Toyota Motor Europe (TME) annonce l’ouverture prochaine de sa deuxième usine dédiée à l’économie circulaire, implantée à Walbrzych en Pologne.
Ce site de 25 000 m² traitera annuellement près de 20 000 véhicules en fin de vie (VHU), marquant une nouvelle étape dans la stratégie du groupe pour atteindre une activité totalement circulaire et neutre en carbone d’ici 2050.
L’usine s’appuiera sur une approche globale des 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler) : démontage systématique, évaluation des composants réutilisables, reconditionnement (batteries, roues, modules électroniques), récupération de matières premières (cuivre, acier, aluminium, plastiques) et réinjection dans la production de véhicules neufs. Elle étend les activités existantes du site de Walbrzych, déjà dédié à la fabrication de composants pour motorisations thermiques et hybrides Toyota.
Leon van der Merwe, Vice-président de Toyota Motor Europe en charge de l’économie circulaire :
« Il s’agit de notre deuxième usine circulaire en Europe après Burnaston (Royaume-Uni), ouverte en 2025 et devenue notre référence opérationnelle. Nous avons choisi la Pologne pour son potentiel d’approvisionnement en VHU, ses filières de recyclage amont et aval, et la présence de notre infrastructure de production locale. Des investissements similaires sont prévus sur d’autres marchés européens dans les années à venir. »
Une usine intégrée à la stratégie carbone
La circularité est un levier majeur pour la neutralité carbone de Toyota. En réutilisant et recyclant les matériaux, l’usine réduit la demande de matières premières primaires à forte empreinte carbone (extraction minière, raffinage). Elle renforce également la résilience des chaînes d’approvisionnement face aux tensions géopolitiques et aux pénuries de métaux rares.
Le site de Walbrzych appliquera des standards stricts :
- Triage et diagnostic des composants (batteries, moteurs électriques, électronique)
- Reconditionnement pour réemploi dans le réseau après-vente ou en usine
- Recyclage des matières non réutilisables avec traçabilité complète
- Utilisation d’énergie renouvelable pour alimenter les opérations
Ce projet s’inscrit dans le plan global Toyota « Challenge 2050 » : zéro émission CO₂ sur l’ensemble du cycle de vie des véhicules, avec des étapes intermédiaires ambitieuses sur les VHU d’ici 2030.
Contexte européen et ambitions
L’Europe reste un marché clé pour Toyota, qui y vend plus de 1,1 million de véhicules par an. L’usine de Burnaston (Royaume-Uni) traite déjà plusieurs milliers de VHU chaque année et sert de référence technique. Walbrzych, avec sa proximité des usines polonaises de moteurs et transmissions, permet une intégration verticale forte : les matériaux récupérés pourront alimenter directement les lignes de production locales.
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Cette annonce intervient alors que l’Union européenne renforce ses exigences sur le recyclage des batteries (règlement 2023/1542) et impose des taux de réincorporation de matériaux recyclés dans les nouveaux véhicules (jusqu’à 16 % de cobalt et 6 % de lithium d’ici 2031). Toyota anticipe ces contraintes en développant une filière circulaire autonome.
Le groupe prévoit d’étendre ce modèle à d’autres pays européens (Espagne, République tchèque, France) dans les prochaines années, avec un objectif de traiter plusieurs centaines de milliers de VHU par an d’ici 2030.
