C’est un Isack Hadjar visiblement marqué par la déception qui s’est exprimé à l’issue du Grand Prix d’Abu Dhabi, dernière course de la saison 2025. Parti neuvième sur la grille après une Q3 solide, le jeune Français de Racing Bulls a dégringolé en course jusqu’à la 17e place, perdant non seulement des points précieux, mais aussi son ticket pour le top 10 du championnat pilotes – arraché in extremis par Fernando Alonso (Aston Martin), qui termine 9e.
À 21 ans, ce rookie sensationnel, promu chez Red Bull Racing pour 2026 aux côtés de Max Verstappen, boucle sa première année en F1 sur une note amère. « Je suis juste furieux de terminer sur une mauvaise note », lâche-t-il en conférence de presse, les mots pesants malgré un sourire forcé. Une saison « suffisamment bonne pour être promu », dit-il, mais ce final gâché laisse un goût d’inachevé.
Un week-end à Yas Marina qui tourne au cauchemar
Hadjar arrivait à Abu Dhabi avec l’élan d’une saison rookie exceptionnelle : 51 points, 10e au général avant la course, un podium au Dutch GP (3e) et une promotion méritée chez Red Bull après avoir surpassé Yuki Tsunoda en qualifs (15 fois sur 22). Parti P9 après une Q3 « un peu décevante » (1:23.657, +0,574 s de Norris), il visait un top 8 pour consolider sa place. Mais la course, disputée sous un soleil couchant implacable (28°C air, 42°C piste), a tourné au vinaigre dès le départ : coincé dans le trafic, rythme insuffisant (P17 en FP2, +1,2 s), et une stratégie conservatrice qui n’a pas payé. « Aucun rythme tout le week-end, comme je m’y attendais. Hier [samedi], je ne sais même pas comment j’ai placé la voiture en neuvième position », confie-t-il, amer.
Racing Bulls, P6 constructeurs (112 points), sauve la face avec Lawson P8 (10 pts), mais Hadjar termine 17e, sans point. Alonso, 9e, le devance au général (52 pts vs 51), reléguant Hadjar à la 11e place finale. « J’ai perdu mon top 10 au championnat, donc je ne suis pas content », grince-t-il. Une crevaison ou un contact ? Non, juste un manque de pace : « C’est dommage, on n’a pas vu grand-chose de la bagarre derrière les trois premiers. »
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Une saison rookie « suffisamment bonne », mais un final qui pique
Interrogé sur son bilan global – de ses débuts chaotiques en Australie (crash au tour de formation) à son podium néerlandais –, Hadjar balaie d’un revers : « J’ai fait une saison suffisamment bonne pour être promu [chez Red Bull], donc ça me suffit. » À 21 ans, membre du Red Bull Junior Team depuis 2022, il a impressionné : 1 podium, 10 top 10, et une promotion méritée après avoir battu Tsunoda en qualifs. « Ça a été très dur. C’est juste très dur, mais je ne pourrais pas me sentir plus préparé pour aller dans l’équipe principale », ajoute-t-il, stoïque. Son parcours ? F4 française (2021), F3 Asie (vice-champion), F2 (4e en 2024), et maintenant F1 chez Red Bull – un rocket man pur jus.
Mais ce final à Abu Dhabi, où il termine derrière Gasly (P16) et Ocon (P15), laisse un goût d’inachevé. « C’est pour l’équipe : je voulais partir sur une bonne note, et je ne l’ai pas fait. C’est un peu triste », avoue-t-il. Racing Bulls finit 6e constructeurs, un « bonus » comme il dit, mais Hadjar regrette surtout ce top 10 échappé – un symbole personnel après une saison où il a souvent punché au-dessus de son poids.
Red Bull 2026 : coéquipier de Verstappen, prêt à « étinceler »
Dès la semaine prochaine, Hadjar endossera le bleu marine Red Bull, remplaçant Tsunoda aux côtés de Verstappen (4e titre consécutif). « C’est un très bon moment dans ma carrière, pour tout le travail acharné des années précédentes », dit-il, excité malgré la frustration. Christian Horner, team principal, l’a choisi pour son « rythme brut et son potentiel » – et Hadjar sait : « Si c’est ce que j’apporte à Red Bull en 2026, ils auront plus qu’une monoplace l’an prochain. » Mais coéquipier de Max ? « Très dur », admet-il. Pourtant, il se sent « préparé » : podiums F3/F2, tests Red Bull (P15 Abu Dhabi rookie test), et une saison F1 où il a souvent devancé Lawson.
Une saison réussie, mais un final qui motive
51 points, podium, promotion Red Bull – une carte de visite en or. Mais ce top 10 perdu et cette course fade piquent. « Je me fiche complètement de cette course », dit-il, mais on sent la rage. 2026 ? Avec Verstappen, Hadjar n’aura pas droit à l’erreur. Et c’est tant mieux : la F1 adore les furieux.

