back to top
vendredi 2 janvier 2026
Plus

    Renault Clio 6 2026 crash-test : 4 étoiles seulement à l’EuroNCAP !

    EuroNCAP publie ses résultats : la Clio 6 recule d’une étoile face à sa devancière – Protection thoracique jugée faible et absence de détecteur d’enfant oublié pèsent dans la balance

    La sixième génération de la Renault Clio vient de passer sur le banc d’essai d’EuroNCAP. Verdict : quatre étoiles sur cinq possibles. Un résultat correct mais qui marque un recul par rapport à l’ancienne génération, couronnée de cinq étoiles lors de sa sortie. Attention cependant avant de crier au scandale : les protocoles de test ont considérablement durci entre-temps. Ce qui valait cinq étoiles en 2019 ne suffit plus aujourd’hui.

    L’organisme européen de sécurité automobile ne cesse de relever la barre. Dès 2026, les critères deviendront encore plus sévères, rendant l’obtention du Graal des cinq étoiles toujours plus compliqué. Dans ce contexte, la Clio s’en sort honorablement sans pour autant briller. Décryptage des forces et faiblesses de cette citadine française qui reste l’une des voitures les plus vendues en Europe.

    Des notes contrastées selon les catégories

    EuroNCAP découpe son évaluation en quatre grandes familles de critères. La Clio affiche des résultats variables selon les domaines testés, avec des points forts mais aussi quelques zones d’ombre préoccupantes.

    La protection des occupants adultes obtient 79%. Un score plutôt bon qui cache néanmoins des disparités importantes. Les enfants s’en sortent légèrement mieux avec 82%, tandis que la protection des usagers vulnérables de la route (piétons, cyclistes) grimpe à 80%. C’est sur les aides à la conduite que la Clio pèche le plus, avec seulement 73%.

    Ces chiffres placent la citadine française dans une zone intermédiaire. Pas mauvaise, loin de là, mais plus vraiment au top non plus. Pour une voiture familiale vendue à des centaines de milliers d’exemplaires chaque année, chaque point perdu compte. Les acheteurs scrutent de plus en plus ces résultats avant de signer.

    Le thorax, point faible majeur

    Le test de choc frontal révèle le principal problème de la Clio. Si l’habitacle reste globalement stable lors de l’impact, la protection du thorax laisse sérieusement à désirer. EuroNCAP qualifie celle du conducteur de « faible » et celle du passager avant de « marginale ». Deux qualificatifs qui font froid dans le dos.

    Concrètement, en cas de choc frontal violent, les occupants avant risquent des blessures sérieuses à la cage thoracique. Côtes cassées, traumatisme pulmonaire, lésions d’organes internes : ce type de blessures peut s’avérer grave, voire mortel. Pour une voiture moderne censée protéger au maximum ses occupants, ce constat interroge.

    Les genoux et fémurs des passagers avant bénéficient en revanche d’une bonne protection. Mais EuroNCAP retire des points parce que cette protection varie selon la morphologie et la position de chaque occupant. Un grand gabarit assis très en arrière ne sera pas protégé de la même manière qu’une personne de taille moyenne en position standard. Cette inégalité de traitement pénalise la note finale.

    Le choc latéral mieux géré

    Heureusement, la Clio se rattrape sur les impacts latéraux. Lors des crash-tests de côté, tous les organes vitaux et zones critiques du corps bénéficient d’une bonne protection. Les portières absorbent correctement l’énergie de l’impact, les airbags latéraux se déploient efficacement, et la structure de caisse tient le coup.

    Les sièges avant et leurs appuie-têtes reçoivent même des félicitations. Ils protègent efficacement contre les coups du lapin et les blessures cervicales en cas de choc arrière. Ce type de collision, fréquent en ville lors d’embouteillages, provoque souvent des traumatismes du cou qui handicapent durablement. Renault a visiblement soigné cet aspect.

    La présence du système eCall compte aussi dans l’évaluation positive. Ce dispositif appelle automatiquement les secours en cas d’accident grave, même si les occupants sont inconscients. Une technologie devenue obligatoire sur les voitures neuves mais dont la qualité d’implémentation varie d’un constructeur à l’autre.

    Protection des enfants : bien mais peut mieux faire

    Avec 82%, la Clio affiche un score encourageant pour la sécurité des jeunes passagers. Les mannequins représentant des enfants de différents âges s’en sortent plutôt bien lors des crash-tests. Une seule zone pose problème : le cou du mannequin de six ans subit des contraintes jugées marginales lors du choc frontal.

    Ce détail technique cache une réalité physiologique importante. Les enfants ont une tête proportionnellement plus grosse et lourde que leur corps par rapport aux adultes. Leur cou plus fragile encaisse donc difficilement les décélérations brutales. Une protection cervicale insuffisante peut entraîner des blessures graves, d’où l’attention portée à ce critère.

    Mais le vrai reproche d’EuroNCAP porte ailleurs : l’absence de système de détection d’enfant oublié dans l’habitacle. Ce type de dispositif, de plus en plus répandu, alerte le conducteur qu’un enfant reste à bord quand il verrouille et quitte le véhicule. Plusieurs drames se produisent chaque année, notamment l’été, quand des jeunes enfants sont laissés accidentellement dans une voiture en plein soleil.

    Renault aurait pu intégrer cette technologie relativement simple et peu coûteuse. Son absence pèse dans la notation finale. D’autant que plusieurs concurrents directs de la Clio proposent désormais ce système en série. Un retard qui devient difficilement justifiable en 2025.

