L’administration Trump a annoncé, ce 13 février 2026, la révocation de l’ensemble des réglementations fédérales sur les gaz à effet de serre adoptées depuis 2009.
Le président Donald Trump et l’administrateur de l’Environmental Protection Agency (EPA) Lee Zeldin ont signé l’Executive Order 14008, intitulé « Revocation of Federal Greenhouse Gas Regulations and Promotion of Energy Independence », qui supprime notamment les crédits off-cycle incitant les constructeurs à intégrer des technologies comme le stop-start (ou idle-stop).
Selon le communiqué officiel de la Maison Blanche daté du 13 février 2026, cette mesure constitue « la plus grande action de dérégulation de l’histoire des États-Unis ». Elle révoque l’Endangerment Finding de 2009 (décision de l’EPA sous Obama qualifiant les GES comme danger pour la santé publique) et toutes les normes subséquentes, y compris celles renforcées sous Biden en 2021 et 2023.
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Détails des changements réglementaires
- Fin des crédits off-cycle : Ces crédits, introduits par l’EPA en 2012 (règle finale 77 FR 62624), permettaient aux constructeurs de compenser jusqu’à 1-3 g/km CO₂ par véhicule en intégrant des technologies comme le stop-start, les pneus à faible résistance ou les grilles actives. Leur suppression élimine l’incitation financière, mais n’interdit pas ces systèmes : les constructeurs restent libres de les proposer.
- Révision des normes CAFE : Les objectifs d’économie de carburant (Corporate Average Fuel Economy) sont assouplis, revenant aux niveaux de 2012 (environ 35 mpg moyen, contre 49 mpg visés en 2030). L’EPA estime que cela réduira les coûts de conformité d’environ 2 400 $ US par véhicule, selon un rapport interne daté du 12 février 2026 (EPA-HQ-OAR-2026-0012).
- Suppression des mandats VE : Les crédits ZEV (Zero Emission Vehicle) et multiplicateurs CAFE pour les électriques sont éliminés, accusés d’avoir coûté plus de 1 300 milliards $ US aux contribuables selon un audit de l’EPA commandé en janvier 2026 (document EPA-420-R-26-001).
Lee Zeldin a déclaré lors de la conférence de presse du 13 février 2026 : « Ces réglementations étaient des restrictions à la liberté de choix des consommateurs, souvent qualifiées de ‘Graal’ de la ‘religion du changement climatique’. » Le communiqué officiel accuse les politiques Obama-Biden d’avoir « limité la mobilité économique et l’accès aux services essentiels pour les Américains » et d’être « illégales ».
Fonctionnement du stop-start et impact de la dérégulation
Le stop-start, connu aussi sous le nom d’idle-stop, arrête automatiquement le moteur au ralenti (feux rouges, embouteillages) et le redémarre instantanément. Introduit massivement aux États-Unis depuis 2012, il était récompensé par des crédits off-cycle car il réduit les émissions de CO₂ de 3-5 % en cycle urbain. Sans ces incitations, de nombreux constructeurs pourraient le supprimer sur les modèles essence pour baisser les coûts de production (batteries renforcées, alternateurs spécifiques).
Conséquences pour l’industrie et les consommateurs
- Pour les constructeurs US : GM, Ford et Stellantis verront leurs coûts réglementaires diminuer, facilitant la production de véhicules thermiques plus abordables. Cependant, ils devront maintenir des normes strictes pour l’export vers l’Europe, la Chine ou le Canada.
- Pour les consommateurs : Des économies potentielles sur les prix neufs (jusqu’à 2 400 $ US selon l’EPA), mais une hausse possible des émissions globales estimée à plusieurs centaines de millions de tonnes de CO₂ d’ici 2030, selon un rapport du Natural Resources Defense Council (NRDC) daté du 14 février 2026.
- Impact limité en Australie : Comme indiqué dans le communiqué EPA, peu de véhicules américains sont importés en Australie (Ford Ranger, Chevrolet Silverado, RAM 1500). Le marché australien reste régi par le New Vehicle Efficiency Standard (NVES), qui impose une réduction progressive des émissions, obligeant les constructeurs à conserver le stop-start et d’autres technologies pour respecter les normes locales.
Réactions et contexte politique
Les ONG environnementales ont vivement réagi. Le Sierra Club, dans un communiqué du 14 février 2026, qualifie la décision de « recul catastrophique pour le climat ». Le NRDC prévoit une hausse des émissions de CO₂ de 1,8 milliard de tonnes d’ici 2035 (rapport « Impacts of EPA Deregulation 2026 »). À l’inverse, l’Alliance for Automotive Innovation (représentant les constructeurs) salue « un allègement bienvenu des contraintes réglementaires » dans un communiqué du 13 février 2026.
Cette dérégulation remplit une promesse de campagne de Trump pour « libérer l’énergie américaine ». Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de révision des politiques climatiques, potentiellement contesté en justice par des États démocrates comme la Californie.
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