Tesla a reporté au 15 octobre la démonstration de son Roadster de deuxième génération, prévue le 1er octobre. Le constructeur invoque des conditions météorologiques dégradées au Texas et le fait que l’événement doit se tenir en extérieur. Le modèle a été présenté pour la première fois en novembre 2017.
Tesla a prévenu ses invités quelques heures avant l’échéance. La démonstration du Roadster de deuxième génération, programmée le 1er octobre, est repoussée de deux semaines, au 15 octobre 2026.
Le constructeur a communiqué par deux canaux le 28 septembre. Un message a été adressé aux détenteurs de réservation, et l’information a été relayée sur le compte officiel de la marque, sans conférence ni explication technique complémentaire.
Le motif avancé tient à la météo. Tesla évoque des conditions dégradées attendues au Texas, où l’événement doit se dérouler, et rappelle que le format retenu impose l’extérieur.
La météo comme motif officiel
L’argument avait été préparé en amont. Dans son message aux détenteurs de réservation, Tesla écrivait que l’événement comportant une expérience unique devant se tenir en extérieur, une reprogrammation restait possible en raison de la météo.
Cette formulation a son intérêt. Elle installe la possibilité d’un report avant même qu’il ne soit décidé, ce qui limite l’effet de surprise auprès des clients ayant engagé des sommes importantes.
Le format impose en revanche une démonstration en extérieur, contrainte explicitement invoquée par Tesla pour justifier le report. Le constructeur n’a pas communiqué le détail du déroulé du nouveau rendez-vous, ni la nature exacte de ce qui sera montré le 15 octobre.
Neuf ans et une longue série de calendriers
La date de départ est connue avec précision. Le Roadster de deuxième génération a été présenté le 16 novembre 2017, en marge de l’événement consacré au Tesla Semi, le prototype sortant de la remorque d’un semi-remorque devant le public.
Le calendrier de production a ensuite glissé à intervalles réguliers. Annoncée pour 2020 lors de la présentation, la production a été repoussée à la mi ou fin 2021 en juillet 2020, puis à 2022 en janvier 2021, puis à 2023 en septembre de la même année.
La série s’est poursuivie sans interruption. En mai 2023, la production était visée pour 2024, échéance repoussée à 2025 en février 2024 puis confirmée pour 2025 en octobre de la même année, avant d’être décalée à 2027 ou 2028 en novembre 2025.
Des promesses de 2017 jamais revues à la baisse
Les chiffres annoncés à l’époque restent la référence. Tesla revendiquait un 0 à 96 km/h en 1,9 seconde, une vitesse maximale supérieure à 400 km/h, une autonomie de 1 000 kilomètres et une batterie de 200 kWh.
Le couple annoncé donnait la mesure de l’ambition. Le constructeur citait 10 000 Nm aux roues et un quart de mile en 8,8 secondes, valeurs qui plaçaient la voiture au-dessus des sportives thermiques de son époque.
Aucune de ces données n’a été officiellement révisée depuis. Neuf ans plus tard, elles servent toujours de description du produit, alors que le marché de la sportive électrique s’est entretemps structuré autour de modèles réellement livrés.
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Le package SpaceX, la promesse dans la promesse
Une option a été ajoutée au récit en juin 2018. Elon Musk évoquait alors un package SpaceX comprenant une dizaine de propulseurs à gaz froid, censés améliorer la maniabilité, l’accélération, la vitesse de pointe et le freinage.
Le dispositif décrit relevait de l’annonce plutôt que de la fiche produit. Elon Musk avait notamment évoqué une dizaine de propulseurs à gaz froid, avec un réservoir d’air comprimé occupant l’espace des places arrière. Ces caractéristiques n’ont toutefois jamais été publiées sous la forme d’une fiche technique définitive du modèle de série.
Le chiffre associé à cette option dépasse l’entendement. Une déclaration de mai 2021 évoquait un 0 à 96 km/h en 1,1 seconde, et Elon Musk affirmait en février 2025 que le travail sur ces propulseurs se poursuivait avec SpaceX.
50 000 dollars pour réserver le Roadster
Le ticket d’entrée a été fixé très tôt. Tesla demande de nouveau un dépôt de réservation de 50 000 dollars, sur la base de tarifs annoncés en 2017 à 200 000 dollars pour la version standard et 250 000 dollars pour la Founders Series.
Cette dernière était limitée aux mille premiers exemplaires. Le constructeur a rouvert les réservations avant la démonstration, ce qui signifie que de nouveaux clients s’ajoutent à ceux qui attendent depuis l’annonce initiale.
Le segment s’est construit pendant l’attente
Neuf ans ont suffi à voir naître et livrer d’autres machines d’exception. Koenigsegg a fini par livrer la Gemera, hypercar de 2 300 chevaux à quatre vraies places, après un développement lui aussi étalé sur plusieurs années.
Les constructeurs généralistes premium ont pris le même chemin. Audi ressuscite l’esprit de la R8 avec une supercar hybride de 1 001 chevaux limitée à 499 exemplaires, et BMW a dévoilé sa future M3 électrique à quatre moteurs avec plus de 100 kWh.
La concurrence vient aussi de Chine désormais. Une supercar chinoise de 1 604 chevaux arrive en France avec un prix qui surprend, signe que les niveaux de puissance annoncés en 2017 ne constituent plus une singularité.
Le thermique n’a pas pour autant rendu les armes. Hennessey a présenté la Blackbird, hypercar à V8 atmosphérique et boîte manuelle qui tourne le dos aux turbos, et un constructeur allemand ressuscité sort cinq roadsters thermiques après avoir tout misé sur l’électrique.
Rendez-vous est donc pris pour le 15 octobre. Deux semaines de plus ne changent rien à l’essentiel, qui reste inchangé depuis novembre 2017, savoir si cette voiture atteindra un jour la chaîne de production et à quel niveau de performance.
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