back to top
jeudi 1 janvier 2026
Plus

    50 ans du 5-cylindres Audi : l’âme mécanique qui vrombit encore en 2026

    En 2026, Audi fêtera un demi-siècle d’un moteur qui a marqué son histoire bien plus profondément que n’importe quel V6 ou V8 : le cinq-cylindres en ligne. Né en 1976 sous le capot de l’Audi 100 C2, ce bloc atypique est devenu une signature sonore, un étendard technologique et une arme absolue en compétition – du Groupe B aux records de Pikes Peak.

    Aujourd’hui, il survit, plus vivant que jamais, dans le 2.5 TFSI de 400 ch de l’actuelle Audi RS 3, toujours assemblé à la main à Győr, en Hongrie. Retour sur 50 ans d’un mythe mécanique qui refuse de mourir, même à l’ère de l’électrique.

    1976 : la révolution discrète de l’Audi 100 5E

    À l’époque où Volkswagen domine le marché avec des 4-cylindres sobres et compacts, Audi veut monter en gamme. Le 6-cylindres en ligne est trop long, trop lourd, déséquilibre la répartition des masses. Les ingénieurs prennent alors le tout nouveau bloc EA827 (base des futurs 1.8/2.0 du groupe) et lui ajoutent… un cylindre. Résultat : un 2.1 de 136 ch (100 kW) à injection Bosch K-Jetronic, coupleux, souple et surtout doté d’une sonorité rauque inédite grâce à l’ordre d’allumage 1-2-4-5-3 (tous les 144° de vilebrequin). L’Audi 100 5E devient instantanément la référence des grandes routières allemandes. Premier acte d’une saga qui durera un demi-siècle.

    1978-1989 : le turbo, le diesel, le Groupe B et Pikes Peak

    • 1978 → Premier 5-cylindres diesel (2.0 atmosphérique, 70 ch).
    • 1979 → Premier 5-cylindres turbo essence : l’Audi 200 5T (170 ch).
    • 1980 → Naissance de la Quattro : 200 ch, turbo, échangeur, transmission intégrale permanente.
    • 1983 → Sport quattro : bloc alu 20V, 306 ch route / 450 ch rallye Groupe B.
    • 1984 → Double titre mondial rallye (pilotes + constructeurs).
    • 1987 → Walter Röhrl explose le record de Pikes Peak avec la monstrueuse Sport quattro S1 E2 de 598 ch.
    • 1988-1989 → Victoires en Trans-Am (510 ch) et IMSA GTO (720 ch avec seulement 2 litres !).

    Le 5-cylindres devient synonyme de domination absolue : il écrase Ferrari, Porsche et Lancia en rallye, puis terrorise les Américains sur ovale et montagne.

    1994-2009 : le chant du cygne… et le grand retour

    1994 → Audi RS2 Avant : 315 ch, le premier break ultra-sportif de l’histoire.
    1997 → Fin officielle des 5-cylindres en grande série (remplacés par les V6).
    2009 → Le miracle : retour triomphal avec l’Audi TT RS. 2.5 TFSI, turbo, injection directe, 340 ch. La presse tombe à la renverse devant la sonorité et la poussée.

    2016-aujourd’hui : le 2.5 TFSI Evo, 400 ch et toujours vivant

    Depuis 2016, le 2.5 TFSI est devenu le cœur battant exclusif des RS 3 et TT RS. Dernière évolution (2021) :

    • 400 ch (294 kW) de 5 600 à 7 000 tr/min
    • 500 Nm de 2 250 à 5 600 tr/min
    • 0-100 km/h en 3,8 s (3,6 s avec pack RS Dynamic)
    • V-max 290 km/h (option céramique)
    • Poids moteur ≈ 160 kg
    • Double injection (collecteur + directe), Audi valvelift variable, turbo 1,5 bar relatif
    • Échappement à clapets variable + option RS sport : une symphonie rauque qui fait encore vibrer les passionnés

    Chaque exemplaire est assemblé à la main dans l’atelier Bock de l’usine Audi de Győr (Hongrie) : 21 postes, zéro robot, des techniciens qui gravent leur nom sur le carter. Un rituel quasi religieux pour un moteur qui reste, en 2025, l’un des derniers blocs essence haute performance encore produits en Europe.

    Pourquoi le 5-cylindres reste culte

    • Sonorité inimitable : l’ordre d’allumage 1-2-4-5-3 crée une pulsation unique, entre V8 et 4-cylindres hurlant.
    • Architecture compacte : plus court qu’un 6-cylindres, parfait pour implantation transversale et transmission quattro.
    • Polyvalence historique : essence, diesel, turbo, atmosphérique, rallye, route, record.
    • Émotion pure : à l’heure où tout devient hybride ou électrique, il incarne la dernière résistance du thermique sportif.

    Un demi-siècle et pas une ride

    Le 5-cylindres Audi n’est pas qu’un moteur : c’est une philosophie, une bande-son, une partie de l’âme de la marque. En 2026, quand Audi soufflera ses 50 bougies de cinq-pattes, la RS 3 continuera de hurler sur les routes et les circuits. Et tant qu’il y aura des passionnés, ce bloc refusera de prendre sa retraite. Parce que certains moteurs ne meurent jamais : ils vrombissent éternellement.

    Suivez-nous :

    Faris Bouchaala
    Faris Bouchaala
    Journaliste Automobile - Rédacteur en Chef Adjoint
    Grand passionné d’automobile depuis mon enfance, mon objectif au quotidien était de trouver le moyen d'arracher le volant à mon père. Très peu de gens ont la possibilité de transformer leur passion en une carrière, et il se trouve que je suis l'un de ces quelques privilégiés. J’ai rejoint la presse spécialisée en 2010, après un parcours totalement loin du domaine, car au final c’est la passion qui l’emporte.

    Articles connexes

    Top Actualité

    Nouveautés

    Articles Récents