les voies sont élargies de 56 millimètres à l’avant et de 28 millimètres à l’arrière, une dissymétrie qui privilégie l’appui du train directeur.

Un différentiel autobloquant mécanique équipe le train avant. Sur une traction de 281 ch, ce composant est déterminant : il limite le patinage de la roue intérieure en sortie de virage et contient les réactions dans le volant.

Les freins avant reçoivent des disques de 355 millimètres de diamètre, un dimensionnement inhabituel sur ce format de carrosserie.

Une cousine strictement identique sur le papier

La comparaison avec la Vauxhall Corsa GSE, commercialisée sous le nom Opel Corsa GSE sur le continent, est instructive. Puissance, couple et temps d’accélération sont rigoureusement identiques.

Les deux modèles partagent la plateforme et la chaîne de traction du groupe Stellantis. La différenciation réelle se jouera donc sur les réglages de châssis, l’amortissement et le calibrage de la direction, c’est-à-dire précisément sur le travail des équipes de Peugeot Sport et d’Opel Motorsport.

C’est un cas d’école de mutualisation industrielle. Un même socle technique, deux identités de marque, et un différenciateur qui ne se lit pas sur une fiche technique mais se ressent au volant.

Une stratégie de marque qui se dessine

L’exposition à la Gamescom s’inscrit dans un mouvement plus large chez Stellantis. Opel prépare la présentation publique de sa Corsa GSE au Mondial de l’Auto de Paris en octobre, et a fait apparaître Mitch Evans, son nouveau pilote de Formule E, lors des essais internationaux du modèle.

Les deux marques réactivent simultanément un patrimoine sportif sur des modèles électriques, avec des dispositifs de communication qui sortent du cadre automobile traditionnel.

L’enjeu dépasse ces deux voitures. Un badge sportif conserve sa valeur tant qu’une clientèle l’associe à une émotion. Sur des générations qui n’ont jamais vu rouler une 205 GTi, cette association doit être reconstruite, et un salon de jeu vidéo constitue un terrain plus efficace qu’un hall d’exposition classique.

Les tarifs français de l’E-208 GTi et sa date d’ouverture des commandes n’ont pas été communiqués à ce jour.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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