back to top
jeudi 1 janvier 2026
Plus

    Airbags Takata : le gouvernement durcit le ton après deux nouveaux décès

    Le ministère des Transports a annoncé une nouvelle mesure qui pourrait accélérer le remplacement des airbags Takata, responsables de plus d’une vingtaine de décès en France et dans les territoires ultramarins.

    À partir du 1er janvier 2026, tout véhicule équipé d’un airbag Takata et visé par une procédure « STOP DRIVE » sera automatiquement soumis à une contre-visite obligatoire lors du contrôle technique. Cette décision intervient après deux nouveaux décès survenus en Nouvelle-Calédonie et à La Réunion.

    Un contrôle technique désormais décisif pour forcer le remplacement

    L’article R. 323-1 du Code de la route impose déjà un contrôle technique tous les deux ans pour les véhicules de plus de quatre ans. La nouvelle obligation vient renforcer ce dispositif.
    Désormais, si l’airbag Takata d’un véhicule est concerné par un « STOP DRIVE », le contrôle technique ne pourra pas être validé, forçant ainsi les automobilistes à effectuer le remplacement avant toute nouvelle circulation légale. Une mesure coercitive pensée pour éviter tout délai supplémentaire.

    Le ministère justifie cette décision par la nécessité « d’obliger les conducteurs à changer les airbags sans attendre » dans le but de prévenir de nouveaux drames.

    Des obligations renforcées pour les constructeurs

    Cette mesure complète l’arrêté du 29 juillet 2025, qui impose de nouvelles contraintes aux constructeurs, déjà mis sous pression pour accélérer la campagne de rappel.
    Ces derniers doivent désormais :

    • mettre régulièrement à jour la page « rappels » de leurs sites ;
    • constituer un stock minimal d’airbags pour éviter les ruptures ;
    • fournir un véhicule de remplacement si le délai entre la lettre « STOP DRIVE » et l’intervention dépasse 15 jours.

    Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions financières extrêmement lourdes, pouvant atteindre 1 million d’euros par jour de retard, au bénéfice de l’État et non des consommateurs.

    Une action collective qui prend de l’ampleur

    L’action collective portée par Myleo.legal mobilise désormais près de 3 000 demandeurs.
    La plainte déposée en juillet 2024 contre Citroën a permis de centraliser tous les dossiers auprès du pôle « accidents collectifs » du Tribunal judiciaire de Paris. En novembre 2025, le périmètre de l’instruction a été étendu à Opel (Stellantis), BMW, Toyota, Audi, Seat, Skoda et Volkswagen.

    Avec plus de 20 décès en France et outremer — contre 27 aux États-Unis, qui comptaient pourtant dix fois plus de véhicules équipés — l’affaire prend une dimension judiciaire majeure.
    Me Christophe Lèguevaques regrette néanmoins que « le ministère attende de nouveaux décès pour prendre des mesures correctives » et estime « abominable que les constructeurs réagissent seulement après les mises en demeure ».

    Des zones d’ombre qui persistent

    Entre mars 2025 et aujourd’hui, le nombre de véhicules concernés est passé de 2 à plus de 3 millions.
    Pourtant, plusieurs questions restent sans réponse :

    • Quels constructeurs ont déjà été sanctionnés pour non-respect de l’arrêté du 29 juillet 2025 ?
    • Quels montants ont été provisionnés pour couvrir les rappels ? Stellantis affichait 960 millions d’euros dans ses comptes 2024, mais qu’en est-il des autres ?
    • Comment expliquer qu’un constructeur puisse proposer des offres commerciales ciblées sans être capable d’identifier ses propres clients pour les alertes de sécurité ?

    Me Lèguevaques suggère de repenser les campagnes d’information : « Pourquoi ne pas offrir une remise d’au moins 30 % sur un véhicule neuf ou un crédit à 0 % pour accélérer le renouvellement ? ».

    Aucune immunité possible pour les constructeurs

    L’avocat ajoute que le remplacement des airbags protège les occupants, mais « ne protège pas les constructeurs », qui auraient connu les risques dès 2014 sans agir avec la diligence nécessaire.
    Il se dit confiant dans la capacité de l’action collective à obtenir des condamnations pénales contre les entreprises ou dirigeants fautifs, ainsi que l’indemnisation des préjudices moraux, financiers et corporels subis par les victimes.

    Suivez-nous :

    Faris Bouchaala
    Faris Bouchaala
    Journaliste Automobile - Rédacteur en Chef Adjoint
    Grand passionné d’automobile depuis mon enfance, mon objectif au quotidien était de trouver le moyen d'arracher le volant à mon père. Très peu de gens ont la possibilité de transformer leur passion en une carrière, et il se trouve que je suis l'un de ces quelques privilégiés. J’ai rejoint la presse spécialisée en 2010, après un parcours totalement loin du domaine, car au final c’est la passion qui l’emporte.

    Articles connexes

    Top Actualité

    Nouveautés

    Articles Récents