    Côté positif, tous les types de sièges bébé et enfants homologués s’installent correctement dans la Clio. Les points d’ancrage Isofix fonctionnent bien, les ceintures de sécurité s’adaptent, et l’espace disponible permet de caser différents modèles de rehausseurs. L’ergonomie familiale reste donc au rendez-vous.

    Piétons et cyclistes relativement protégés

    La note de 80% pour la protection des usagers vulnérables témoigne des efforts de Renault. Le capot et le pare-chocs avant intègrent des zones de déformation qui absorbent une partie de l’énergie lors d’un choc avec un piéton ou cycliste. Ces éléments peuvent faire la différence entre des blessures graves et un simple traumatisme.

    Les systèmes de détection et freinage d’urgence automatique face aux piétons et cyclistes fonctionnent correctement lors des tests. La voiture repère efficacement une personne qui traverse devant elle et déclenche le freinage si le conducteur ne réagit pas. Ces technologies deviennent indispensables en milieu urbain où la Clio passe l’essentiel de son temps.

    EuroNCAP teste désormais ces systèmes dans des conditions de luminosité variées, de jour comme de nuit. La Clio s’en sort convenablement même si quelques situations piégeuses posent encore problème. Aucune voiture n’obtient 100% de réussite sur ces tests qui simulent des scénarios réels parfois complexes.

    Les aides à la conduite, talon d’Achille avec 73%

    C’est le maillon faible de cette Clio. Avec seulement 73%, elle accuse son retard technologique face à certains concurrents qui flirtent avec les 85-90%. Les systèmes d’assistance à la conduite deviennent pourtant un critère de choix majeur pour beaucoup d’acheteurs.

    Renault se rattrape avec quelques équipements bien notés. Le système de rappel de bouclage des ceintures fonctionne pour toutes les places, pas seulement les sièges avant. Le moniteur de vigilance du conducteur détecte correctement les signes de fatigue ou de distraction. L’aide au maintien de voie évite les franchissements involontaires de ligne blanche.

    Mais d’autres assistances manquent ou déçoivent lors des tests. Le régulateur de vitesse adaptatif pourrait être plus précis dans le suivi du véhicule qui précède. La lecture des panneaux de limitation parfois capricieuse. Certains systèmes de sécurité active présents chez les concurrents directs brillent par leur absence sur la Clio.

    Cette faiblesse relative s’explique probablement par des choix de positionnement tarifaire. Renault veut garder un prix d’appel attractif sur sa citadine best-seller. Multiplier les capteurs, caméras et radars coûte cher. Le constructeur a visiblement choisi de ne pas embarquer toute la technologie disponible pour rester compétitif commercialement.

    Des protocoles toujours plus exigeants

    Impossible de comparer directement les quatre étoiles de la Clio VI aux cinq étoiles de la Clio V sans contexte. EuroNCAP durcit régulièrement ses critères pour pousser les constructeurs à progresser. Ce qui suffisait hier ne suffit plus aujourd’hui.

    Les mannequins de crash-test deviennent plus sophistiqués, bardés de capteurs supplémentaires qui détectent le moindre traumatisme. Les scénarios de choc se multiplient et se complexifient. Les vitesses d’impact augmentent. Les exigences sur les aides à la conduite explosent.

    Dès 2026, EuroNCAP annonce une nouvelle salve de durcissement. L’obtention des cinq étoiles deviendra encore plus ardue. Dans ce contexte, les quatre étoiles de la Clio représentent un niveau de sécurité déjà très honorable. La voiture protège correctement ses occupants dans la grande majorité des situations accidentelles.

    Reste que psychologiquement, perdre une étoile par rapport à l’ancienne génération envoie un mauvais signal. Les clients potentiels pourraient y voir une régression alors qu’il s’agit surtout d’un effet d’optique lié au durcissement des tests. Renault devra communiquer finement sur ce point pour éviter que ce résultat ne pénalise les ventes.

    Une Clio toujours compétitive malgré tout

    Ces quatre étoiles ne doivent pas occulter l’essentiel : la nouvelle Clio reste une voiture sûre qui protège correctement ses occupants. Ses faiblesses identifiées par EuroNCAP concernent surtout des cas de figure extrêmes ou des technologies de pointe pas encore généralisées.

    Pour la grande majorité des acheteurs, cette citadine française offre un niveau de protection amplement suffisant pour un usage quotidien. Les familles peuvent continuer de la choisir les yeux fermés, ou presque. Les points perdus portent plus sur des perfectionnements techniques que sur des lacunes fondamentales.

    Renault aura probablement l’occasion d’améliorer certains aspects via des mises à jour logicielles pour les aides à la conduite, ou des modifications mineures de structure pour mieux protéger le thorax. Les constructeurs procèdent régulièrement à ces ajustements en cours de carrière d’un modèle.

    D’ici quelques mois, une version restylée ou une évolution des équipements de série pourrait permettre à la Clio de regagner cette cinquième étoile tant convoitée. En attendant, elle reste l’une des citadines les plus vendues en Europe, preuve que les clients ne se focalisent pas uniquement sur les résultats EuroNCAP pour faire leur choix.

    Suivez-nous :

    Faris Bouchaala
    Faris Bouchaala
    Journaliste Automobile - Rédacteur en Chef Adjoint
    Grand passionné d’automobile depuis mon enfance, mon objectif au quotidien était de trouver le moyen d'arracher le volant à mon père. Très peu de gens ont la possibilité de transformer leur passion en une carrière, et il se trouve que je suis l'un de ces quelques privilégiés. J’ai rejoint la presse spécialisée en 2010, après un parcours totalement loin du domaine, car au final c’est la passion qui l’emporte.

    Articles connexes

    Top Actualité

    Nouveautés

    Articles Récents