Elles sont devenues l’icône des ados en quête d’indépendance : petites, colorées, limitées à 45 km/h, les voitures sans permis (ou quadricycles légers) séduisent 40 000 acheteurs par an en France, un marché en hausse de 137 % depuis 2019. Mais derrière l’image rassurante d’un « jouet sécurisé », se cache une vulnérabilité dramatique.
En 2024, 445 accidents corporels ont impliqué une voiturette, causant 37 morts – soit une hausse de 48 % en un an et un doublement en cinq ans, selon la Sécurité routière. Pour alerter, l’assureur MMA a organisé le premier crash-test public d’une voiture sans permis, jeudi 4 décembre à La Villette (Paris). Résultat : dévastateur. Une Citroën Ami percutée latéralement par une Peugeot 308 à 50 km/h est projetée sur 15 mètres, sa portière pliée en deux, vitres éclatées. Les mannequins à bord ? Mort et tétraplégie. Un électrochoc qui rappelle : ces « mini-voitures » ne sont pas des jouets.
Un marché en explosion, une mortalité qui suit
Avec 282 560 voitures sans permis en circulation en France, le boom est clair : +137 % d’immatriculations depuis 2019, porté par des modèles comme la Citroën Ami (électrique, 7 300 €) ou l’Aixam (essence/GPL, 10 000 €). Accessible dès 14 ans avec un simple permis AM (8 heures de formation, sans Code), elle attire les jeunes (1/3 des blessés <18 ans). Mais la Sécurité routière tire la sonnette : 37 morts en 2024 (dont 8 ados 14-17 ans), contre 25 en 2023 – un taux de létalité de 1/12 accidents (vs 1/16 global). 68 % hors agglomération, où les 45 km/h croisent 90 km/h. Et les stats accablantes : 13 % des conducteurs sous alcool, 11 % sous stupéfiants.
| Année | Accidents corporels | Morts | Hausse mortalité |
|---|---|---|---|
| 2020 | 250 | 18 | – |
| 2023 | 300 | 25 | +39 % |
| 2024 | 445 | 37 | +48 % |
Le crash-test MMA : un impact à 50 km/h qui détruit tout
Organisé à La Villette par MMA Assurances, ce test inédit (inspiré d’un accident réel de 2024) oppose une Citroën Ami (425 kg, 2 places, électrique) à une Peugeot 308 SW (1 200 kg, conduite par le pilote pro Pascal Dragotto) à 50 km/h – vitesse courante en départementale. Résultat : la voiturette est catapultée 15 m, portière droite déformée, vitres pulvérisées, structure tubulaire écrasée. Mannequins (frères 15-16 ans, sans ceinture) : mort instantanée pour le passager, tétraplégie pour le conducteur. La 308 ? Airbags déployés, déformation absorbée, pilote indemne.
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Guillaume Wirth, responsable prévention MMA : « On ne conduit pas un jouet. Sans airbag, renforts latéraux ou zones de déformation, ces quadricycles sont vulnérables. En zone rurale, 68 % des morts, car 45 km/h vs 80 km/h, c’est disproportionné. » L’homologation L6e (425 kg max, 45 km/h) est light : pas de crash-test frontal/latéral obligatoire, contrairement aux VP. Stellantis (Ami) défend : « Structure tubulaire, ceintures, habitacle fermé – c’est sûr pour la catégorie. » Mais les chiffres parlent : 1 mort/12 accidents vs 1/16 global.
Pourquoi tant de risques ? Formation minimale et sous-estimation
Le permis AM ? 8 heures sans Code, dès 14 ans. « Les jeunes sous-estiment les dangers : pas d’expérience, vitesse limitée donne illusion de sécurité », alerte Wirth. 13 % alcool, 11 % stupéfiants chez conducteurs voiturettes – vs 5 % global. Marché neuf : -21 % 2025 (vs 2024), occasion +7,6 % ; prime CEE 250 € relance-t-elle ?
Impacts : appel à plus de formation, et normes renforcées ?
Ce test MMA (vidéo choc sur TF1) vise à sensibiliser : « Respectez le Code, même sans B », plaide Wirth. Ligueurs/Aixam : « Sûrs pour catégorie, mais appel à vigilance. » Législateurs ? Contrôle technique obligatoire depuis 2024, mais pas de crash-test renforcé. Association 40 Millions d’Automobilistes : « Augmentez formation AM à 20h, ajoutez Code. »
Des mini-voitures, mais des risques maxi
Note : 5/10 sécurité. Boom (+137 % depuis 2019), mais mortalité x2 en 5 ans. Ce crash-test réveille : pas un jouet, un véhicule à respecter.

