Tesla Cybercab, le robotaxi sans volant ni pédales d’Elon Musk avance vers la réalité malgré un démarrage annoncé « douloureusement lent ». Tests hivernaux extrêmes en Alaska, prix cible de 30 000 dollars et coût d’exploitation visé à 0,20 dollar par mile pour concurrencer Waymo et Cruise.
Elon Musk ne lâche rien sur son pari le plus audacieux. Le Tesla Cybercab, ce robotaxi sans volant ni pédales dévoilé lors de l’événement « We, Robot » en octobre 2024, avance rapidement vers la concrétisation. À quelques mois seulement du calendrier annoncé, Tesla confirme que la production en volume démarrera en avril 2026, même si le patron de la firme texane tempère les attentes en évoquant un démarrage « agonizingly slow » – douloureusement lent – avant une montée en puissance explosive.
Entre tests extrêmes menés en Alaska, prototypes surpris dans la neige du Massachusetts et promesses d’efficacité record, le Cybercab s’impose comme le pari le plus radical de Tesla depuis le Cybertruck.
Design futuriste sans aucun compromis
Oubliez les berlines classiques. Le Cybercab constitue une capsule autonome biplace dépourvue de rétroviseurs traditionnels remplacés par des caméras, sans vitre arrière fixe et surtout dépourvue de tout organe de conduite manuel. Sa silhouette anguleuse inspirée du Cybertruck mais nettement plus compacte mise entièrement sur l’aérodynamisme et la simplicité pour minimiser les coûts et maximiser l’autonomie.
L’intérieur adopte un minimalisme high-tech radical : deux sièges face à face, un immense écran panoramique incurvé, un éclairage d’ambiance et rien d’autre. Pas de volant, pas de pédales, pas de tableau de bord classique. L’habitacle a été conçu exclusivement pour le confort en mode passager, avec un accent mis sur l’espace et l’expérience immersive via l’intelligence artificielle de Tesla.
L’unboxed manufacturing pour produire une voiture toutes les 5 secondes
Tesla mise sur son processus révolutionnaire « unboxed » (déboîté) pour produire le Cybercab à une cadence totalement inédite. L’objectif affiché atteint un véhicule toutes les 5 à 10 secondes en régime de croisière, contre 34 secondes pour un Model Y actuellement. Mais Elon Musk s’est montré clair dans ses récents posts sur X : les débuts seront extrêmement lents en raison du nombre massif de nouvelles pièces et d’étapes de fabrication.
La courbe de production suivra un S classique – démarrage lent, puis croissance exponentielle. Le lancement est prévu pour avril 2026 avec un prix cible tournant autour de 30 000 dollars (approximativement 28 000 euros), positionnant le Cybercab comme l’un des véhicules autonomes les plus accessibles du marché.
Les propriétaires pourront intégrer leur Cybercab au réseau Robotaxi de Tesla pour générer des revenus passifs automatiques, ou constituer une flotte dédiée pour exploitation commerciale intensive.
Efficacité record visée à 0,20 dollar par mile
Elon Musk multiplie les annonces concernant l’efficacité exceptionnelle du Cybercab. Grâce à une batterie compacte estimée entre 35 et 50 kWh, un poids plume et une aérodynamique particulièrement soignée, Tesla vise un coût d’exploitation inférieur à 0,20 dollar par mile (environ 0,12 euro par kilomètre).
Ce tarif représente 5 à 10 fois moins cher qu’un Uber classique aujourd’hui, et se situe largement en dessous des concurrents comme Waymo ou Cruise. L’autonomie devrait dépasser les 400 à 500 kilomètres, capacité largement suffisante pour une utilisation intensive en robotaxi urbain enchaînant les courses quotidiennes.
Tests hivernaux extrêmes en conditions réelles
En ce mois de janvier 2026, les prototypes Cybercab enchaînent les tests hivernaux dans des conditions extrêmes. Des unités ont été aperçues dans le nord de Boston affrontant des températures de -16°C, et Tesla confirme des essais menés en Alaska – le sixième État américain concerné par ces validations poussées.
Ces tests en conditions réelles – neige abondante, verglas, températures glaciales – s’avèrent cruciaux pour affiner le FSD (Full Self-Driving) version 5 ou 6 qui équipera le véhicule. Tesla insiste lourdement : pas de simulation pure, mais du vrai monde pour atteindre la fiabilité correspondant aux niveaux 4 et 5 d’autonomie complète.
Bataille acharnée du robotaxi face à Waymo
Le Cybercab débarque dans un segment en ébullition totale. Waymo domine déjà plusieurs villes américaines avec ses flottes opérationnelles, Zoox propriété d’Amazon et Cruise appartenant à GM progressent également, mais Tesla parie sur son avantage logiciel massif – des milliards de miles collectés via sa flotte mondiale – et son échelle de production industrielle inégalée.
Si le démarrage avril 2026 se confirme, même lent initialement, Tesla pourrait rapidement inonder le marché et rendre le transport autonome abordable pour tous les usagers urbains. Cette démocratisation tarifaire changerait radicalement les habitudes de mobilité dans les grandes métropoles.
L’épineuse question réglementaire
Reste la problématique réglementaire cruciale : l’approbation pour des véhicules dépourvus de commandes manuelles varie énormément selon les pays et juridictions. Aux États-Unis, Tesla mise sur des lancements progressifs – Austin et d’autres villes testent déjà des Model Y autonomes – avant une expansion globale ultérieure.
L’Europe et l’Asie présenteront des défis réglementaires probablement plus complexes nécessitant des adaptations spécifiques et des processus d’homologation potentiellement longs.
Le Cybercab n’est plus un concept mais une réalité imminente
Le Cybercab ne constitue plus un simple concept futuriste. Il entre en phase de maturation finale concrète. Avril 2026 marquera le début d’une ère où les voitures se conduiront effectivement elles-mêmes et où Tesla pourrait bien redéfinir complètement la mobilité urbaine mondiale.
Les prochains mois s’annoncent électriques avec la montée en puissance progressive de cette production révolutionnaire qui pourrait transformer radicalement notre rapport au transport individuel et collectif dans les zones urbaines denses. Le pari fou d’Elon Musk sur la conduite autonome totale entre dans sa phase de vérité industrielle.
