mercredi 18 février 2026

La Dacia Sandero n’est plus leader des ventes du Groupe Renault !

Pour la première fois depuis 2014, la Dacia Sandero perd sa place de modèle le plus vendu du groupe Renault à l’échelle mondiale. Avec 306.982 unités écoulées en 2025 contre 299.954 pour la Sandero, la Renault Clio reprend sa couronne historique et signe la fin d’une décennie de domination du best-seller low-cost roumain.

Le basculement était attendu depuis plusieurs mois par les observateurs du secteur, mais les chiffres définitifs publiés par le groupe Renault en janvier 2026 confirment un tournant stratégique majeur. Selon les données officielles, la Renault Clio a totalisé 306.982 unités vendues dans le monde en 2025, soit une progression de 6,2% par rapport à 2024.

Dans le même temps, la Dacia/Renault Sandero affiche 299.954 unités, en recul de 9,2%. Un écart de 7.028 véhicules qui peut sembler modeste, mais qui marque symboliquement la fin d’une ère pour le constructeur franco-roumain.

Un recul qui s’explique par deux facteurs structurels

La chute de près de 10% des volumes de la Sandero ne doit rien au hasard. Elle résulte d’une double dynamique qui recompose progressivement l’offre du groupe Renault sur les marchés émergents et en Europe.

Le premier facteur tient à l’arrivée du Renault Kardian. Lancé fin 2024 et produit au Brésil, ce crossover compact reprend une large partie des composants techniques de la Sandero tout en adoptant un design plus moderne et une offre incluant l’hybridation. Son succès commercial a été fulgurant : de 15.445 unités en 2024, le Kardian a bondi à 49.403 exemplaires en 2025, captant mécaniquement une partie significative de la clientèle qui se tournait auparavant vers la Sandero badgée Renault sur les marchés d’Amérique latine et du Maghreb.

Cette cannibalisation organisée se lit clairement dans la répartition des ventes de Sandero entre les deux marques. En 2024, le modèle totalisait 330.296 unités, dont 309.392 sous badge Dacia et 20.904 sous logo Renault. En 2025, la version Renault Sandero s’effondre à seulement 10.659 exemplaires, soit une division par deux, tandis que la Dacia Sandero se maintient à 289.295 unités, en recul plus modéré de 6,5%.

Le second facteur relève du cycle de vie naturel du produit. La Sandero actuelle, troisième génération restylée en 2025, approche de ses quatre années d’existence. Comme tout modèle arrivant à mi-carrière, elle subit un tassement des ventes avant la prochaine génération attendue en 2027/2028. Sur le marché européen, où elle concentre l’essentiel de ses volumes sous badge Dacia, la berline compacte roumaine reste néanmoins solidement ancrée dans le paysage automobile.

Les données du troisième trimestre 2025, publiées par Renault Group en octobre, rappelaient d’ailleurs que la Dacia Sandero confirmait « son succès en étant le véhicule le plus vendu en Europe, tous canaux confondus, avec 66.233 unités au 3ème trimestre et 218.089 depuis janvier ». Une performance qui relativise le recul mondial en soulignant la persistance de son attractivité sur le Vieux Continent.

La Clio profite de sa stratégie multi-énergies

À l’inverse, la Renault Clio bénéficie pleinement de sa montée en puissance sur plusieurs fronts. Disponible en motorisations essence, diesel, hybride et même en version full hybrid E-Tech sur certains marchés, elle répond à toutes les demandes d’une clientèle européenne en pleine transition énergétique.

Sur le seul marché français, la Clio a réalisé une année exceptionnelle. Selon les données compilées en janvier 2026, la citadine a totalisé 101.892 immatriculations en 2025, soit une progression de 11,4%, creusant nettement l’écart avec sa rivale historique, la Peugeot 208, tombée à 73.092 unités. Cette domination hexagonale s’est doublée d’une performance remarquable à l’international, notamment en Turquie et sur certains marchés d’Amérique latine où la Clio conserve une image premium par rapport à la Sandero.

