Honda n’avait plus exposé au Mondial de l’Auto depuis 2018. La marque revient avec un stand de 200 mètres carrés dans le hall 6, où elle présente quatre modèles hybrides e:HEV, dont le coupé Prelude Advance. Une monoplace de Formule 1 Aston Martin Aramco et un VTT électrique complètent l’exposition.
Huit ans sans stand au Mondial de l’Auto, c’est long pour un constructeur qui fête les 60 ans de son activité automobile en France. Honda était absent du salon parisien depuis 2018, et la marque revient en octobre 2026 avec un dispositif compact mais lisible.
Deux cents mètres carrés dans le hall 6, au stand A34, et quatre voitures de série, toutes hybrides. Aucune électrique pure n’est exposée, la marque assumant l’hybride comme pilier de sa stratégie automobile en Europe.
Le Prelude en vedette, et trois modèles de volume
C’est le coupé qui attire l’attention. Le Prelude Advance est exposé en teinte Bleu Racing, et il marque le retour d’un nom que la marque n’avait plus utilisé depuis des années.
Le modèle arrive en Europe dans une configuration déjà connue, une édition limitée dont Honda a détaillé les équipements. Le salon permettra de le voir de près pour la première fois en France.
Le reste du stand couvre les volumes de la marque. Une Civic Sport en Gris Météore, équipée du système S+ Shift, un HR-V Sport en Rouge Cristallin et une Jazz Advance Sport complètent l’exposition, tous en hybride e:HEV.
Le choix de ces trois modèles n’a rien d’arbitraire. La Civic est la compacte de référence de la marque, le HR-V couvre le segment des SUV urbains, et la Jazz tient le rôle de citadine familiale avec son plancher arrière plat et ses sièges Magic Seats.
Le S+ Shift exposé sur la Civic mérite un mot. Il s’agit d’une fonction qui simule des passages de rapports sur une transmission qui n’en comporte pas, afin de restituer une sensation mécanique que l’hybride série supprime naturellement.
Une Formule 1 Aston Martin sur un stand Honda
C’est l’élément le plus inattendu du dispositif. Honda expose la monoplace AMR26 de l’écurie Aston Martin Aramco, dont elle fournit le moteur depuis cette saison.
Le choix illustre un partenariat qui a pris de l’ampleur. Honda avait quitté la Formule 1 comme constructeur avant d’y revenir par la fourniture de groupes propulseurs, et l’exposition de la voiture sur son propre stand officialise cette position.
Un VTT électrique complète l’ensemble, présenté comme un prototype préfigurant un modèle de série lancé à partir de 2027. Honda rappelle ainsi qu’elle n’est pas seulement un constructeur automobile, ce que son activité moto confirme depuis des décennies.
Cette diversité est la particularité du constructeur japonais. Automobiles, motos, moteurs marins, groupes électrogènes et robotique cohabitent dans la même entreprise, et peu de constructeurs automobiles peuvent exposer une Formule 1 et un vélo sur le même stand.
La marque travaille par ailleurs ses technologies de transmission, avec l’E-Clutch, un embrayage électronique conçu pour réconcilier débutants et puristes sur ses motos. Le S+ Shift exposé sur la Civic relève de la même logique, celle d’une électronique qui simule un comportement mécanique.
Pourquoi l’hybride et pas l’électrique
Le choix de n’exposer que des hybrides dans un salon où l’électrique domine est délibéré. Honda présente l’hybride e:HEV comme le pilier de sa stratégie européenne, position qui se défend au vu des chiffres du marché.
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En France, l’hybride toutes variantes confondues a pesé 43 % des immatriculations en septembre, soit davantage que l’électrique à 42 %. Un constructeur dont la gamme est entièrement hybride n’a donc pas de raison de s’en excuser.
La marque conserve par ailleurs une approche particulière de ses marchés. Elle relance l’Insight uniquement au Japon avec une voiture chinoise, preuve que la stratégie produit se décide région par région.
Le système e:HEV mérite une précision, car il ne fonctionne pas comme un hybride classique. Dans la plupart des situations, le moteur thermique entraîne un générateur qui alimente le moteur électrique, lequel entraîne les roues, le moteur à essence ne s’y connectant directement qu’à vitesse stabilisée.
Cette architecture donne une conduite très proche de celle d’une électrique en ville, sans prise à brancher. C’est l’argument central de l’hybride complet, technologie qui a atteint 43 % du marché français en septembre, toutes variantes confondues.
La marque ne renonce pas pour autant à l’électrique ailleurs dans le monde. Son absence du stand parisien traduit un choix de priorités européennes, pas l’abandon d’une technologie.
Un retour qui tombe à un moment favorable
Le calendrier joue pour Honda. BMW et Mini se sont retirés de l’édition 2026, ce qui laisse de la place aux marques qui ont maintenu leur venue.
Le salon affiche par ailleurs plus de 60 premières mondiales, ce qui garantit une fréquentation à laquelle un stand de 200 mètres carrés profite autant qu’un hall entier. Les visiteurs pourront en outre essayer des voitures sur place, le salon ouvrant plus de 5 000 créneaux sur 90 modèles.
Deux cents mètres carrés restent un format modeste à cette échelle. Peugeot occupe à lui seul 1 291 mètres carrés, et le groupe Stellantis 5 340 pour ses huit marques, ce qui situe l’investissement consenti par Honda pour ce retour.
La marque joue donc la présence plutôt que la démonstration de force. C’est une façon de retrouver le salon sans y engager les moyens d’un généraliste européen, pour une marque dont les volumes français restent limités.
Honda accompagne ce retour du déploiement de sa nouvelle plateforme de marque, baptisée « Your Dreams Engineered ». Le public pourra juger sur pièces à partir du 13 octobre, au stand A34 du hall 6.
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