Accident impressionnant à Clavier dans la nuit du 12 au 13 décembre – Le poteau sectionné provoque un second accident avec une Opel Corsa quelques minutes plus tard
- L’assoupissement au volant, cause probable du drame
- Cinquante mètres de chaos dans la prairie
- Un second accident évité de justesse
- Une structure du Duster qui a fait son travail
- Les secours rapidement sur place
- Une leçon sur les dangers de la fatigue au volant
- Un dénouement qui aurait pu être bien différent
La route nationale 63 à hauteur de Clavier, en province de Liège, a été le théâtre d’un accident spectaculaire dans la nuit de vendredi à samedi. Vers 2 heures du matin, un conducteur au volant d’un Dacia Duster a perdu le contrôle de son véhicule avant de percuter violemment un poteau électrique. Le choc a été si brutal que le poteau s’est sectionné complètement. Mais le drame ne s’arrête pas là : la voiture est ensuite partie en tonneaux dans une prairie adjacente, se retournant sur une distance de 50 mètres avant de s’immobiliser sur le toit.
Par miracle, le conducteur s’en sort avec seulement des blessures légères. Un dénouement quasi-inexplicable au vu de la violence de l’accident et de la trajectoire chaotique du véhicule. Les images du Duster complètement retourné et de la prairie labourée par les tonneaux successifs donnent la mesure du choc subi.
L’assoupissement au volant, cause probable du drame
Selon les premières constatations, le conducteur se serait assoupi au volant. Cette hypothèse expliquerait la perte de contrôle soudaine et l’absence de trace de freinage avant l’impact. L’assoupissement au volant reste l’une des causes majeures d’accidents mortels sur les routes belges, particulièrement durant les heures nocturnes où la vigilance diminue naturellement.
Rouler à 2 heures du matin sur une route nationale augmente considérablement les risques. La fatigue s’accumule, les paupières s’alourdissent, et quelques secondes d’inattention suffisent pour transformer un trajet banal en catastrophe. Le conducteur du Duster a vraisemblablement fermé les yeux quelques instants, déviant progressivement de sa trajectoire jusqu’à percuter le poteau situé en bord de chaussée.
Le choc frontal avec le poteau électrique a dû être d’une violence inouïe. La force de l’impact a littéralement sectionné le poteau, le coupant net à sa base. Cette rupture témoigne de la vitesse à laquelle roulait le SUV roumain au moment de la collision. Un poteau électrique en béton ou en métal possède une résistance considérable. Le sectionner complètement demande une énergie cinétique colossale.
Cinquante mètres de chaos dans la prairie
Après avoir arraché le poteau, le Duster n’a pas terminé sa course. La voiture a quitté la chaussée pour s’enfoncer dans la prairie bordant la N63. C’est là que débute une séquence digne d’un film d’action : le véhicule part en tonneaux, se retournant plusieurs fois sur lui-même tout en continuant d’avancer.
Cinquante mètres de tonneaux. Imaginez la scène : la voiture qui roule sur le toit, puis sur le côté, puis à nouveau sur le toit, encore et encore pendant un demi-terrain de football. Chaque rotation provoque un choc violent qui déforme la carrosserie, brise les vitres, arrache les éléments de carrosserie. Le bruit de la tôle qui se froisse, du verre qui explose, des pièces qui se détachent a dû résonner dans la nuit calme de cette campagne liégeoise.
Le conducteur, attaché à son siège par la ceinture de sécurité, a subi toute la violence de ces rotations successives. Son corps projeté dans tous les sens, malmené à chaque impact, soumis à des forces G terribles. Que le Dacia se soit finalement immobilisé sur le toit ajoute encore au caractère dramatique de l’accident. Se retrouver pendu à l’envers dans l’habitacle déformé, dans le noir, probablement sonné par les chocs : le cauchemar absolu.
Un second accident évité de justesse
L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais le sort en a décidé autrement. Quelques minutes après le premier accident, une conductrice au volant d’une Opel Corsa emprunte la même portion de route. Elle ne peut pas deviner que le poteau électrique sectionné git en travers de la chaussée, invisible dans l’obscurité de la nuit.
Sa voiture percute à son tour l’obstacle. Heureusement, ce second choc semble avoir été moins violent que le premier. La Corsa ne part pas en tonneaux, reste sur la route. La conductrice s’en tire indemne physiquement. Mais psychologiquement, découvrir dans ces conditions qu’on vient de heurter un poteau arraché par un autre accident quelques instants plus tôt doit représenter un sacré choc.