Le lancement de la sixième génération de Clio, dévoilée fin 2025 et dont la commercialisation démarre véritablement début 2026, devrait consolider cette dynamique. Renault mise sur ce renouvellement pour maintenir son avance dans les mois à venir.

Un nouveau top 10 qui reflète les mutations du groupe

Au-delà du duel Clio-Sandero, le classement des dix modèles les plus vendus du groupe Renault en 2025 illustre les profondes transformations en cours. Selon les chiffres officiels publiés par L’Argus, le Duster occupe la troisième place avec 258.344 unités, en léger recul de 1,7%.

Plus révélateur encore, l’irruption de nouveaux modèles dans ce top 10. La Renault 5 électrique s’installe directement en septième position avec 82.919 unités, affichant une croissance explosive de 528,2% dès sa première année pleine de commercialisation. Cette performance valide la stratégie d’électrification du groupe et confirme l’appétit du marché pour ce modèle iconique réinterprété en version zéro émission.

Le Renault Symbioz, crossover compact hybride lancé en 2024, se positionne également parmi les best-sellers avec des volumes significatifs. Côté Dacia, le Bigster tout juste lancé a démarré en trombe avec plus de 67.000 unités écoulées, s’installant d’emblée dans le top 10 du groupe.

À l’inverse, certains modèles accusent des reculs marqués. Le Jogger affiche une chute de 23,6% à 73.349 unités, pénalisé par une concurrence accrue sur le segment des breaks familiaux compacts et par l’arrivée du Bigster qui capte une partie de la clientèle en quête d’espace et de polyvalence.

Des implications stratégiques pour les deux marques

Ce changement de leadership entre Clio et Sandero traduit une évolution plus profonde de la stratégie du groupe Renault. Pour la marque au losange, il s’agit de reprendre la main sur le segment B, historiquement son territoire de chasse privilégié, tout en poussant l’électrification avec la R5 et en montant en gamme avec des modèles comme l’Austral ou le Rafale.

Pour Dacia, la Sandero reste le modèle numéro 1 de la marque avec 289.295 unités, soit plus de 40% des volumes totaux de la marque roumaine qui a écoulé 697.408 véhicules en 2025. Mais le constructeur low-cost ne peut plus compter sur la seule domination de sa berline compacte pour porter sa croissance. Le Duster et surtout le nouveau Bigster devront prendre le relais pour maintenir la dynamique.

Un groupe tiré par ses nouveaux modèles

Au niveau global, Renault Group peut se féliciter d’une année 2025 correcte malgré un contexte difficile. Selon les données officielles, le groupe a commercialisé 2.336.807 véhicules neufs dans le monde, soit une croissance de 3,2% par rapport à 2024. Cette progression a été essentiellement portée par les marchés internationaux, qui représentent désormais 31% des volumes totaux.

Renault précise que les meilleures performances ont été enregistrées en Argentine (+65,8%), en Corée du Sud (+31,2%) et au Maroc (+31,4%). C’est d’ailleurs au Maroc que le groupe affiche sa plus forte part de marché avec 37,8%, grâce à la domination de Dacia et à la présence d’une usine de production locale à Casablanca.

À l’inverse, certains marchés historiques ont déçu. Les Pays-Bas ont vu les ventes du groupe s’effondrer de 30,8%, tandis que l’Inde, quinzième marché mondial pour Renault, a reculé de 8,8%, illustrant les difficultés persistantes du constructeur français sur le sous-continent.

Pour 2026, le groupe mise sur le lancement de plusieurs modèles stratégiques : le Boreal en Amérique latine et Turquie, une version spécifique du Duster pour l’Inde, le Filante destiné à la Corée du Sud et aux marchés internationaux, ainsi qu’un nouveau pick-up Renault pour l’Amérique latine. Autant de paris pour maintenir la dynamique de croissance sur les marchés émergents, qui constituent désormais le principal relais de croissance du groupe.

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Faris Bouchaala
Faris Bouchaala
Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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