Le cercle rapproché de Michael Schumacher, le septuple champion du monde, révélé par Bild – Jean Todt, Ross Brawn et trois anciens pilotes autorisés à lui rendre visite
Presque douze ans. C’est le temps écoulé depuis que Michael Schumacher a disparu de la vie publique suite à son terrible accident de ski survenu à Méribel en décembre 2013. Le septuple champion du monde de Formule 1 vit reclus dans sa résidence suisse de Gland, protégé par un mur de silence que sa famille maintient avec une détermination absolue. Une nouvelle indiscrétion venue d’Allemagne apporte quelques précisions sur l’organisation de ce huis clos familial.
Selon le quotidien Bild, seulement neuf personnes disposeraient aujourd’hui d’un accès complet à l’ancien pilote Ferrari. Un chiffre qui illustre l’ampleur de la forteresse érigée autour de la légende allemande. Après des mois de coma artificiel provoqué par un traumatisme crânien sévère, Schumacher n’a plus jamais réapparu en public. Sa famille a verrouillé toute communication sur son état de santé réel, laissant le monde du sport automobile dans l’ignorance la plus totale.
Une sécurité renforcée après des tentatives d’extorsion
Le niveau de protection entourant Michael Schumacher a considérablement grimpé au fil des années. Cette paranoïa sécuritaire trouve son origine dans plusieurs incidents inquiétants, notamment une tentative d’extorsion impliquant trois hommes. Ces individus avaient tenté de monnayer des informations confidentielles sur l’état de santé du champion, poussant la famille à durcir encore davantage les règles d’accès.
Aujourd’hui, chaque visite fait l’objet d’un contrôle draconien. Impossible de pénétrer dans la résidence familiale sans l’accord explicite de Corinna Schumacher, épouse dévouée qui gère d’une main de fer tout ce qui touche à son mari. Cette surveillance permanente transforme la demeure suisse en bunker impénétrable où seule une poignée de privilégiés peut franchir les portes.
Le premier cercle familial et professionnel
Sans surprise, l’épouse Corinna figure en tête de liste des neuf personnes autorisées. Elle a consacré ces douze dernières années à protéger son mari et préserver sa dignité loin des regards indiscrets. Leurs deux enfants, Mick et Gina-Maria, complètent ce noyau familial. Le fils Mick, devenu pilote de F1 avant de bifurquer vers l’endurance, entretient forcément un lien particulier avec un père dont il suit les traces professionnelles.
Sabine Kehm, porte-parole historique du clan Schumacher, occupe une place stratégique dans ce dispositif. Elle constitue depuis douze ans l’unique interface entre la famille et le monde extérieur. Chaque rare communiqué, chaque mise au point juridique passe par elle. Sa loyauté indéfectible envers la famille lui vaut cette confiance absolue.
Jean Todt représente l’ami fidèle qui traverse les épreuves. L’ancien patron de Ferrari et ancien président de la FIA a partagé les plus belles années sportives de Schumacher. Leur amitié dépasse largement le cadre professionnel. Todt rend régulièrement visite à son ami mais ne trahit jamais le secret familial, respectant scrupuleusement l’omerta imposée par Corinna.
Ross Brawn complète ce premier cercle. L’ex-directeur technique de Ferrari a travaillé main dans la main avec Schumacher pendant les années de domination de la Scuderia entre 2000 et 2004. Cinq titres mondiaux ensemble créent des liens indéfectibles. Brawn fait partie de ces rares élus qui peuvent franchir le seuil de la résidence suisse.
Trois anciens pilotes dans le secret
Bild mentionne également trois anciens coéquipiers ou adversaires de Schumacher parmi les visiteurs autorisés, tout en restant prudent sur leur accès effectif. Gerhard Berger, Autrichien qui a partagé le baquet Ferrari avec l’Allemand en 1996, figurerait sur cette liste. Leur relation dépassait la simple cohabitation en équipe, tissée de respect mutuel malgré la domination écrasante de Schumacher.
