Le titre fait peur, mais le périmètre rassure. Rappel Conso, la plateforme gouvernementale chargée d’alerter sur les produits défectueux, a mis à jour le mardi 12 mai une fiche concernant les Renault 5 E-Tech et Renault 4 E-Tech, initialement publiée le 20 mars.
Une anomalie identifiée sur certaines cellules de batterie peut, dans le pire des scénarios, entraîner un risque d’incendie. Mais avant de céder à la panique : seulement 19 véhicules sont concernés sur le territoire français, dont 13 Renault 5 et 6 Renault 4. Une opération circonscrite, donc, mais qui mérite d’être expliquée en détail tant les enjeux de sécurité électrique font légitimement débat.
Ce que dit l’avis officiel
Selon les termes de l’avis publié sur Rappel Conso et relayé sur le site de la Commission européenne, le défaut provient d’une anomalie de production dans l’installation d’un fournisseur de cellules. Cette anomalie peut entraîner le délaminage de l’anode dans une cellule de batterie, c’est-à-dire un détachement progressif du matériau actif de l’électrode. Conséquence en cascade : le collecteur et le séparateur de courant peuvent être endommagés, ce qui peut provoquer un court-circuit interne dans la batterie de traction.
Les manifestations possibles, par ordre de gravité croissante : une perte d’autonomie, une incapacité à recharger, et dans le scénario extrême, un emballement thermique pouvant déclencher un incendie. Le délaminage d’anode est un phénomène relativement bien connu dans la chimie lithium-ion, qui survient en général soit par défaut d’enduction lors de la fabrication, soit par contraintes mécaniques ou électrochimiques en service. Sa détection précoce reste difficile sans démontage de la cellule.
Les véhicules concernés : production de 47 jours seulement
Le périmètre est strictement défini. Sont concernés uniquement les exemplaires produits entre le 12 décembre 2025 et le 28 janvier 2026, soit environ sept semaines de production. Les références CE (numéro d’homologation européen) indiquées sur la fiche officielle sont les suivantes : e22018/8580009305 pour les Renault 5 E-Tech, et g112018/8580075804 pour les Renault 4 E-Tech.
Les batteries équipant les deux modèles sont identiques : quatre modules contenant chacun 46 cellules NMC (nickel-manganèse-cobalt), pour une capacité totale de 52 kWh. C’est cette même architecture qui se retrouve sur l’ensemble du programme E-Tech basé sur la plateforme AmpR Small. Pour vérifier si son véhicule est concerné, le plus simple consiste à comparer la date de production figurant sur la plaque constructeur, accessible dans le manuel ou sur le montant de porte conducteur.
Pourquoi seulement 19 véhicules en France
C’est l’élément qui remet l’affaire à sa juste mesure. Sur l’ensemble des Renault 5 et R4 sorties d’usine durant cette fenêtre temporelle, la majorité a été expédiée vers les marchés européens — Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas notamment. Le contingent restant en France représente exactement 19 unités : 13 Renault 5 et 6 Renault 4. Une opération de rappel donc, mais à très petite échelle au regard des dizaines de milliers d’unités produites chaque mois sur le site de Douai.
Pour mémoire, en mars dernier, Renault avait déjà procédé à un rappel d’une autre nature touchant plus de 30 000 véhicules de sa gamme. La comparaison entre les deux périmètres permet de relativiser. Les propriétaires concernés par le rappel actuel ont été contactés individuellement par leur concessionnaire. Si vous possédez l’un des modèles correspondants et que vous n’avez reçu aucun courrier, il y a toutes les chances que votre véhicule soit hors périmètre — ce qui n’empêche pas de vérifier par précaution en composant son numéro VIN auprès du service client Renault.
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Procédure et prise en charge
Les propriétaires identifiés doivent prendre contact avec leur concessionnaire pour planifier une intervention. Selon les retours des forums spécialisés, la procédure consistera à diagnostiquer les cellules suspectes et, le cas échéant, à remplacer le module concerné — voire la batterie complète selon le niveau de défaut détecté. La prise en charge est intégralement assurée par le constructeur, qui se retournera ensuite vers le sous-traitant fournisseur des cellules. Aucun frais ne doit être réclamé au client.
À noter qu’aucun incident n’a été rapporté à ce jour sur la route, l’anomalie ayant été identifiée en amont via les contrôles qualité du constructeur. La démarche relève donc d’une mesure préventive et non d’une réaction à des sinistres avérés.
Un rappel à mettre en perspective
L’affaire pose, comme tous les rappels de ce type, la question plus large de la fiabilité des batteries lithium-ion sur les véhicules électriques. Renault n’est ni le premier ni le dernier constructeur à devoir gérer ce type d’anomalie de cellules : Volvo a rappelé récemment son EX30 pour un défaut similaire, et la liste des rappels batterie sur le marché mondial s’allonge à mesure que la production électrique monte en cadence. Sur ce terrain, le losange a au moins le mérite d’avoir réagi rapidement et avec transparence, là où certains de ses concurrents ont mis des mois — voire des années — à reconnaître des défauts pourtant établis.
La vraie question, pour les propriétaires, n’est donc pas de savoir si leur véhicule risque de prendre feu — la probabilité reste statistiquement très faible —, mais simplement de s’assurer que leur exemplaire est bien hors périmètre. Un appel au concessionnaire, ou une consultation de son numéro VIN sur le portail Renault, suffit à lever le doute en quelques minutes.

