Mohammed Ben Sulayem, président en exercice de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), a été réélu vendredi 12 décembre 2025 pour un mandat de quatre ans supplémentaire. L’Émirati de 64 ans conserve ainsi les rênes de l’instance dirigeante du sport automobile mondial jusqu’à la fin 2029.
Une réélection sans opposant
L’élection s’est déroulée lors de l’assemblée générale annuelle de la FIA à Tachkent, en Ouzbékistan. Mohammed Ben Sulayem était le seul candidat en lice, obtenant une large majorité des voix (91,51 % selon certaines sources). Environ 8,5 % des clubs membres éligibles ont choisi de ne pas voter pour lui.
Trois candidats potentiels – l’Américain Tim Mayer (ancien commissaire FIA), la Suissesse Laura Villars et Virginie Philippot – avaient initialement manifesté leur intérêt. Cependant, ils n’ont pas pu constituer une liste complète de vice-présidents requise par les statuts de la FIA.
Le règlement exige que chaque candidat propose des vice-présidents issus des six régions mondiales de la FIA, sélectionnés parmi une liste approuvée par l’instance. Or, pour l’Amérique du Sud, une seule personne figurait sur cette liste : la Brésilienne Fabiana Ecclestone (épouse de l’ancien patron de la F1 Bernie Ecclestone), qui soutenait déjà Ben Sulayem. Cela a rendu impossible la constitution d’une liste concurrente.
Polémiques et recours judiciaire
Cette situation a suscité de vives critiques, accusant le processus électoral d’être trop restrictif et de limiter la démocratie interne. Laura Villars a saisi la justice française fin octobre pour contester ces règles. Un tribunal parisien a refusé de suspendre l’élection, mais a renvoyé l’affaire au fond : un procès est prévu à partir du 16 février 2026, où la validité du scrutin pourrait être examinée, voire annulée.
Malgré ces controverses, la FIA a défendu un « processus robuste et transparent », conforme à ses statuts.
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Bilan financier positif et perspectives
Sous la présidence de Ben Sulayem, élu pour la première fois en 2021 (succédant à Jean Todt), la FIA a redressé ses finances : passage d’un déficit de 24 millions d’euros en 2021 à un bénéfice de 4,7 millions en 2024, avec une prévision de 4,4 millions pour 2025.
Dans son discours, Ben Sulayem a remercié les membres pour leur confiance : « Merci à tous nos membres FIA d’avoir voté en nombre remarquable et de m’avoir accordé à nouveau votre confiance. Nous avons surmonté de nombreux obstacles, mais aujourd’hui, ensemble, nous sommes plus forts que jamais. »
Il s’est engagé à poursuivre les réformes en matière de gouvernance, de sécurité routière, de mobilité durable et de développement du sport automobile mondial.
Un mandat marqué par les tensions
Le premier mandat de Ben Sulayem a été mouvementé : enquêtes éthiques (dont il a été blanchi), départs de cadres dirigeants, conflits avec des pilotes (sur les bijoux ou le langage) et critiques sur la gouvernance. Malgré cela, l’Émirati, ancien pilote de rallye et premier président non européen de la FIA, conserve un soutien majeur parmi les 240 clubs membres représentant 80 millions d’adhérents dans 146 pays.
Cette réélection, bien que contestée, ouvre un nouveau chapitre pour la FIA, qui supervise notamment la Formule 1, le WRC et le WEC, tout en promouvant la sécurité routière mondiale.