Luca Badoer apparaît également. Ce pilote d’essai Ferrari a passé des années dans l’ombre de Schumacher, accumulant les kilomètres de développement pour affûter les monoplaces rouges. Son rôle discret mais crucial dans les succès de l’écurie lui aurait valu cette confiance posthume de la famille.
Felipe Massa compléterait le trio. Le Brésilien a été coéquipier de Schumacher chez Ferrari durant la dernière saison 2006 du champion allemand. Malgré ce compagnonnage bref, une amitié semble être née entre les deux hommes. Massa a d’ailleurs toujours défendu avec véhémence la mémoire de son illustre aîné.
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La prudence du média allemand sur ces trois noms suggère que leur accès pourrait être plus limité ou occasionnel que celui du noyau dur familial et professionnel. Peut-être ne disposent-ils pas du même laissez-passer permanent que Todt ou Brawn.
Une omerta totale respectée par tous
Ce qui frappe dans cette liste, c’est le silence absolu maintenu par chacun de ces privilégiés. Aucune fuite, aucune indiscrétion, aucun détail sur l’état réel de Schumacher ne filtre jamais. Cette loyauté collective impressionne dans un monde du sport automobile pourtant habitué aux coups bas et aux trahisons médiatiques.
Richard Hopkins, ancien directeur des opérations chez Red Bull, résumait récemment cette fidélité exemplaire avec une formule savoureuse : « Même si vous étiez le meilleur ami de Ross Brawn, il ne vous dirait rien, même contre de grands crus. » Cette boutade illustre parfaitement la muraille de silence qui entoure l’ancien champion.
Brawn, Todt, Kehm et tous les autres ont manifestement reçu des consignes claires de Corinna Schumacher. Aucune dérogation, aucune exception, même pour les médias amis ou les anciennes connaissances. Cette discipline collective force le respect même si elle frustre les millions de fans qui aimeraient avoir des nouvelles de leur idole.
La stratégie familiale qui divise
Cette politique du secret absolu divise l’opinion publique et le monde du sport automobile. Certains respectent totalement le choix de la famille Schumacher de protéger l’intimité de Michael. Après tout, chacun a droit à sa dignité et sa vie privée, surtout dans l’épreuve.
D’autres regrettent cette opacité totale qui alimente les rumeurs les plus folles. En l’absence d’informations officielles, les spéculations vont bon train sur l’état réel du champion. Certains prétendent qu’il serait dans un état végétatif permanent. D’autres affirment au contraire qu’il aurait retrouvé une partie de ses capacités. Impossible de démêler le vrai du faux.
La famille Schumacher estime probablement que cette confidentialité constitue le dernier rempart de dignité pour un homme qui a passé sa carrière sous les projecteurs. Préserver son image de champion invincible plutôt que de montrer un être diminué correspond à une logique humaine compréhensible.
Douze ans de silence qui pèsent
Cette durée considérable depuis l’accident interroge forcément. Douze années représentent une éternité dans le sport automobile où tout va vite. Toute une génération de pilotes a défilé sur les circuits sans avoir connu Schumacher en activité. Lewis Hamilton a égalé puis dépassé son record de sept titres mondiaux. La F1 a changé d’époque, de règlements, de propriétaires.
Pendant ce temps, Michael Schumacher reste figé dans le temps, prisonnier de ce tragique accident survenu lors de vacances familiales ordinaires. Le destin cruel qui frappe ce champion au sommet de sa gloire continue d’émouvoir bien au-delà du cercle des passionnés de F1.
Son fils Mick perpétue le nom mais peine à s’imposer au plus haut niveau. Après un passage décevant en F1, il court désormais en endurance, cherchant sa propre voie loin de l’ombre écrasante du père. Cette situation familiale ajoute une dimension tragique supplémentaire à toute l’histoire.
Les neuf personnes autorisées à voir Schumacher portent un poids énorme. Elles sont les derniers témoins d’un champion disparu du monde mais toujours vivant quelque part dans cette résidence suisse. Gardiennes d’un secret qui durera probablement aussi longtemps que Michael lui-même. Un huis clos qui ne se lèvera peut-être jamais tant que la famille restera campée sur ses positions. Et franchement, qui pourrait les en blâmer ?

