À un an du durcissement des zones à faibles émissions (ZFE) prévu pour 2026, l’angoisse monte en France. La fin de la prime à la conversion en 2025 abandonne des millions d’automobilistes modestes, incapables de remplacer leurs vieux véhicules. Entre amendes imminentes et alternatives inexistantes, les ZFE, censées purifier l’air, pourraient bien enflammer les rues. Le gouvernement joue-t-il avec le feu social ?
Une écologie qui étrangle les plus faibles
Jusqu’en 2024, la prime à la conversion offrait jusqu’à 5 000 € pour troquer un diesel Crit’Air 4 contre un modèle plus propre. Aujourd’hui, sans cette aide, une Renault Clio d’occasion se négocie à 15 000 € minimum – un rêve pour les foyers à 1 500 € par mois. Dès 2026, les Crit’Air 3 seront interdits dans les ZFE comme Paris, Lyon ou Marseille, avec des amendes de 68 € par infraction. Pour les 40 % de Français vivant hors métropoles, selon l’INSEE, la voiture n’est pas un choix, mais une survie. Cette transition verte punit ceux qui n’ont pas les moyens de suivre.
Les transports publics, un mirage hors des villes
Les autorités brandissent les transports publics comme solution miracle. Mais hors des grandes agglomérations, c’est une illusion. En Seine-et-Marne, rejoindre Paris prend 2 heures en bus contre 40 minutes en voiture. En 2024, l’État a promis 5 milliards pour les réseaux, mais les lignes restent rares et les horaires inadaptés. Les ZFE creusent une fracture béante : les urbains aisés s’en sortent, les périurbains trinquent. Sur X, #ZFEinjustice dépasse les 50 000 mentions cette semaine, signe d’une colère qui couve.
Vers un clash social inévitable ?
Une proposition de loi pour repousser les ZFE à 2028 fait débat à l’Assemblée. Les écologistes y voient une reculade, les élus ruraux un sursis vital. Sans aides nouvelles ou dérogations, la grogne des Gilets jaunes, née en 2018, pourrait ressurgir. Des appels à bloquer les routes circulent pour mai. Le 3 avril 2025, les ZFE ne sont plus un projet technique : c’est un test explosif pour la cohésion nationale. Le gouvernement doit agir, ou la révolte risque de tout emporter.