mercredi 18 février 2026

BYD mise sur des remises agressives pour faire de l’Allemagne son premier marché européen

BYD accélère son offensive en Allemagne en appliquant des remises massives sur plusieurs modèles phares, avec des rabais cumulés pouvant atteindre 16 000 € (combinaison de remises constructeur + aides publiques). L’objectif est clair : transformer l’Allemagne en son marché numéro un en Europe dès 2026, devant la France, le Royaume-Uni et la Norvège.

La stratégie s’appuie sur trois leviers principaux :

  • Remises constructeur directes : jusqu’à 10 000-12 000 € sur les Atto 3, Seal, Seal U et Dolphin selon les versions
  • Cumul avec le bonus écologique allemand (Umweltbonus) et les primes régionales (jusqu’à 4 000-6 000 € selon les Länder)
  • Offres de reprise avantageuses et LOA/LLD à loyers très bas (exemple : Atto 3 à partir de 199 €/mois avec apport modéré)

Ces opérations, lancées fin 2025 et renforcées en janvier-février 2026, permettent à BYD de proposer des SUV et berlines électriques premium à des tarifs souvent inférieurs de 15-25 % à ceux de Volkswagen ID.4, Skoda Enyaq, Tesla Model Y ou Hyundai Ioniq 5 sur le marché allemand.

Résultats commerciaux en Allemagne

Selon les immatriculations KBA (Kraftfahrt-Bundesamt) de janvier 2026, BYD a immatriculé 4 812 véhicules en Allemagne, soit +312 % par rapport à janvier 2025. Le Atto 3 domine largement (2 918 unités), suivi par le Seal (1 124) et le Seal U (770). Sur l’année 2025 complète, BYD a vendu environ 38 000 véhicules en Allemagne, contre 22 000 en France et 18 000 au Royaume-Uni. Si la tendance se maintient, l’Allemagne pourrait devenir le premier marché européen de la marque chinoise dès le second semestre 2026.

Les préoccupations des concessionnaires

Malgré ces volumes encourageants, plusieurs distributeurs allemands expriment des inquiétudes :

  • Valeur résiduelle (residual value) : les remises agressives font chuter la cote occasion. Un Atto 3 2025 revendu après 12 mois perd déjà 45-55 % de sa valeur catalogue, contre 30-40 % pour un ID.4 ou un Model Y.
  • Stock et rotation : certains showrooms accumulent des invendus 2025 à cause des ristournes sur les nouveaux millésimes 2026.
  • Marge concession : les remises usine réduisent fortement la marge brute des distributeurs, qui compensent parfois par des frais annexes ou des ventes forcées d’options/accessoires.

BYD répond à ces critiques en affirmant que la stratégie est temporaire (phase de conquête) et que les volumes élevés permettront de stabiliser les valeurs résiduelles à moyen terme, comme Tesla l’a fait entre 2020 et 2023.

Contexte européen et positionnement

L’Allemagne reste le marché automobile le plus important d’Europe (plus de 2,8 millions VN en 2025) et le plus sensible aux prix dans le segment électrique. BYD y vend déjà plus que MG, XPeng ou Nio réunis. La marque chinoise mise sur son avantage coût (batteries Blade LFP maison, production massive en Chine) pour maintenir des prix agressifs même après la fin des aides publiques en 2027.

Pour les clients allemands, l’équation est simple : un SUV électrique de 4,45 m avec 420 km WLTP, garantie batterie 8 ans/160 000 km et charge rapide 150 kW à partir de 28 000-32 000 € après aides reste très compétitif face aux constructeurs européens.

La question désormais : ces remises massives vont-elles stabiliser la marque sur le long terme ou créer un effet yo-yo sur les valeurs résiduelles et la perception premium ? Les prochains mois seront décisifs.

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Faris Bouchaala
Faris Bouchaala
Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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