Restylage complet avec le moteur de la Yaris pour toute la gamme – Finitions enrichies mais facture qui s’envole de plusieurs milliers d’euros
Toyota persiste là où presque tous les autres ont renoncé. Le constructeur japonais vient d’ouvrir le carnet de commandes de son Aygo X restylée, l’une des dernières rescapées du segment A des mini citadines. Cette mise à jour profonde apporte une vraie nouveauté : l’hybridation complète de la gamme avec le moteur de 116 chevaux emprunté à la Yaris. Mais cette montée en gamme se paie cash avec un ticket d’entrée qui grimpe à 22 200 euros, contre environ 17 000 euros pour l’ancienne version thermique de base.
Ce tarif rapproche dangereusement l’Aygo X de sa grande sœur Yaris qui démarre à 24 600 euros. Seulement 2 400 euros d’écart entre les deux modèles, de quoi créer une situation inconfortable commercialement. Toyota parie manifestement sur l’attrait du format compact et du look baroudeur de l’Aygo X pour justifier ce positionnement tarifaire audacieux.
Un moteur hybride pour toutes les versions
Fini le petit trois cylindres essence atmosphérique de 72 chevaux qui équipait l’Aygo X jusqu’à présent. Toyota généralise son bloc hybride de 1,5 litre développant 116 chevaux sur l’ensemble de la gamme. Ce moteur quatre cylindres associé à un moteur électrique et une boîte à variation continue CVT constitue désormais l’unique choix mécanique, quelle que soit la finition choisie.
Cette motorisation provient directement de la Yaris où elle a fait ses preuves depuis plusieurs années. Les performances grimpent significativement par rapport à l’ancien moteur thermique. Les 116 chevaux offrent des accélérations bien plus franches et rendent la mini citadine nettement plus à l’aise sur voie rapide. Fini la sensation de sous-motorisation chronique qui caractérisait la version 72 chevaux.
Le système hybride permet aussi de rouler quelques kilomètres en mode 100% électrique. Toyota parle pudiquement d’une « poignée de kilomètres », ce qui en langage constructeur signifie probablement deux ou trois bornes maximum à vitesse réduite. Suffisant néanmoins pour démarrer en silence depuis son parking ou négocier un ralentissement en ville sans consommer une goutte d’essence.
La consommation officielle devrait tourner autour de 4 litres aux 100 kilomètres en cycle mixte WLTP. Un chiffre qui place l’Aygo X parmi les citadines les plus sobres du marché. Les émissions de CO2 descendront mécaniquement sous les 100 grammes, permettant à la petite Toyota d’échapper au malus écologique et aux restrictions de circulation dans les zones à faibles émissions.
Une entrée de gamme Dynamic déjà bien équipée
Le tarif de 22 200 euros donne accès à la finition Dynamic qui constitue la porte d’entrée de la gamme. Contrairement aux versions de base souvent dépouillées, celle-ci affiche déjà une dotation correcte pour 2026. Le régulateur de vitesse adaptatif figure de série, technology quasi-indispensable aujourd’hui qui maintient automatiquement les distances de sécurité avec le véhicule précédent.
L’écran tactile de 9 pouces au centre de la planche de bord apporte la connectivité moderne attendue par les clients. Le combiné d’instrumentation numérique de 7 pouces remplace les cadrans analogiques ringards. La climatisation automatique régule la température sans intervention du conducteur. Le frein à main électrique libère de l’espace sur la console centrale. Et les jantes de 17 pouces avec enjoliveurs donnent un minimum de présence visuelle.
Cette dotation généreuse dès l’entrée de gamme explique en partie la hausse tarifaire. Toyota ne pouvait plus proposer en 2026 une citadine aussi basique que l’ancienne Aygo X premier prix. Les attentes des clients ont évolué, les normes de sécurité se sont durcies, la concurrence chinoise propose des équipements pléthoriques : le constructeur japonais s’adapte.
Le milieu de gamme Graphic passe aux jantes alliage
La finition Graphic à 24 800 euros affine la présentation avec plusieurs touches esthétiques bienvenues. Les jantes alliage de 17 pouces remplacent les enjoliveurs de la version Dynamic, apportant un look plus valorisant. Les vitres arrière surteintées donnent un air mystérieux tout en protégeant les passagers des regards indiscrets et du soleil.
La calandre noire brillante modernise la face avant. Les rétroviseurs rabattables électriquement facilitent le stationnement dans les ruelles étroites. Le chargeur à induction permet de recharger son smartphone sans câble en le posant simplement sur la console. Les essuie-glaces automatiques détectent la pluie et s’activent tout seuls. Les feux full LED améliorent la visibilité nocturne tout en consommant moins d’énergie.
Ces équipements transforment réellement l’expérience quotidienne. Passer d’enjoliveurs à de vraies jantes alliage change complètement l’allure de la voiture. Les vitres teintées et la calandre brillante renforcent le look premium. Le chargeur à induction évite les câbles qui traînent partout. Cette finition intermédiaire conviendra parfaitement aux clients qui veulent un véhicule bien fini sans tomber dans le luxe inutile.
Collection pousse la connectivité à fond
À 27 200 euros, la finition Collection vise les technophiles et ceux qui recherchent le confort maximum. L’accès et démarrage mains-libres permet d’ouvrir et démarrer la voiture sans sortir la clé de sa poche. Les radars de recul facilitent les manœuvres dans les parkings bondés. L’écran tactile grimpe à 10,5 pouces, offrant une surface de travail bien plus confortable pour naviguer dans les menus.
