Formule 1 – Grand Prix du Qatar 2025 : Verstappen triomphe devant Piastri !

Faris Bouchaala
9 Min Read
Formule 1 - Vestrappen vainqueur du Grand Prix Qatar 2025

Sous les lumières artificielles du Lusail International Circuit, Max Verstappen a offert un scénario digne d’un thriller au Grand Prix du Qatar 2025, avant-dernier round de la saison et dernière épreuve Sprint.

Parti de la pole en Sprint, Oscar Piastri (McLaren) a dominé les débats initiaux, mais une erreur stratégique majeure de McLaren sous safety car au 7e tour a renversé la course. Verstappen (Red Bull) en a profité pour s’imposer avec brio, devançant Piastri et Carlos Sainz (Williams) sur le podium, tandis que Lando Norris (McLaren) ne sauve que la 4e place. Résultat : le titre pilotes 2025, qui opposait Norris (408 pts), Verstappen (396 pts) et Piastri (392 pts), se jouera à trois en finale à Abu Dhabi le 7 décembre.

Une issue dramatique qui maintient le suspense jusqu’au bout, dans un championnat constructeurs déjà verrouillé pour McLaren. Retour sur une course folle, marquée par des collisions et des choix tactiques qui ont fait basculer l’histoire.

Une course sous tension : le safety car qui change tout

Le Qatar, avec son règlement expérimental imposant deux arrêts obligatoires (limite de 25 tours par train de pneus Pirelli pour raisons de sécurité et d’usure abrasive), s’annonçait comme un casse-tête stratégique. Les équipes devaient anticiper une safety car inévitable sur ce tracé rapide de 5,4 km, où les dépassements sont légion. Et elle est arrivée tôt : au 7e tour, une collision spectaculaire entre la Sauber de Nico Hülkenberg et l’Alpine de Pierre Gasly (dans le virage 10) a provoqué un drapeau jaune, suivi d’une sortie immédiate de la voiture de sécurité. Ironie cruelle : cela coïncidait pile avec une fenêtre pour un premier arrêt sans perte de temps.

Tous les leaders – Verstappen (P3), Sainz (P4), Russell (Mercedes, P5) – ont plongé aux stands pour chausser des pneus mediums neufs, respectant la règle tout en gagnant des positions. Sauf McLaren. Avec Piastri en tête et Norris P3, l’écurie de Woking a opté pour un « undercut inversé » : rester en piste pour « plus de flexibilité », croyant que la safety car ne durerait pas. Erreur fatale. Piastri et Norris ressortent isolés, sur des pneus usés, et se retrouvent piégés quand la course reprend au tour 10. Verstappen, boosté par son arrêt gratuit, grimpe à P1, tandis que Piastri défend vaillamment sa position.

Andrea Stella, team principal McLaren, l’admet sans détour post-course : « Nous n’avons pas anticipé que tout le monde piterait. En lead car, on ne voit pas ce que font les autres. C’était un risque calculé qui s’est retourné contre nous. » Piastri, « speechless » à la radio, a tenu tête à Verstappen pendant 40 tours, mais son deuxième arrêt au 42e (pour respecter les 25 tours) l’a relégué à 16 s. Norris, coincé derrière Sainz après son pit au 45e, n’a pu faire mieux que P4.

Verstappen maître du timing : 7e victoire, et le titre en suspens

Max Verstappen, champion en titre et leader avec 24 points de retard sur Norris avant le GP, a livré une masterclass. Parti P3 après le Sprint (où il a fini 2e derrière Piastri), il a géré son énergie avec une précision chirurgicale : pneus mediums pour le stint initial, durs pour le second, et un rythme effréné (meilleur tour en 1:21.456 au 55e). « C’était chaotique, mais on a saisi l’opportunité », sourit-il en podium. Sa 7e victoire de la saison (égalant Norris et Piastri) le rapproche à 12 points de Norris (408-396) et 4 de Piastri (392), pour un final à trois à Abu Dhabi. Red Bull, déjà mathématiquement 2e au général, savoure : « Max a transformé une P3 en triomphe », dixit Christian Horner.

Piastri, 2e, rate la pole GP (prise par lui-même en qualifs) mais sauve 18 points précieux. Sainz, 3e surprise (sa meilleure depuis Imola), profite d’un Williams revigoré pour sa 1re podium depuis Miami. Norris, 4e frustré, perd son avance : « On avait la voiture, mais pas la stratégie. » Chez Mercedes, Russell P5 et Antonelli P6 consolident la 4e place constructeurs.