Cet enchaînement illustre le danger que représente un accident initial sur une route. Les véhicules qui arrivent ensuite ne s’attendent à rien, roulent à vitesse normale, et peuvent percuter les débris ou obstacles créés par le premier sinistre. D’où l’importance capitale de baliser rapidement une zone d’accident et d’alerter immédiatement les secours.
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Une structure du Duster qui a fait son travail
Le fait que le conducteur du Duster s’en sorte avec seulement des blessures légères tient du miracle. Mais pas seulement. La structure du véhicule a manifestement joué son rôle protecteur malgré les conditions extrêmes. Les ingénieurs de Renault (qui produit les Dacia) ont conçu une cellule de sécurité capable d’encaisser des chocs majeurs.
Les Dacia souffrent parfois d’une réputation de véhicules d’entrée de gamme aux finitions basiques. Pourtant, en matière de sécurité passive, les modèles récents respectent les normes européennes strictes. Le Duster actuel a obtenu trois étoiles aux crash-tests EuroNCAP, un score moyen mais qui garantit quand même une protection minimale en cas d’accident.
La cellule de survie, cette cage rigide qui entoure les occupants, a tenu bon malgré les multiples tonneaux. Les montants de toit n’ont pas cédé, préservant l’habitacle d’un écrasement fatal. Les airbags se sont déployés correctement, amortissant les chocs violents subis par le conducteur. Et surtout, la ceinture de sécurité a maintenu l’occupant solidement attaché à son siège, l’empêchant d’être éjecté ou projeté dans l’habitacle.
Les secours rapidement sur place
L’alerte a été donnée immédiatement après l’accident. La zone de police du Condroz, les pompiers de Huy et une ambulance de Marche ont été dépêchés sur les lieux. Cette mobilisation rapide des secours a permis de prendre en charge le conducteur blessé sans délai et de sécuriser la zone.
Les pompiers ont dû procéder à la vérification de l’absence de risque électrique lié au poteau sectionné. Un câble électrique arraché peut rester sous tension et représenter un danger mortel pour quiconque s’en approche. La zone a été balisée pour éviter qu’un troisième véhicule ne vienne percuter les débris éparpillés sur la chaussée.
Le dépanneur du Condroz a ensuite été mandaté pour évacuer l’épave du Duster. Sortir un véhicule retourné d’une prairie après qu’il ait fait des tonneaux sur 50 mètres ne constitue pas une opération anodine. Le châssis vrillé, les éléments de carrosserie arrachés, les fluides qui se sont échappés : le dépannage a probablement pris plusieurs heures.
Une leçon sur les dangers de la fatigue au volant
Cet accident rappelle brutalement les dangers de la conduite en état de fatigue. S’assoupir au volant, même quelques secondes, peut avoir des conséquences catastrophiques. Les campagnes de sensibilisation martèlent ce message depuis des années, mais visiblement certains automobilistes continuent de sous-estimer le risque.
Les signes avant-coureurs de l’endormissement au volant sont pourtant bien connus : bâillements répétés, paupières lourdes, difficulté à maintenir sa concentration, picotements des yeux. Quand ces symptômes apparaissent, une seule solution : s’arrêter immédiatement sur une aire de repos et faire une vraie pause. Vingt minutes de sieste valent mieux qu’un accident potentiellement mortel.
La période nocturne, particulièrement entre 2 et 5 heures du matin, correspond au creux biologique où notre vigilance atteint son niveau le plus bas. Rouler durant ces heures demande une attention redoublée. Si le trajet peut être reporté, mieux vaut attendre le lendemain plutôt que de prendre le volant dans cet état.
Un dénouement qui aurait pu être bien différent
Le conducteur du Duster a eu énormément de chance. Cinquante mètres de tonneaux auraient pu – et même dû – se terminer de manière bien plus dramatique. Une éjection du véhicule, un choc frontal contre un arbre durant les rotations, un écrasement de la cellule : tant de scénarios auraient pu tourner au drame.
La conductrice de l’Opel également. Percuter en pleine nuit un poteau sectionné invisible sur la route aurait pu provoquer un accident grave. Là encore, le destin a été clément. Ces deux personnes ont frôlé la catastrophe sans vraiment s’en rendre compte sur le moment.
Cet accident de Clavier restera dans les annales locales comme un exemple spectaculaire de la violence que peuvent atteindre les accidents de la route. Et surtout, comme un rappel que la prudence et la vigilance au volant ne sont jamais optionnelles, même sur une route nationale tranquille en pleine nuit.

