Pour la première fois de son histoire, l’Union européenne a importé plus de voitures chinoises qu’elle n’en a exporté vers l’Empire du Milieu en 2025. Un basculement historique : le déficit commercial automobile atteint 2,3 milliards d’euros, contre un excédent de 15 milliards en 2022, selon le CLIFA (Comité de Liaison des Industries Fournisseurs de l’Automobile).
Pire, pour les pièces détachées, le trou creuse à 3,4 milliards d’euros. Face à cette « invasion » chinoise, les 3 600 équipementiers européens – 240 000 emplois, 52 milliards d’euros de CA – lancent un cri d’alarme : instaurez dès 2026 un label « Made in EU » avec 80 % de contenu local pour les voitures neuves et 70 % pour les pièces. Une mesure urgente pour éviter l' »effondrement » du tissu industriel, alors que 13 à 15 usines chinoises « tournevis » (assemblage SKD/CKD) s’implantent en Europe, avec seulement 30 % de valeur ajoutée locale. Tout va mal, et ce n’est que le début – une guerre commerciale que l’Europe risque de perdre sans réagir.
Un renversement brutal : de +15 milliards à -2,3 milliards en trois ans
Les chiffres du CLIFA, fédération des fournisseurs (FIEV, FFC, FIM, Forge Fonderie, GPA, Elanova), sont glaçants. En 2022, l’Europe exportait 15 milliards d’euros de voitures vers la Chine ; en 2025, elle en importe pour 2,3 milliards de plus qu’elle n’en vend. Pour les pièces, le déficit explose à 3,4 milliards, contre un excédent de 7,3 milliards en 2014. Résultat : 76 000 suppressions d’emplois annoncées depuis 2024, et des PME qui ferment (x4 les suppressions depuis 2020). L’Europe, berceau de l’auto (88 % de contenu local actuel), voit ses exportations chinoises stagner (+3 % pièces vs +67 % imports depuis 2021), plombées par les tariffs et la concurrence low-cost.
Le coupable ? Une offensive chinoise méthodique : BYD, Geely, Chery inondent avec des EV à prix cassés (20-30 % moins chers), et 13 usines « tournevis » annoncées (7 confirmées), assemblant des kits préfabriqués chinois avec 30-50 % de valeur locale. « C’est minuit moins le quart », alerte Jean-Louis Pech, président FIEV. En Amérique latine, même scénario : usines chinoises fleurissent, vidant les chaînes locales.
| Année | Balance commerciale UE-Chine (voitures neuves) | Déficit pièces (Md €) |
|---|---|---|
| 2022 | +15 Md € | +7,3 |
| 2025 | -2,3 Md € | -3,4 |
Le label « Made in EU » : 80 % local pour les voitures, 70 % pour les pièces
Face à ce tsunami, le CLIFA propose un bouclier : un label « Made in EU » dès 2026, avec seuils stricts calculés sur règles douanières (valeur produite en UE : matériaux, composants, transformation).
📖 Lire aussi :
- Voitures neuves : 80 % contenu local (hors batterie, pour cibler EV).
- Pièces détachées : 70 % moyenne.
Plus qu’un badge : intégrer le label aux bonus, marchés publics, aides (conditionner ZFE, superbonus). Feuille de route 2025-2030 : progressivité, mais fermeté pour préserver 88 % actuel (voitures) et 77 % (pièces). Renault propose 60 % moyen (incluant imports), mais CLIFA rejette : « C’est opaque, pas un bouclier. » L’Allemagne hésite (dépendance Chine), France/Italie poussent fort.
Sylvain Broux, président CLIFA : « Sans filet, l’auto suit le textile : emplois perdus, souveraineté érodée. » Gerpisa (rapport avril 2025) appuie : 88 % local actuel, mais EV à 40-60 % (batteries asiatiques).
Impacts : 3 600 entreprises, 240 000 emplois en péril
Ces 3 600 équipementiers (FIEV, FFC, FIM, Forge, GPA, Elanova) génèrent 52 milliards de CA, mais importent +67 % pièces chinoises (boîtes, pare-chocs, pneus). Acquisitions étrangères : 16 milliards de dollars d’actifs européens rachetés par Chinois/Américains. Sans label, « désindustrialisation massive » : PME ferment, France perd souveraineté (pièces introuvables). En Amérique latine, même : usines chinoises vident les chaînes locales.
La faute à l’Europe ? Ouverture déraisonnée et divisions internes
Le CLIFA pointe la Commission : ouverture sans filet (tariffs bas 3-4,5 % pièces), divisions UE (Allemagne vs France). Paquet auto (10 décembre 2025) attendu : contenu local harmonisé ? Sans ça, « l’auto suit le textile » (Hervé Gestas, Forge Fonderie).
Urgence label, ou effondrement inévitable
Déficit 2,3 Md € voitures + 3,4 Md pièces = alarme rouge. Label 80/70 % est un bouclier malin, mais divisions UE freinent. L’Europe doit choisir : protection ou disparition.

