Le constructeur chinois BAIC Group et la marque espagnole ressuscitée Santana Motors ont officialisé un accord de collaboration majeur lors de la réouverture de l’usine historique de Linares (Andalousie, Espagne).
Ce « mariage » industriel permet à BAIC d’accéder rapidement au marché européen tout en contournant les lourdes taxes douanières sur les véhicules importés de Chine.
Une usine espagnole relancée pour assembler des modèles BAIC
L’usine Santana Factory de Linares, inactive depuis 2011, a repris sa production avec le pick-up Santana 400 (diesel et PHEV). Mais le cœur du partenariat réside dans l’assemblage local de cinq SUV BAIC à partir de mi-2026.
Les véhicules arriveront en format SKD (Semi Knocked Down) depuis la Chine pour un montage final en Espagne. Cette production locale qualifie les modèles comme « made in Europe », évitant les droits de douane élevés (jusqu’à 100 % sur certains EV chinois) imposés par l’UE.
La gamme prévue inclut :
- Deux SUV moyens
- Un SUV compact
- Deux grands SUV tout-terrain
Parmi eux, des dérivés des BAIC BJ30 (SUV hybride familial de 409 ch) et BJ40 (véritable 4×4 pur et dur, diesel ou PHEV), adaptés au goût européen avec un design spécifique Santana.
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Une stratégie gagnant-gagnant
Pour Santana Motors, ce partenariat redonne vie à une marque historique spécialisée dans les tout-terrain (anciennement sous licence Land Rover). Edu Blanco, CEO de Santana, parle d’un « jour clé dans l’histoire » de l’entreprise.
Pour BAIC, c’est une porte d’entrée privilégiée en Europe. Li Hui, Deputy CEO de BAIC, s’est dit « privilégié » de participer à ce « moment historique ». L’accord prévoit aussi un développement conjoint de modèles exclusifs Santana sur plateformes BAIC, avec un style propre à la marque espagnole.
Les modèles seront introduits progressivement entre 2026 et 2028, couvrant les segments porteurs des SUV et 4×4, en concurrence avec Toyota, Jeep ou Land Rover, mais à des prix plus compétitifs.
Contre les taxes douanières : une tendance chez les chinois
Ce montage industriel rappelle d’autres initiatives chinoises pour contourner les barrières européennes : Chery avec Ebro, Dongfeng avec des partenariats locaux, ou BYD qui construit sa propre usine en Hongrie. L’assemblage en Europe permet non seulement d’éviter les surtaxes, mais aussi de bénéficier d’une image « locale » et de créer des emplois.
À Linares, ce projet symbolise une renaissance économique pour une région marquée par la fermeture de l’ancienne usine Santana en 2011.
Avec ce partenariat, BAIC pose solidement ses roues en Europe, tandis que Santana renaît avec des technologies modernes et une ambition tout-terrain affirmée.




