Le constructeur russe Volga, marque historique du groupe GAZ, prépare son grand retour avec une gamme entièrement nouvelle composée de deux SUV et d’une berline. Après des années d’absence sur le marché des particuliers, Volga relance une offensive industrielle soutenue par le gouvernement russe et un partenaire technologique probablement chinois.
L’usine choisie pour cette renaissance est l’ancien site Volkswagen/Skoda de Nijni Novgorod, repris par GAZ après le retrait de Volkswagen en 2022. Les infrastructures de production sont actuellement en cours d’installation et de modernisation. La pré-production débutera au deuxième trimestre 2026, avec un démarrage de la production en série prévu pour le second semestre (juillet-septembre). Les commandes aux particuliers devraient ouvrir dès le début de l’automne 2026.
La capacité nominale de l’usine est fixée à 110 000 véhicules par an, un volume ambitieux qui permettrait à Volga de viser rapidement une place significative sur le marché russe des SUV et berlines familiales.
Des modèles encore secrets, mais déjà une piste solide
Aucun visuel officiel ni nom définitif n’a été communiqué pour l’instant. Cependant, plusieurs sources concordantes (dont des déclarations de responsables GAZ et des fuites industrielles) pointent vers une collaboration étroite avec un constructeur chinois, très probablement Geely. Le premier SUV Volga serait ainsi une adaptation localisée du Geely Monjaro (alias Xingyue L sur le marché chinois), un grand SUV premium de 4,77 m déjà vendu avec succès en Russie sous badge Geely depuis 2023.
Le reste de la gamme (un second SUV plus compact et une berline familiale) devrait suivre la même logique : des plateformes chinoises éprouvées, adaptées aux exigences russes (suspensions renforcées, garde au sol augmentée, protection sous caisse, chauffage renforcé, compatibilité carburants locaux). Le degré d’intégration locale reste la grande inconnue : assemblage CKD (Complete Knock Down) à partir de kits importés ou production plus profonde avec tôlerie, peinture et composants fabriqués sur place ? Les investissements actuels à Nijni Novgorod penchent plutôt vers un CKD poussé, avec une montée progressive en localisation.
Contexte et enjeux stratégiques
Le retour de Volga s’inscrit dans la volonté russe de reconstruire une industrie automobile autonome après le départ de la plupart des constructeurs occidentaux (Volkswagen, Mercedes, BMW, Toyota, Renault, etc.) en 2022-2023. GAZ, qui produit déjà les Lada Granta et Niva Legend sous licence AvtoVAZ, voit dans Volga une marque premium nationale capable de concurrencer les importations chinoises (Chery, Geely, Haval, Changan) et les modèles locaux rebadgés.
Le positionnement prix sera déterminant : les SUV Volga devraient se situer entre 2,5 et 4 millions de roubles (25 000 à 40 000 €), avec des motorisations essence et hybrides simples (probablement 1.5 T et 2.0 T Geely). Pas d’électrique pur annoncé pour le lancement, la Russie privilégiant encore les thermiques et hybrides rechargeables face aux contraintes d’infrastructure.
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Perspectives et interrogations
Si le projet aboutit comme prévu, Volga pourrait redevenir une marque visible sur les routes russes d’ici fin 2026. Le choix de Nijni Novgorod, avec ses infrastructures modernes héritées de Volkswagen, est un atout majeur. Mais les défis sont nombreux : approvisionnement en composants, qualité perçue, concurrence chinoise directe et sanctions internationales qui compliquent les transferts technologiques.
Affaire à suivre de près dans les prochains mois : premières images officielles attendues au printemps, premières livraisons clients à l’automne 2026.
