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mercredi 7 janvier 2026
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    Cauchemar des airbags Takata : pourquoi les Dacia ne sont pas concernés ?

    Tandis que le scandale des airbags Takata secoue une nouvelle fois l’industrie automobile avec un rappel massif en 2024, certaines marques en sortent étonnamment indemnes. C’est le cas de Dacia, Renault, Alpine, Peugeot ou encore Kia, qui ont échappé à cette crise aux lourdes conséquences. En France, le rappel concerne surtout Citroën et DS, dont certains modèles restent dangereux vingt ans après leur mise en circulation.

    Ce scandale mondial, né au début des années 2010 et marqué par des décès tragiques, a précipité la faillite de Takata en 2017. Il refait surface en Europe avec une campagne « stop drive » déclenchée par Citroën et DS au printemps 2024, après la mort d’une conductrice à Reims. Pourtant, la dangerosité des airbags au nitrate d’ammonium était connue de longue date.

    La clé : des choix de fournisseurs différents

    Pourquoi certains constructeurs, à l’image de Dacia ou Peugeot, ne sont-ils pas touchés ? La réponse réside dans la stratégie d’approvisionnement. À l’époque où PSA n’était pas encore Stellantis, Peugeot se fournissait chez le Suédois Autoliv, qui utilise un agent propulseur plus stable. Seule la Peugeot iOn, équipée de composants Takata, a été concernée à petite échelle.

    Du côté de Renault et de sa filiale Dacia, la prudence était déjà de mise. Le « livre blanc de la sécurité » de Renault recommandait explicitement d’éviter le nitrate d’ammonium, notamment après les catastrophes industrielles d’AZF à Toulouse et de Beyrouth. Le choix du nitrate de guanidine, jugé plus sûr, s’est avéré judicieux.

    Des stratégies divergentes au sein d’un même groupe

    Le cas Stellantis illustre parfaitement les disparités. Alors que les marques italiennes comme Fiat et Alfa Romeo ont privilégié Autoliv ou ZF, les labels américains du groupe – Jeep, Dodge ou Chrysler – ont largement utilisé des airbags Takata. Résultat : certains modèles européens sont épargnés, tandis que d’autres sont rappelés d’urgence.

    Même constat chez Daimler, où Mercedes est concernée par le scandale, contrairement à Smart. Chez Hyundai-Kia, l’approche est duale : Mobis pour l’essentiel, Autoliv en complément, ce qui a permis d’éviter l’écueil Takata sur la majorité de leurs modèles.

    Un scandale tardif mais désormais pris au sérieux en France

    En France, l’alerte a été lente. Le contrôle technique n’intégrait pas la vérification des airbags jusqu’en 2023. Depuis février de cette même année, les contrôleurs ont l’obligation de signaler la présence d’airbags concernés par les rappels.

    Avec vingt ans de retard sur les premières campagnes américaines lancées par Honda en 2008, la France intensifie enfin les rappels. Le gouvernement pousse à une prise en charge rapide des modèles à risque, après des années d’alerte discrète.

    Une crise évitable ?

    La tragédie aurait-elle pu être atténuée ? Oui, si les choix industriels avaient été plus rigoureux dès le départ. L’exemple de Dacia, Renault, Peugeot ou Hyundai montre qu’une stratégie cohérente en matière de sécurité passive peut éviter le pire. À l’inverse, le scandale Takata rappelle combien la négligence ou les économies de bout de chandelle peuvent coûter cher… en vies humaines.

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    Faris Bouchaala
    Faris Bouchaala
    Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français créé en 2018 et basé à Antibes (Alpes-Maritimes). Grand passionné d'automobile depuis l'enfance, Faris Bouchaala a transformé sa passion en carrière professionnelle en rejoignant la presse automobile spécialisée en 2010. Après un parcours atypique loin du secteur automobile, c'est finalement la passion qui l'a guidé vers le journalisme automobile. Depuis plus de 14 ans, Faris Bouchaala couvre l'actualité automobile française et européenne avec un focus particulier sur les essais automobiles, les nouveautés constructeurs, l'électrification du parc automobile et les technologies embarquées. Son expertise s'étend de l'analyse du marché français aux tendances européennes, en passant par les stratégies des constructeurs et l'évolution de la mobilité durable. À la tête de MotorsActu depuis sa création, Faris Bouchaala dirige une ligne éditoriale axée sur la qualité de l'information, l'objectivité des essais et l'analyse approfondie du secteur automobile. Son approche journalistique privilégie l'expérience terrain et les essais en conditions réelles sur routes françaises. Basé en France, Faris Bouchaala suit au quotidien l'évolution du marché automobile français et européen, couvrant aussi bien les lancements de véhicules que les innovations technologiques et les enjeux environnementaux du secteur. Contact professionnel : [email protected]

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