Renault ElectriCity recrute plus de 350 personnes sur son site de Douai pour accompagner la montée en cadence de sa production électrique. La campagne est menée par Proman en intérim et en CDI intérimaire. Elle intervient alors que l’usine assemble désormais cinq modèles pour Renault, Nissan et Mitsubishi.
Les postes concernent principalement des opérateurs de production, des caristes, des peintres et des retoucheurs. L’agence précise qu’ils sont ouverts à tous les profils, avec une préférence pour les candidats issus de l’industrie, et qu’une formation est assurée pour la montée en compétences sur certains métiers.
Le site comptait 2 815 salariés au 31 décembre 2025. Ces renforts ne constituent pas des embauches directes chez le constructeur, mais ils traduisent une hausse réelle de la charge de travail sur les chaînes.
La R5 et le Scénic tirent la cadence
L’usine produit la R5 E-Tech, la Mégane E-Tech et le Scénic E-Tech, auxquels s’ajoutent les modèles dérivés destinés à Nissan et Mitsubishi. Cette concentration fait de Douai le cœur industriel de la stratégie électrique du groupe, sur un bassin d’emploi qui dépend fortement de l’industrie.
Le calendrier n’est pas neutre. Le Scénic E-Tech vient de recevoir sa première mise à jour d’ampleur avec de nouvelles batteries, davantage d’autonomie et une recharge plus rapide, deux ans après son lancement, tandis que la R5 a vu arriver une batterie LFP sur sa version d’entrée de gamme.
Ces évolutions produit s’accompagnent d’un repositionnement tarifaire. Le constructeur a ramené le Scénic électrique sous 32 000 € et la Mégane E-Tech restylée a reçu une nouvelle batterie d’entrée de gamme, deux leviers directs sur les volumes à produire.

Un marché français porté par l’électrique
Le contexte commercial explique la demande. Le marché français des voitures particulières a progressé de 7,4 % en août, avec 94 351 immatriculations, une hausse entièrement portée par l’électrique dont les volumes ont plus que doublé pour atteindre 38,3 % du marché.
Renault figure parmi les principaux gagnants du mois avec ses modèles électriques, aux côtés de Tesla, Škoda, Fiat, BYD et Jaecoo. Le recentrage du bonus écologique sur les modèles assemblés en Europe joue mécaniquement en faveur d’une production française.
Le groupe étend cette logique à d’autres sites. Il a recruté 400 personnes à Saragosse pour produire le Leapmotor B10, et poursuit son travail sur l’économie circulaire avec la Refactory de Flins.
Ce qui n’est pas précisé
La durée des missions et la part de conversion en contrats durables ne sont pas communiquées. Le CDI intérimaire offre une stabilité contractuelle, mais il reste un contrat conclu avec l’agence de travail temporaire et non avec le constructeur.
L’objectif de cadence chiffré n’est pas davantage public. Renault n’indique pas le volume visé sur le site, ce qui empêche de savoir si ces 350 postes correspondent à un pic saisonnier ou à un palier durable.
Reste que le signal est bon pour le bassin de Douai. Dans une industrie automobile européenne qui annonce surtout des suppressions de postes, une campagne de cette taille sur un site français mérite d’être relevée, quelles que soient les réserves sur la nature des contrats.





