La Cupra Raval a obtenu cinq étoiles aux essais Euro NCAP menés sous le protocole 2026. Cette note maximale est conditionnée à la présence du Safety Pack, absent de la configuration de base retenue par l’organisme pour son évaluation de série. Le pack étant intégré d’office sur le marché français, toutes les Raval vendues en France sont concernées par les cinq étoiles.
La distinction mérite d’être posée clairement, car elle a alimenté une confusion dans les jours qui ont suivi la publication des résultats. Euro NCAP évalue une configuration de série définie à l’échelle européenne, qui ne correspond pas nécessairement à ce que reçoit un acheteur dans un pays donné.
Cupra le précise sans détour dans sa communication du 2 septembre. Le Safety Pack permet à la Raval d’atteindre la note maximale, il est intégré aux configurations de série sur la plupart des marchés européens, et en France l’ensemble des versions en bénéficient. La citadine rejoint donc les Formentor, Leon, Born, Tavascan et Terramar au sommet du classement de la marque.
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Deux équipements font toute la différence
Le Safety Pack se résume à deux fonctions, le régulateur de vitesse adaptatif prédictif et l’alerte de croisement à l’avant. La première ajuste la vitesse en anticipant le tracé et les limitations à venir, la seconde surveille le trafic transversal lorsque le véhicule s’engage à une intersection.
Ces deux systèmes pèsent lourd dans le nouveau protocole. Euro NCAP a précisément renforcé en 2026 son évaluation des scénarios d’intersection, l’un des cas les plus accidentogènes en usage réel, et durci ses exigences sur l’efficacité des assistances dans des conditions proches de la conduite quotidienne.
La différence entre les deux évaluations ne vient donc pas de la structure de la voiture ou de ses airbags, mais des aides supplémentaires réunies dans le Safety Pack. Celui-ci ajoute le régulateur de vitesse adaptatif prédictif et l’alerte de croisement avant, deux fonctions particulièrement valorisées par le protocole Euro NCAP 2026.

72, 77, 91 et 95 % sur les quatre piliers
Le protocole 2026 se découpe en quatre domaines, la conduite en sécurité, l’évitement des collisions, la protection en cas de choc et la sécurité après collision. La Raval équipée du pack obtient respectivement 72 %, 77 %, 91 % et 95 %.
Le dernier chiffre est le plus remarquable. Avec 95 % en sécurité post-accident, la Raval signe le meilleur résultat de sa session d’essais sur ce pilier, à égalité avec la Geely E2. L’appel d’urgence automatique, la gestion du véhicule après impact et les dispositions facilitant l’intervention des secours y sont évalués.
Les 91 % en protection lors du choc placent la citadine espagnole au niveau de l’Aion UT et devant la Geely E2, restée à 86 %. Seule la Leapmotor B05 fait mieux, avec 92 %, sur un écart d’un point qui n’a guère de portée pratique.
Le pilier conduite en sécurité, à 72 %, est celui où la Raval se situe le plus bas. Il évalue la surveillance du conducteur, la lisibilité des commandes en roulant et l’accessibilité des fonctions sans quitter la route des yeux, terrain sur lequel la Geely E2 domine la session avec 79 %.
Ce que ça change pour l’acheteur français
Concrètement, rien à cocher au configurateur. Un acheteur français commandant une Raval reçoit d’office la configuration qui a valu les cinq étoiles, sans supplément ni ligne d’option à surveiller. C’est la différence essentielle avec la lecture brute du classement européen.
Cette nuance corrige aussi la comparaison entre la citadine espagnole et les trois électriques chinoises évaluées dans la même série d’essais. Sur trois des quatre piliers, la Raval fait aussi bien ou mieux, et sa note de série n’est inférieure que dans les pays où le pack reste facturé en option.
Le contexte commercial rend le sujet sensible. La Raval a été présentée sous camouflage à Munich l’an dernier, avant d’être annoncée à un prix de base de 26 000 € qui la place face à la Renault 5 E-Tech, sur un segment où l’argument sécurité devient un critère d’arbitrage réel.
Une voiture entièrement espagnole
Cupra insiste sur un point que la marque considère comme stratégique, la Raval est conçue, développée et fabriquée à Martorell. Elle est le premier modèle entièrement électrique produit sur le site historique de SEAT, dans le cadre d’un investissement de trois milliards d’euros dans la transformation industrielle du groupe.
L’usine a converti environ 160 000 m² pour cette production, avec la rénovation complète de la ligne 1 de Martorell, un millier de robots supplémentaires en carrosserie et un pont automatisé de six cents mètres reliant l’atelier batteries à la ligne de montage.
Le modèle repose sur la plateforme MEB+ du groupe Volkswagen, en traction avant, avec deux batteries de 38 et 56 kWh et jusqu’à 450 km d’autonomie annoncés. Il tire son nom du quartier barcelonais, choix revendiqué depuis l’annonce faite au salon de Barcelone.
Joost Kessels, directeur de la recherche et du développement de Cupra, résume la position de la marque en affirmant que « la sécurité des véhicules est une priorité absolue pour CUPRA ». La Raval sert d’argument à cette ligne, sur un segment où les citadines électriques ont longtemps été le maillon faible des classements de sécurité.
Trois points encore à préciser
La liste exacte des marchés où le Safety Pack reste facturé en option n’est pas publiée. Cupra parle de la plupart des marchés européens sans les nommer, ce qui laisse un flou sur le périmètre réel des quatre étoiles évaluées par Euro NCAP.
Le détail des notes par sous-catégorie, notamment en protection des occupants adultes et enfants, n’est pas davantage communiqué. Ces valeurs figurent sur la fiche officielle de l’organisme et méritent d’être consultées pour une comparaison complète avec les rivales du segment.
La correspondance entre la version soumise aux essais et la grille de finitions française reste enfin à établir. La marque affirme que toutes les versions vendues en France sont concernées, mais aucun document ne liste les équipements exacts par niveau de gamme.
Reste la question du rythme de production. La demande a dépassé les prévisions, et les commandes qui affolent Martorell posent désormais un problème de délais bien plus concret que celui des étoiles. Une note maximale ne vaut que pour les voitures effectivement livrées.





