Les SUV électriques de Ford, Explorer et Capri, gagnent 70 km d’autonomie WLTP grâce à la chimie Lithium-Fer-Phosphate. Puissance en hausse de 10% atteignant 190 chevaux et 350 Nm avec 0 à 100 km/h en 8 secondes. Recharge rapide à 110 kW permettant 10-80% en moins de 30 minutes.
Ford n’a pas attendu un restylage ou une nouvelle génération pour corriger le tir. En ce début 2026, la marque américaine apporte une évolution technique de fond à ses Explorer et Capri 100% électriques, en ciblant précisément les versions dites « Autonomie Standard ». Un choix loin d’être anodin puisque ce sont ces déclinaisons qui concentrent l’essentiel des volumes et cristallisent les attentes des clients encore hésitants face à l’électrique.
Résultat : plus d’autonomie, argument de poids pour les acheteurs. En Europe, les ventes des Explorer et Capri ne sont absolument pas à la hauteur des attentes de la marque américaine, rendant cette évolution technique d’autant plus cruciale pour redresser les chiffres commerciaux.
Autonomie dépassant enfin le seuil psychologique
C’était l’un des points sensibles des Explorer et Capri électriques d’accès. Désormais, Ford franchit clairement un cap. L’Explorer revendique plus de 440 kilomètres d’autonomie WLTP, tandis que la Capri tutoie les 465 kilomètres. Une progression de l’ordre de 70 kilomètres qui change concrètement l’usage au quotidien, notamment pour ceux n’ayant pas accès à une recharge systématique à domicile.
Dans un segment où des modèles comme le Peugeot e-3008 ou le Volkswagen ID.4 jouent déjà la carte des 500 kilomètres en version optimisée, Ford n’atteint pas encore les sommets. Mais en entrée de gamme, ces chiffres replacent clairement l’Explorer et la Capri dans la course, là où ils semblaient auparavant un peu justes pour convaincre au-delà des convaincus.
Batterie LFP comme choix stratégique assumé
Le véritable tournant technique se situe sous le plancher. Ford adopte une batterie Lithium-Fer-Phosphate pour ces versions standard. Moins dense énergétiquement que les cellules NMC, mais bien plus endurante et surtout plus tolérante à la recharge quotidienne à 100%. Un détail en apparence, mais un argument clé pour l’utilisateur lambda qui n’a plus à jongler avec des limites de charge pour préserver la longévité de sa batterie.
Ce choix rapproche Ford de certaines stratégies déjà vues chez Tesla sur ses Model 3 et Model Y d’entrée de gamme, ou chez plusieurs constructeurs chinois ayant largement adopté cette chimie pour les versions accessibles de leurs modèles électriques.
La technologie LFP offre également l’avantage d’une meilleure stabilité thermique réduisant les risques d’emballement, ainsi qu’une durée de vie potentiellement supérieure avec moins de dégradation des performances après plusieurs années d’utilisation intensive.
Performances en nette hausse sans surenchère
Ford ne s’est pas contenté d’allonger l’autonomie. Le moteur électrique évolue lui aussi avec plus de 10% de gain en puissance et en couple. Les Explorer et Capri « Autonomie Standard » affichent désormais 190 chevaux et 350 Nm, de quoi assurer des accélérations franches et cohérentes avec leur positionnement.
Le 0 à 100 km/h tombe à 8 secondes, chiffre les plaçant dans la moyenne haute du segment sur des versions d’entrée de gamme. Cette amélioration des performances dynamiques répond aux critiques initiales concernant le manque de vivacité ressenti sur les premières versions commercialisées.
Côté recharge, Ford reste pragmatique. La puissance maximale annoncée atteint 110 kW en courant continu, permettant de passer de 10 à 80% en moins de trente minutes dans des conditions idéales. Ce n’est pas la meilleure valeur du marché, mais elle reste cohérente avec la philosophie LFP et l’usage visé.
Difficultés commerciales persistantes en Europe
Ces améliorations techniques interviennent dans un contexte commercial difficile pour Ford sur le marché européen des véhicules électriques. Les ventes des Explorer et Capri restent très en deçà des objectifs initiaux de la marque américaine, confrontée à une concurrence féroce des constructeurs européens établis et des nouveaux entrants chinois proposant des rapports équipement-prix particulièrement agressifs.
L’adoption de batteries LFP et l’amélioration de l’autonomie constituent donc des corrections nécessaires pour tenter de reconquérir des parts de marché sur ce segment stratégique des SUV électriques moyens où se concentrent les volumes de ventes.
Attention à la décote sur l’occasion
Les ventes de voitures électriques d’occasion confirment les attentes des consommateurs : les voitures électriques avec des batteries de taille moyenne trouvent plus difficilement preneur, avec un délai de revente proche de six mois. Il vaut mieux y réfléchir avant de succomber à une offre « premier prix » associée à des batteries limitant les usages et compliquant la revente.
Sur ce type de modèle, un leasing s’avère moins risqué financièrement qu’un achat comptant, permettant de ne pas supporter la décote importante généralement constatée sur les véhicules électriques d’entrée de gamme lors de leur passage sur le marché de l’occasion.
Cette problématique de valeur résiduelle constitue un frein majeur à l’adoption des véhicules électriques, particulièrement pour les versions dotées de batteries de capacité limitée ne permettant pas une polyvalence d’usage comparable aux modèles thermiques équivalents.
Positionnement tarifaire à préciser
Ford n’a pas encore communiqué sur l’évolution tarifaire accompagnant ces améliorations techniques. Le maintien des prix actuels renforcerait significativement l’attractivité commerciale de ces versions, tandis qu’une hausse même modérée pourrait annuler l’effet bénéfique des gains d’autonomie et de performances face à une concurrence positionnée de manière très agressive.
La stratégie de Ford consiste manifestement à corriger rapidement les lacunes identifiées sur les premières versions commercialisées plutôt que d’attendre un cycle produit complet, approche pragmatique témoignant de l’urgence de redresser les ventes européennes de ces deux modèles stratégiques pour l’offensive électrique de la marque américaine sur le Vieux Continent.
Ces évolutions placent désormais les Explorer et Capri dans une position plus compétitive face aux références établies du segment, même si la bataille commerciale reste difficile face à des concurrents bénéficiant d’une meilleure image sur le marché européen des véhicules électriques.