Volkswagen Group publie ses résultats commerciaux pour les trois premiers mois de 2026. Le bilan global est en recul de 4 % avec 2,05 millions de véhicules livrés dans le monde, contre 2,13 millions au premier trimestre 2025. Mais derrière ce chiffre global se cachent des dynamiques très contrastées selon les régions — l’Europe progresse solidement, quand la Chine et l’Amérique du Nord reculent significativement.
L’Europe tire les résultats
En Europe, les livraisons progressent de 4,7 % à 983 800 unités. La hausse est de 4,2 % en Europe de l’Ouest et de 7,6 % en Europe centrale et orientale. En Allemagne, marché historique du groupe, la progression atteint 4,8 %. Les entrées de commandes sur la région sont en hausse de 15 % par rapport à la fin 2025 — un indicateur avancé qui augure bien du deuxième trimestre. Toutes motorisations confondues, les commandes progressent de 3 %, les commandes de BEV de 4 %.
Sur le seul segment électrique, Volkswagen Group consolide sa position de leader incontesté des BEV en Europe. La part des véhicules 100 % électriques dans le mix de ventes européen passe de 19 à 20 % en Europe de l’Ouest, avec une dynamique de croissance de +12 % sur le trimestre.
Plusieurs modèles contribuent à cette dynamique positive sur les commandes : le VW T-Roc, le CUPRA Terramar, le Škoda Elroq, l’Audi Q3 et le Porsche Cayenne Electric sont cités comme moteurs de la croissance des entrées de commandes.
La Chine et l’Amérique du Nord plombent le bilan global
La situation en Chine est plus difficile. Le groupe y livre 14,8 % de véhicules en moins sur un an — un recul en partie structurel lié à l’attente des nouveaux modèles électriques développés localement, et en partie conjoncturel dans un marché chinois qui reste sous pression pour les marques premium occidentales. Sur les seuls BEV, la chute des livraisons VW Group en Chine atteint 64 % — un chiffre spectaculaire qui reflète l’intensité de la concurrence locale sur ce segment.
En Amérique du Nord, le groupe accuse un recul de 13,3 % à 205 500 unités. Aux États-Unis, la baisse atteint 20,5 %, dans un contexte marqué par les droits de douane à l’importation en vigueur depuis avril 2025 et un changement de réglementation sur les aides à l’achat de véhicules électriques — les livraisons de BEV reculent de 80 % sur le marché américain.
En Amérique du Sud en revanche, le groupe progresse de 7 % à 147 900 unités, porté par une hausse de 14,4 % au Brésil.
Les PHEV en forte progression, les BEV globalement en recul
Sur le plan des motorisations, l’image est contrastée. Les véhicules 100 % électriques totalisent 200 000 livraisons mondiales, en baisse de 8 % sur un an — la contraction américaine et chinoise faisant plus que compenser la croissance européenne. Les hybrides rechargeables (PHEV) de deuxième génération affichent en revanche une progression de 31 % avec 109 000 unités livrées. Ces nouveaux PHEV proposent jusqu’à 143 km d’autonomie en mode tout électrique — un argument commercial qui semble convaincre une clientèle encore hésitante face au tout électrique.
Le palmarès des BEV les plus vendus du groupe
Le Škoda Elroq s’impose comme le BEV le plus vendu du groupe au premier trimestre avec 29 700 unités — un démarrage remarquable pour un modèle récent. Le VW ID.4/ID.5 suit avec 25 000 unités, devant le Škoda Enyaq à 22 100. Le VW ID.3 (19 600 unités), l’Audi Q4 e-tron (15 600), le VW ID.7 (14 500), l’Audi Q6 e-tron (13 600), le VW ID. Buzz (11 800), la CUPRA Born (10 000) et l’Audi A6 e-tron (8 600) complètent ce top 10.
Un contexte difficile assumé
Marco Schubert, en charge des ventes au sein du Comité exécutif élargi du groupe, ne minimise pas les difficultés : « Le premier trimestre de l’exercice 2026 est à nouveau marqué par une conjoncture économique défavorable et un contexte géopolitique difficile. »
Il identifie les leviers de la dynamique à venir : la famille de citadines électriques — l’« Electric Urban Car Family » — dont le lancement est prévu en Europe, et les nouveaux modèles électriques développés localement en Chine. Deux paris qui conditionneront la trajectoire du groupe sur les prochains trimestres, dans deux marchés qui ont tous deux déçu ce premier trimestre pour des raisons différentes.




