Fiat veut retrouver ses racines populaires. Un nouveau modèle ultra-accessible est en préparation, avec un objectif clair : redonner accès à la voiture neuve aux ménages qui n’ont plus les moyens de s’offrir les tarifs actuels.
Fiat change de cap. Après des années de montée en gamme et de hausses tarifaires à répétition, le constructeur turinois revient à ses fondamentaux. Une petite voiture abordable, vraiment abordable, figure désormais en haut de la pile des priorités.
La Panda originelle comme source d’inspiration
Olivier François, patron de la marque Fiat, ne tourne pas autour du pot. Sa priorité numéro un consiste à remplacer la Panda actuelle par un modèle plus petit, plus simple et surtout beaucoup moins cher. Le dirigeant évoque ouvertement l’esprit de la toute première Panda, celle de 1980.
Cette référence historique parle aux connaisseurs. La Panda originelle était un cube roulant sans fioritures, pratique jusqu’au bout des essuie-glaces et accessible au plus grand nombre. En 1981, elle s’affichait à 27 900 francs, soit l’équivalent de 4 300 euros. Évidemment, les normes actuelles interdisent de revenir à ce niveau de prix. Mais l’intention est claire : remettre Fiat sur le créneau de la voiture populaire.
Le marché européen a perdu trois millions d’acheteurs
Les chiffres expliquent cette urgence. Depuis 2019, le marché automobile européen s’est contracté de trois millions de véhicules par an. La moitié de cette chute provient directement de la disparition des modèles à moins de 15 000 euros.
Les raisons sont multiples. Les normes antipollution et de sécurité se sont empilées, renchérissant mécaniquement le coût de production. L’électrification imposée par Bruxelles a fait grimper les tarifs moyens de 25 à 30 % par rapport aux motorisations thermiques. Et les constructeurs eux-mêmes ont profité de la pénurie post-Covid pour supprimer les versions d’entrée de gamme jugées insuffisamment rentables.
Résultat : les prix des voitures neuves ont bondi de 40 % en moyenne depuis la pandémie. Des millions d’Européens se retrouvent exclus du marché du neuf.
Le projet Eurocar en ligne de mire
Stellantis, maison mère de Fiat, planche sur une solution baptisée Eurocar. Ce projet vise à développer une mini-voiture multi-énergies vendue sous la barre des 15 000 euros. Fiat et Citroën devraient toutes deux proposer leur déclinaison de ce véhicule.
François Leboine, directeur du design Fiat, détaille la philosophie : « On travaille sur les solutions pour rendre les petites autos plus abordables. Il faut aussi que la voiture soit facilement réparable et écologique. »
Cette mention de la réparabilité n’est pas anodine. Les voitures modernes bourrées d’électronique coûtent une fortune à réparer après le moindre accrochage. Revenir à des solutions mécaniques plus simples permettrait de réduire les primes d’assurance et les frais d’entretien, allégeant le budget automobile global des ménages modestes.
Un triporteur électrique à 4 500 euros en prime
Fiat ne s’arrête pas aux voitures. La marque italienne présentait récemment au salon de Bruxelles un curieux engin baptisé Tris. Ce triporteur électrique évoque les Piaggio des années cinquante et soixante qui sillonnaient les ruelles italiennes.
Produit au Maroc, ce mini-utilitaire à trois roues transporte 550 kilos à 45 km/h avec 90 kilomètres d’autonomie. Sa commercialisation débutera cette année en Italie. Le prix européen reste à définir, mais au Maroc il démarre à 4 500 euros. Une piste pour les artisans et commerçants qui cherchent une solution de livraison urbaine économique.
Bruxelles freine encore
Un obstacle subsiste néanmoins. Stellantis réclame depuis des mois la création d’une catégorie réglementaire spécifique pour les très petits véhicules. Cette classification adaptée permettrait d’alléger certaines contraintes techniques inadaptées aux gabarits miniatures.
Dans sa copie rendue mi-décembre, la Commission européenne a refusé cette demande. Les constructeurs devront donc composer avec des normes pensées pour des voitures plus imposantes, compliquant encore l’équation économique des modèles ultra-accessibles.
Malgré ces vents contraires, Fiat semble déterminé à renouer avec sa vocation populaire. Reste à transformer ces belles intentions en réalité dans les concessions.