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jeudi 1 janvier 2026
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    Accidents de voitures sans permis : 37 morts en 2024, l’alerte est lancée !

    Elles sont devenues l’icône des ados en quête d’indépendance : petites, colorées, limitées à 45 km/h, les voitures sans permis (ou quadricycles légers) séduisent 40 000 acheteurs par an en France, un marché en hausse de 137 % depuis 2019. Mais derrière l’image rassurante d’un « jouet sécurisé », se cache une vulnérabilité dramatique.

    En 2024, 445 accidents corporels ont impliqué une voiturette, causant 37 morts – soit une hausse de 48 % en un an et un doublement en cinq ans, selon la Sécurité routière. Pour alerter, l’assureur MMA a organisé le premier crash-test public d’une voiture sans permis, jeudi 4 décembre à La Villette (Paris). Résultat : dévastateur. Une Citroën Ami percutée latéralement par une Peugeot 308 à 50 km/h est projetée sur 15 mètres, sa portière pliée en deux, vitres éclatées. Les mannequins à bord ? Mort et tétraplégie. Un électrochoc qui rappelle : ces « mini-voitures » ne sont pas des jouets.

    Un marché en explosion, une mortalité qui suit

    Avec 282 560 voitures sans permis en circulation en France, le boom est clair : +137 % d’immatriculations depuis 2019, porté par des modèles comme la Citroën Ami (électrique, 7 300 €) ou l’Aixam (essence/GPL, 10 000 €). Accessible dès 14 ans avec un simple permis AM (8 heures de formation, sans Code), elle attire les jeunes (1/3 des blessés <18 ans). Mais la Sécurité routière tire la sonnette : 37 morts en 2024 (dont 8 ados 14-17 ans), contre 25 en 2023 – un taux de létalité de 1/12 accidents (vs 1/16 global). 68 % hors agglomération, où les 45 km/h croisent 90 km/h. Et les stats accablantes : 13 % des conducteurs sous alcool, 11 % sous stupéfiants.

    AnnéeAccidents corporelsMortsHausse mortalité
    202025018
    202330025+39 %
    202444537+48 %

    Le crash-test MMA : un impact à 50 km/h qui détruit tout

    Organisé à La Villette par MMA Assurances, ce test inédit (inspiré d’un accident réel de 2024) oppose une Citroën Ami (425 kg, 2 places, électrique) à une Peugeot 308 SW (1 200 kg, conduite par le pilote pro Pascal Dragotto) à 50 km/h – vitesse courante en départementale. Résultat : la voiturette est catapultée 15 m, portière droite déformée, vitres pulvérisées, structure tubulaire écrasée. Mannequins (frères 15-16 ans, sans ceinture) : mort instantanée pour le passager, tétraplégie pour le conducteur. La 308 ? Airbags déployés, déformation absorbée, pilote indemne.

    Guillaume Wirth, responsable prévention MMA : « On ne conduit pas un jouet. Sans airbag, renforts latéraux ou zones de déformation, ces quadricycles sont vulnérables. En zone rurale, 68 % des morts, car 45 km/h vs 80 km/h, c’est disproportionné. » L’homologation L6e (425 kg max, 45 km/h) est light : pas de crash-test frontal/latéral obligatoire, contrairement aux VP. Stellantis (Ami) défend : « Structure tubulaire, ceintures, habitacle fermé – c’est sûr pour la catégorie. » Mais les chiffres parlent : 1 mort/12 accidents vs 1/16 global.

    Pourquoi tant de risques ? Formation minimale et sous-estimation

    Le permis AM ? 8 heures sans Code, dès 14 ans. « Les jeunes sous-estiment les dangers : pas d’expérience, vitesse limitée donne illusion de sécurité », alerte Wirth. 13 % alcool, 11 % stupéfiants chez conducteurs voiturettes – vs 5 % global. Marché neuf : -21 % 2025 (vs 2024), occasion +7,6 % ; prime CEE 250 € relance-t-elle ?

    Impacts : appel à plus de formation, et normes renforcées ?

    Ce test MMA (vidéo choc sur TF1) vise à sensibiliser : « Respectez le Code, même sans B », plaide Wirth. Ligueurs/Aixam : « Sûrs pour catégorie, mais appel à vigilance. » Législateurs ? Contrôle technique obligatoire depuis 2024, mais pas de crash-test renforcé. Association 40 Millions d’Automobilistes : « Augmentez formation AM à 20h, ajoutez Code. »

    Des mini-voitures, mais des risques maxi

    Note : 5/10 sécurité. Boom (+137 % depuis 2019), mais mortalité x2 en 5 ans. Ce crash-test réveille : pas un jouet, un véhicule à respecter.

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    Faris Bouchaala
    Faris Bouchaala
    Journaliste Automobile - Rédacteur en Chef Adjoint
    Grand passionné d’automobile depuis mon enfance, mon objectif au quotidien était de trouver le moyen d'arracher le volant à mon père. Très peu de gens ont la possibilité de transformer leur passion en une carrière, et il se trouve que je suis l'un de ces quelques privilégiés. J’ai rejoint la presse spécialisée en 2010, après un parcours totalement loin du domaine, car au final c’est la passion qui l’emporte.

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