Renault vient de lever le voile sur le concept R-Space Lab, et le message est sans ambiguïté : le prochain Espace abandonnera la formule SUV adoptée en 2023 pour renouer avec ses origines de monospace. C’est le signal le plus clair donné par la marque sur l’avenir de son modèle phare, à peine trois ans après l’avoir transformé en SUV familial généraliste pour suivre la tendance du marché.
Un monospace de 4,5 mètres sur plateforme RGEV Medium 2.0
Le R-Space Lab mesure 4,5 mètres de long pour 1,52 mètre de hauteur, soit 20 centimètres de moins en longueur et 12 centimètres de moins en hauteur que l’Espace SUV actuel. La silhouette est celle d’un monospace au sens strict : nez court, habitacle dominant, ligne de toit arquée qui descend doucement vers un hayon vertical. Les ailes galbées et les jantes surdimensionnées encadrées de noir brillant rappellent le concept Emblème présenté précédemment, dont le R-Space Lab reprend les proportions en les rapprochant d’une version de série crédible.
La base technique est la plateforme RGEV Medium 2.0, une architecture électrique de nouvelle génération capable d’accueillir également un groupe motopropulseur à prolongateur d’autonomie. L’empattement long libère un volume intérieur généreux malgré un gabarit extérieur plus contenu que l’Espace actuel, et doit permettre de viser une autonomie de l’ordre de 800 kilomètres en version électrique pure.
266 chevaux, prolongateur d’autonomie et steer-by-wire
La version 100 % électrique du futur Espace sera animée par un moteur de nouvelle génération développant 266 chevaux, soit une progression de 25 % par rapport au groupe motopropulseur électrique le plus puissant proposé actuellement dans la gamme Renault. Pour les clients qui ne souhaitent pas s’engager pleinement dans l’électrique, une version à prolongateur d’autonomie sera disponible : un petit moteur thermique positionné sous le capot joue le rôle de générateur pour alimenter la batterie, sans entraîner directement les roues. Les deux versions se conduisent comme des véhicules électriques purs.
Le tableau de bord intègre un affichage numérique enveloppant déjà aperçu sur le concept Emblème, que l’on retrouve également sur la nouvelle BMW iX3 en cours de lancement. Le volant en forme de yoke indique l’intention de Renault de déployer la direction steer-by-wire sur cette architecture de nouvelle génération, technologie qui supprime la liaison mécanique entre le volant et les roues directrices au profit d’impulsions électroniques. Peugeot prévoit de commercialiser cette solution sur la 208 dès 2027.
Trois sièges arrière individuels et passager avant transformé en lounge
L’habitacle du R-Space Lab est un cinq places avec trois sièges arrière individuels qui coulissent et s’inclinent, et peuvent être rapprochés des sièges avant pour dégager un espace de chargement maximal. Les portes arrière s’ouvrent à 90 degrés, facilitant l’installation et le retrait des sièges enfants. À l’avant, la boîte à gants du passager se transforme en repose-pieds, et le siège est monté sur des glissières longues permettant à l’occupant de se rapprocher des places arrière ou de s’allonger en position détendue.
Parmi les équipements de concept figure un détecteur d’alcool tactile intégré au yoke, et un copilote assisté par intelligence artificielle capable de dispenser des conseils de conduite ou d’expliquer les fonctions du véhicule en temps réel.
2028 comme horizon de production réaliste
Renault présente le R-Space Lab comme un aperçu d’une voiture des années 2030, mais la plateforme RGEV Medium 2.0 entre en service en 2028. Le prochain Espace devrait être l’un des premiers modèles à en bénéficier, ce qui place sa commercialisation dans cette même fenêtre. Si la version de série conserve les proportions et l’architecture intérieure du concept, Renault disposera d’un argument solide face aux Volkswagen ID. Buzz et Ford Explorer, les deux références qui définissent aujourd’hui le segment des grands véhicules familiaux électriques en Europe.













