Un déménagement sur longue distance, c’est déjà suffisamment éprouvant sans y ajouter un trajet retour à vide. Pourtant, des milliers de particuliers continuent chaque année de louer un fourgon en boucle, parcourant 500 ou 700 kilomètres supplémentaires pour ramener un véhicule là où ils ne vivent plus.
En 2026, avec un litre de gazole autour de 1,80 euro et des tarifs d’autoroute qui ont progressé deux fois plus vite que l’inflation depuis 2020, ce réflexe coûte cher. La location utilitaire aller simple répond à ce problème avec une logique imparable : vous partez d’une agence, vous restituez dans une autre à destination, et vous ne revenez pas.
Ce que représente concrètement un aller-retour inutile
Prenons un déménagement Paris-Bordeaux, soit 580 kilomètres dans le sens de la charge. En location boucle, le conducteur doit retracer ce même trajet à vide après restitution, soit 1 160 kilomètres au total pour le véhicule. Un fourgon 12 m³ consomme en moyenne 12 à 14 litres aux 100 kilomètres. Sur 580 kilomètres de retour à vide, la facture carburant seule dépasse 120 euros, auxquels s’ajoutent 80 à 100 euros de péages. Deux cents euros dépensés pour rentrer un véhicule que le loueur récupérera de toute façon.
Sur un trajet Lyon-Lille de 700 kilomètres, le calcul devient encore plus défavorable à l’aller-retour : le retour à vide représente une journée de route supplémentaire, une nuit d’hôtel potentielle, et une fatigue qui augmente le risque d’accident sur une distance déjà conséquente.
Quand l’aller simple devient économiquement rationnel
La rupture se situe autour de 200 à 250 kilomètres. En dessous, le supplément aller simple facturé par certaines agences peut annuler l’économie réalisée sur le carburant. Au-delà, la balance penche systématiquement en faveur du trajet unique. Les grandes métropoles françaises, Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Nantes, Strasbourg, sont toutes couvertes par des agences disposant de flottes suffisantes pour absorber les flux de restitution. Les villes moyennes présentent davantage de contraintes, et la disponibilité doit être vérifiée avant toute réservation.
La réservation anticipée reste la précaution la plus efficace. Les utilitaires en configuration aller simple partent en premier, notamment en juillet, août et en fin de mois, périodes où la demande explose. Lire attentivement les conditions d’assurance et vérifier le kilométrage inclus évitent les mauvaises surprises à la restitution.

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Un choix pragmatique, pas une option premium
La location aller simple a longtemps souffert d’une image tarifaire injustifiée. Les frais additionnels pratiqués par certaines enseignes ont créé une méfiance persistante. La réalité du marché en 2026 est différente : la concurrence entre agences a normalisé les tarifs sur les grands axes, et des plateformes de comparaison permettent d’identifier rapidement les offres sans supplément excessif. Pour un déménagement sur plus de 300 kilomètres, le gain de temps et l’économie réelle sur le trajet retour rendent ce choix difficile à contester.
Déménager reste une épreuve logistique. Ajouter 600 kilomètres de route inutile ne l’allège pas.