La climatisation automatique bizone autorise des températures différentes pour le conducteur et le passager avant. Fini les disputes conjugales sur la température idéale. La clé numérique transforme le smartphone en clé de voiture, permettant de prêter virtuellement son véhicule à distance. Une fonction encore anecdotique mais qui préfigure l’avenir de l’automobile connectée.
Cette version frôle dangereusement les 30 000 euros une fois quelques options ajoutées. À ce tarif, difficile de parler encore de petite citadine abordable. Toyota vise manifestement une clientèle aisée pour qui le format compact représente un choix de vie plutôt qu’une contrainte budgétaire. Les urbains sans enfants qui privilégient la maniabilité et le stationnement facile tout en voulant du confort.
GR Sport joue la carte du dynamisme
La déclinaison GR Sport à 28 100 euros s’adresse aux amateurs de conduite sportive. Les jantes alliage passent à 18 pouces, gonflant visuellement la petite Aygo X. La calandre spécifique GR Sport affirme le caractère plus agressif. Mais surtout, les suspensions raffermies transforment le comportement routier en rendant la direction plus précise et le roulis moins prononcé.
Attention cependant, des suspensions plus fermes signifient aussi un confort dégradé sur mauvais revêtement. Les nids de poule se sentent davantage, les dos d’âne cognent plus fort. Cette version conviendra aux conducteurs qui privilégient l’agrément de conduite sur routes sinueuses plutôt que le moelleux urbain. Un choix qui peut paraître paradoxal sur une citadine normalement destinée à avaler du bitume cabossé en ville.
Le badge GR Sport apporte surtout une dimension émotionnelle. Porter les couleurs de la division sportive de Toyota valorise psychologiquement le propriétaire. Même si objectivement, avec 116 chevaux et une boîte CVT, personne ne va battre des chronos sur circuit. Mais l’image compte autant que les performances réelles pour beaucoup d’acheteurs.
Air Collection garde le toit ouvrant
La finition Air Collection à 28 300 euros reprend les équipements de la Collection en y ajoutant le toit ouvrable en toile. Cette capote rétractable transforme l’Aygo X en petit cabriolet improvisé les jours de beau temps. Les sièges avant chauffants complètent la dotation, apportant un confort bienvenu lors des matinées fraîches d’automne ou d’hiver.
Cette version découvrable constitue l’argument choc de la gamme Aygo X depuis ses débuts. Toyota exploite à fond ce différenciateur face aux concurrentes qui proposent rarement une telle option sur le segment. Le toit ouvrant attire une clientèle spécifique, souvent jeune, qui recherche l’aspect ludique et hédoniste d’une conduite cheveux au vent.
Le surcoût de seulement 200 euros par rapport à la GR Sport rend cette Air Collection particulièrement attractive. Pour le prix de quelques options, on gagne la possibilité de profiter du soleil sans acheter une vraie décapotable hors de prix. Un argument commercial massue qui devrait booster les ventes de cette finition haute.
Des options stratégiquement placées
Toyota propose deux packs d’options selon les finitions. Le premier à 600 euros regroupe les radars de stationnement avant et arrière avec l’accès et démarrage mains-libres. Ces équipements facilitent considérablement la vie urbaine où se garer relève parfois du parcours du combattant. Un investissement rapidement rentabilisé pour qui se gare quotidiennement dans des espaces exigus.
Le second pack à 500 euros apporte la sonorisation JBL. Cette signature audio haut de gamme transforme l’habitacle en salle de concert mobile. Les amateurs de musique apprécieront la définition sonore supérieure comparée aux haut-parleurs de série. Un plaisir simple mais réel lors des trajets quotidiens.
Ces options restent raisonnablement tarifées comparé aux pratiques de certains constructeurs premium. Cinq cents ou six cents euros pour des équipements réellement utiles, c’est acceptable. Cela permet aussi à Toyota de proposer des prix d’appel plus bas tout en laissant les clients personnaliser leur véhicule selon leurs priorités.
Un pari audacieux sur un segment moribond
Toyota prend un risque calculé en misant aussi gros sur l’Aygo X. Le segment A des mini citadines se vide année après année. Renault a abandonné la Twingo. Volkswagen a enterré la Up. Citroën ne propose plus de C1. Même les Coréens ont déserté avec la disparition de la Kia Picanto et de la Hyundai i10 en Europe.
Seules quelques irréductibles persistent encore : Fiat 500, Dacia Spring électrique, et donc cette Toyota Aygo X. Le constructeur japonais parie sur la pérennité d’une demande pour ces petits formats urbains malgré l’engouement général pour les SUV toujours plus gros. Une stratégie qui pourrait payer si les centres-villes continuent de se fermer aux véhicules imposants.
Mais le positionnement tarifaire interroge. À 22 200 euros minimum et jusqu’à 28 300 pour la version découvrable, l’Aygo X sort clairement du segment entrée de gamme. Toyota vise manifestement une clientèle urbaine aisée qui choisit délibérément un petit format plutôt que par contrainte financière. Un pari osé dans un contexte où les constructeurs chinois débarquent avec des citadines électriques à moins de 20 000 euros.
Les commandes sont ouvertes dès maintenant, avec des premières livraisons prévues au printemps 2026. Le marché rendra son verdict dans quelques mois. Cette Aygo X hybride saura-t-elle convaincre suffisamment d’acheteurs pour justifier son existence ? Ou finira-t-elle comme tant d’autres citadines, victime de l’appétit insatiable des Européens pour les SUV et de la concurrence chinoise ?



