Les Français en queue de peloton : Hadjar et Ocon, une journée à oublier

Côté tricolore, c’est la soupe à la grimace. Isack Hadjar (Racing Bulls), rookie sensationnel, visait le top 10 après un Sprint solide (P8), mais une crevaison à l’avant-dernier tour (débris de Hülkenberg-Gasly ?) l’a envoyé en tête-à-queue, abandon. « Frustrant, on était là », lâche-t-il. Esteban Ocon (Haas) et Pierre Gasly (Alpine) ferment la marche en P15 et P16, pénalisés par la safety car (Ocon P12 avant, Gasly impliqué dans l’accident). Alpine, en pleine crise (seulement 12 points au général), paie son manque de rythme : « On doit analyser, Lusail ne pardonne pas », soupire Bruno Famin.

Classement final et points : un championnat à trois pour Abu Dhabi

  1. Max Verstappen (Red Bull) : 25 pts (victoire) – Total : 396 pts
  2. Oscar Piastri (McLaren) : 18 pts – Total : 392 pts
  3. Carlos Sainz (Williams) : 15 pts – Total : 248 pts
  4. Lando Norris (McLaren) : 12 pts – Total : 408 pts
  5. George Russell (Mercedes) : 10 pts – Total : 210 pts
  6. Kimi Antonelli (Mercedes) : 8 pts – Total : 165 pts

McLaren reste champion constructeurs (505 pts vs Red Bull 481), mais le titre pilotes explose : Norris mène de 12 pts sur Verstappen et 16 sur Piastri. À Abu Dhabi (7 décembre), Norris aura besoin d’une P2 + Verstappen 6e ou mieux pour coiffer la couronne ; Verstappen vise la victoire pour renverser la vapeur. Piastri, outsider, peut encore rêver d’un podium final.

McLaren paie son audace, Verstappen roi du opportunisme

Ce Qatar, avec son asphalt abrasive et ses 57 tours sous les projecteurs, a été un condensé de F1 : stratégie, audace et erreurs. McLaren, rapide en qualifs (doublette Piastri-Norris), a chuté par excès de confiance sous safety car – une décision qui coûte 43 points potentiels. « On a joué pour la flexibilité, mais on a perdu gros », admet Stella. Red Bull, en embuscade, a capitalisé avec un pit impeccable et un Verstappen impérial (meilleurs tours en série). Williams surprend avec Sainz, qui ramène sa première podium depuis Imola, boostant l’écurie à P6 constructeurs.

Pirelli note des usures élevées (C4 soft à 15 tours max), favorisant les stratégies agressives. Météo neutre (28°C air), mais vent latéral qui a rendu Lusail piégeuse. Au global, 1h28′ de course, avec 2 safety cars et 3 abandons (Gasly, Hülkenberg, Hadjar).

Le titre à Abu Dhabi : un final à trois comme en 2010

Pour la première fois depuis 2010 (Vettel-Webber), le titre se joue à trois pilotes à la dernière course. Norris, leader, doit finir P2 max (et Verstappen 6e) pour l’emporter ; Verstappen, mathématiquement favori, vise la victoire (25 pts) pour renverser 12 d’écart ; Piastri, 16 pts derrière, rêve d’un miracle. McLaren, champion constructeurs, mise sur un doublé pour sceller la saison.

Ce Qatar n’a pas couronné de roi, mais il a promis un Abu Dhabi épique. Rendez-vous le 7 décembre pour le bouquet final.

Share This Article
Follow:
Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français créé en 2018 et basé à Antibes (Alpes-Maritimes). Grand passionné d'automobile depuis l'enfance, Faris Bouchaala a transformé sa passion en carrière professionnelle en rejoignant la presse automobile spécialisée en 2010. Après un parcours atypique loin du secteur automobile, c'est finalement la passion qui l'a guidé vers le journalisme automobile. Depuis plus de 14 ans, Faris Bouchaala couvre l'actualité automobile française et européenne avec un focus particulier sur les essais automobiles, les nouveautés constructeurs, l'électrification du parc automobile et les technologies embarquées. Son expertise s'étend de l'analyse du marché français aux tendances européennes, en passant par les stratégies des constructeurs et l'évolution de la mobilité durable. À la tête de MotorsActu depuis sa création, Faris Bouchaala dirige une ligne éditoriale axée sur la qualité de l'information, l'objectivité des essais et l'analyse approfondie du secteur automobile. Son approche journalistique privilégie l'expérience terrain et les essais en conditions réelles sur routes françaises. Basé en France, Faris Bouchaala suit au quotidien l'évolution du marché automobile français et européen, couvrant aussi bien les lancements de véhicules que les innovations technologiques et les enjeux environnementaux du secteur. Contact professionnel : [email protected]