Le Portugal va produire sa première supercar. L’Adamastor Furia, fruit d’un investissement de 17 millions d’euros, sera produite à Matosinhos dans le nord du pays, limitée à 60 exemplaires routiers. Après des années de développement discret, le projet passe à la vitesse supérieure avec des essais concluants sur le circuit de Portimão et une montée en production prévue pour 2026.
Des essais validés sur circuit
Le prototype #001 est retourné sur le circuit international de l’Algarve pour tester ses capacités dynamiques à haute vitesse. Selon Adamastor, les résultats ont dépassé les attentes de l’équipe et renforcé leur confiance dans les choix techniques retenus. Ces essais ont permis de valider le châssis en fibre de carbone et l’aérodynamique. Un passage sur circuit décisif qui marque la transition du projet du stade de la démonstration vers celui de la production réelle.
Un V6 Ford, 650 ch et 1 000 kg d’appui
La Furia est propulsée par un V6 3,5 litres Ford Performance de plus de 650 ch et 571 Nm de couple, permettant un 0 à 100 km/h en 3,5 secondes et une vitesse maximale dépassant les 300 km/h. Le choix de ce moteur n’est pas anodin — le V6 biturbo Ford est un moteur bien éprouvé sur piste comme sur route, issu de la Ford GT. Adamastor ne cherche pas à entrer dans la course aux chiffres astronomiques mais à proposer une mécanique fiable et caractérielle.
📖 Lire aussi :
Le châssis monocoque est entièrement en fibre de carbone. L’aérodynamique repose principalement sur un fond sculpté à effet Venturi capable de générer 1 000 kg d’appui à 250 km/h en version routière, et jusqu’à 1 800 kg en version piste. La voiture pèse environ 1 100 kg à vide. Pour la freinage, Adamastor a retenu des disques de 378 mm avec six pistons à l’avant et 356 mm avec quatre pistons à l’arrière.
Une philosophie de conducteur, pas de collection
La perception qui se dégage d’Adamastor est celle d’un constructeur qui fabrique une voiture orientée conducteur, pensée pour apporter satisfaction et plaisir plutôt que pour impressionner dans les dîners mondains. Ricardo Quintas, fondateur et PDG d’Adamastor, résume cette vision : les voitures seront vendues exclusivement à l’usine, où le client pourra configurer sa supercar selon ses préférences, et c’est Adamastor qui se déplacera chez le client pour la maintenance.
Un projet 100 % portugais
Selon Ricardo Quintas, 90 % de la valeur ajoutée du projet est portugaise, avec une production établie à Perafita, près de Porto. La capacité installée prévue est de 25 voitures par an dès 2026, auxquelles s’ajoutent les pièces détachées et la version piste.
La Furia est affichée à environ 1,6 million d’euros hors taxes — un positionnement qui place Adamastor directement face à Pagani, Koenigsegg et Aston Martin Valkyrie. Un pari audacieux pour un constructeur inconnu du grand public, mais appuyé par une expertise réelle en composites carbone accumulée depuis plus d’une décennie. Les premières livraisons sont attendues dans le courant du second semestre 2026.

