On le sait, les SUV compacts – ou C-SUV, pour les puristes – règnent en maîtres sur le marché français : 21 % des immatriculations sur les neuf premiers mois de 2025, selon la PFA. Et parmi eux, le Kia Sportage n’est pas le dernier des rois.
Lancé en 1993, ce best-seller coréen a écoulé plus de 600 000 exemplaires en France depuis sa création, et il reste le fer de lance de la marque. Mais avec ce restylage de mi-parcours pour la 5e génération (commercialisée depuis 2021), Kia a pris un virage audacieux : exit les diesels, les micro-hybrides et les PHEV, place à une offre ultra-simplifiée, 100 % full-hybride. Résultat ? Un intérieur plus chic, un confort au top, mais des tarifs qui grimpent et le placent face à des rivaux comme le Peugeot 3008 ou le Renault Austral. Après 250 km au volant d’une GT-Line Premium 4×4, voici notre verdict sans complaisance : ce Sportage gagne en maturité, mais perd-t-il son âme accessible ?
Un design qui affine son caractère sans révolutionner la donne
De loin, le Sportage 2025 ne crie pas « nouveau modèle ». Kia a opté pour un facelift discret mais efficace : face avant redessinée avec une calandre plus large et des phares verticaux inspirés des derniers EV6, qui lui donnent un air plus massif et premium. À l’arrière, les feux en boomerang s’allongent légèrement, et les pare-chocs gagnent en muscle. Longueur inchangée (4,51 m pour la version courte européenne), mais une voie élargie de 3 cm qui renforce la stabilité visuelle. Nos confrères de L’Argus notent que ce restylage « s’accorde mieux avec le reste de la gamme Kia », et on valide : il gagne en présence sans tomber dans l’excès, comme certains Tiguan qui forcent le trait.
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Côté coloris, neuf teintes au menu, dont trois nouvelles métalliques (Gris Élégance, Bleu Océan, Rouge Perle) qui font briller sous le soleil automnal. Mais attention : les options comme le toit pano (+1 200 €) ou les jantes 19″ (+600 €) font vite grimper la facture.
À bord : un bond qualitatif qui frôle le luxe
C’est l’intérieur qui vole la vedette. La planche de bord, redessinée, adopte des bouches d’aération horizontales discrètes qui libèrent l’espace, et des matériaux soft-touch partout – cuir, Alcantara, inserts métalliques. Sur notre GT-Line Premium bi-ton (noir/gris clair), l’assemblage est irréprochable, sans grincements ni plastiques cheap qui trahissaient les anciennes générations. « Cossu et moderne », comme le résume UFC-Que Choisir, qui salue une ambiance « haut de gamme » sans surenchère.
Le duo d’écrans 12,3 pouces (combiné + central) est fluide, avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil de série – une première bienvenue. Mais Kia pousse le tout-tactile à fond : adieu boutons physiques pour la clim ou le multimédia, place à des touches capacitifs qui demandent un peu d’habitude. Et les palettes au volant ? Double usage malin (récup éco ou changements de vitesse en mode Sport), mais confus au début – on a failli freiner fort en voulant « downshifter ». L’ergonomie souffre aussi d’alertes trop intrusives (bip incessant sur les limitations de vitesse), qu’il faut bidouiller via l’écran.
À l’arrière, l’espace est généreux (jambes et têtes au top pour 1,85 m), avec dossier inclinable (40-45°) pour plus de confort. Mais l’assise plate manque de soutien latéral sur longs trajets. Coffre ? 587 L (jusqu’à 1 776 L banquette rabattue), dans la moyenne, mais le sous-plancher compartimenté bouffe de l’espace – dommage pour les familles. Globalement, habitabilité au rendez-vous, avec des rangements astucieux (crochets sièges, ports USB-C).
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Au volant : 239 ch hybrides qui font le job, sans forcer
Kia simplifie à l’extrême : un seul bloc, le 1.6 GDi turbo essence de 180 ch + électrique 65 ch, pour 239 ch cumulés et 380 Nm. Boîte auto 6 rapports, traction ou 4×4 (notre version), et une batterie 1,49 kWh qui assure 1-2 km en pur électrique. Sur 250 km mixtes (campagne, A/R, ville), on a affiché 6,4 l/100 km – mieux que les 7,5 l du précédent, mais au-dessus des 5,5 l WLTP annoncés. Sur autoroute à 130 km/h, ça grimpe à 7 l ; en éco-ville, on descend à 5,5 l. Transitions moteurs imperceptibles, et le 4×4 (HTRAC) mord bien sur sol glissant sans pénaliser la sobriété.
Conduite ? Confortable et filtrée, avec des suspensions qui gommant les bosses sans mollesse. Sur routes sinueuses, le roulis pointe le bout de son nez (masse de 1 700 kg), mais la direction précise et les freins dosables inspirent confiance. Pas une sportive comme un Mazda CX-5, mais un cruiser familial qui avale les km sans stress. Traction boostée à 1 510 kg (vs 1 360 avant) – pratique pour la remorque. Bruyant ? Non, le V6-like du thermique reste discret, et l’électrique silencieux en ville.
La gamme 2025 : des prix qui piquent, mais un équipement généreux
Kia aligne quatre finitions (Motion, Active, GT-Line, GT-Line Premium), toutes hybrides, traction ou 4×4. Tarifs en hausse, mais bonus éco 1 000 € sur toutes.
| Finitions | Traction (prix €) | 4×4 (prix €) | Émissions CO2 (g/km) |
|---|---|---|---|
| Motion | 39 550 | – | 126-132 |
| Active | 40 500 | 43 050 | 126-132 / 142-147 |
| GT-Line | 44 550 | 47 050 | 126-132 / 142-147 |
| GT-Line Premium | 48 500 | 51 050 | 126-132 / 142-147 |
Motion : clim auto, écran 8″, cam recul. Active : jantes 18″, sièges chauffants. GT-Line : Alcantara, palettes. Premium : HUD, park auto. Garantie 7 ans/150 000 km, et mises à jour gratuites – un plus face aux 3 ans Peugeot. Mais vs Austral Esprit Alpine (45 900 €, 200 ch) ou 3008 GT (46 500 €, 210 ch), c’est cher payé pour 30 ch de plus. Sur Caradisiac, les proprios saluent la fiabilité (6 l/100 km moyen sur 5 000 km), mais regrettent le prix en hausse.
Le verdict : un Sportage plus chic, mais moins irrésistible
Les + : Finitions premium, confort souverain, hybride fluide (6,4 l mixte réel), habitabilité généreuse, garantie XXL.
Les – : Ergonomie tactile perfectible, roulis en courbe, motorisation unique, tarifs dans la moyenne haute (48 500 € pour notre essai).
Note : 15/20. Le Sportage 2025 gagne en raffinement et colle aux tendances hybrides (23 % du segment), mais perd son atout prix bas. Face à un 3008 plus fun ou un Austral plus français, il séduit les pragmatiques qui veulent du fiable sans chichi. Si vous roulez 15 000 km/an mixte, foncez – sinon, regardez les promos sur l’ancien. Kia reste dans la course, mais devra accélérer pour garder sa couronne.








