Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya a estimé mardi à Alger que l’augmentation des prix des carburants contenue dans le projet de loi des finances complémentaire (PLFC) 2020 aura un effet limité sur le coût d’exploitation des véhicules mais permettra de réduire le gaspillage de cette matière essentielle.

Répondant aux préoccupations des membres du Conseil de la nation lors d’une plénière consacrée au débat du PLFC 2020, présidée par Salah Goudjil, président du Conseil par intérim, en présence de membres du Gouvernement, M. Raouya a évoqué une étude élaborée par le ministère des Travaux publics et des transports sur l’impact de ces augmentations qui ne représentant qu’un taux de 5% pour le mazout et de 3% pour l’essence.

Le ministre a affirmé, dans ce cadre, que cette augmentation permettra de réduire “la surconsommation de cette matière essentielle” et “la subvention indirecte de l’Etat à ce produit”, outre l’orientation des consommateurs vers l’utilisation du GPL.

Concernant le financement de l’investissement soulevé par les membres du Conseil de la nation, M. Raouya a fait savoir que la décision de l’approbation des produits de la finance islamique est un pas important susceptible de mobiliser une bonne partie des ressources thésaurisées détenues par les opérateurs économiques et qui désirent les investir dans un système en adéquation avec leurs exigences en la matière.                                                 

Selon le premier argentier du pays, les banques activant en Algérie mettront leurs nouveaux produits sur le marché “dans les plus brefs délais”.

Pour ce qui est des biens de l’Etat, le ministre a mis l’accent sur le projet de réalisation des bases de données au niveau des conservations foncières dans le cadre de la numérisation. Ces bases de données contiennent les informations relatives à plus de 10 millions fichiers fonciers ainsi que la désignation et le contenu des biens immobiliers, les droits en nature, les servitudes et les hypothèques.

Affirmant que le taux de mise en œuvre de ce projet était de 96%, M. Raouya a affirmé que cette étape serait suivie de la mise en place d’un système centralisé à travers un centre national de traitement des documents immobiliers.

S’agissant de la révision de la politique de subvention évoquée par nombre de sénateurs, le ministre des Finances a fait état de la création d’une nouvelle agence nationale pour la mise en œuvre du programme de ciblage et d’indemnisation des familles qui seront impactées par la réforme de cette politique.

Et de préciser que “le gouvernement s’attèle à la mise en place, à court terme, d’un mécanisme de ciblage de ces subventions afin de rationaliser les dépenses publiques et de faire preuve d’une meilleure équité, et partant une subvention plus efficace en matière de lutte contre le gaspillage et la contrebande”.

Concernant la baisse des dépenses d’équipement de 10,5% au titre de ladite loi, M. Raouya a souligné que cette baisse n’aurait pas un impact sur la relance économique. Cette réduction était conforme aux capacités d’absorption des investissements, évaluées à une moyenne annuelle de 2.600 milliards DA, a-t-il expliqué.         

Pour ce qui a trait à la collecte des impôts et la lutte contre l’évasion fiscale, le ministre a indiqué que les opérations de contrôle fiscal effectuées en 2019 ont permis la perception d’un montant total de droits et d’amendes de 100 milliards DA.

Pour lui, cette augmentation est le résultat de plusieurs mesures prises à l’effet de faire face au problème de l’évasion fiscale, dont, notamment, la création de services spécialisés en matière de recherche d’informations afin d’assurer la recherche et l’anticipation des activités parallèles et d’élever le niveau de coordination et d’échange d’informations entre l’administration fiscale et les autres organismes concernés tels les Douanes et le secteur de l’Industrie.

Il a en outre souligné qu’il “est possible de collecter le triple de ce montant, avec le lancement du système informatisé de l’administration fiscale”.