Tesla ouvre un centre de developpement à Berlin malgré la chute de ses ventes en Europe

Tesla confirme l’implantation d’un centre européen de recherche et développement à Berlin-Köpenick. Ce site, axé sur l’ingénierie des véhicules et des groupes motopropulseurs, accueillera 130 ingénieurs dès cette année. L’effectif pourrait monter à 250 à moyen terme. Mais cette annonce intervient alors que Tesla traverse une période difficile sur le marché européen, avec des ventes en forte baisse et une pression concurrentielle croissante.

Un projet ancien qui voit enfin le jour

Le projet de R&D, prévu de longue date, n’a pas été remis en question malgré la contraction historique des ventes. Le centre prendra place dans une ancienne usine de 20.000 m², choisie après l’examen de plus de 36 emplacements. Tesla a abandonné l’idée d’un bâtiment neuf pour des raisons de rapidité et de fiabilité énergétique. Situé entre le centre de Berlin et la Gigafactory de Grünheide, ce site bénéficie de la proximité immédiate du cœur industriel allemand de Tesla.

Une équipe réorganisée plutôt qu’élargie

Dirigé par Lars Moravy, responsable mondial du développement, le centre démarrera avec environ 130 ingénieurs et techniciens. Ces derniers proviennent des sites existants de Grünheide et de Berlin. À moyen terme, l’effectif atteindra 250 personnes, mais aucune embauche externe n’est prévue pour l’instant. Les premières batteries de tests techniques sont attendues fin 2025, l’activité réelle débutant en 2026 après l’obtention des permis nécessaires. Les recherches porteront sur de nouveaux matériaux, l’ingénierie des groupes motopropulseurs et l’optimisation de la gamme européenne.

Un maillon supplémentaire du dispositif allemand

Ce nouveau centre renforce le poids stratégique de l’Allemagne dans l’écosystème Tesla. Le constructeur y emploie près de 2.000 ingénieurs et techniciens, soit un cinquième de sa division R&D mondiale. Le site de Köpenick viendra compléter Tesla Grohmann Automation à Prüm, spécialisée dans l’automatisation des lignes de production. Avec ce réseau, Tesla veut consolider sa présence technique européenne, même si son avenir commercial reste incertain.

Des ventes en chute libre en Europe

Cette décision survient dans un contexte critique. En juillet 2025, les immatriculations Tesla ont reculé de 42 % dans l’Union européenne, tombant à 6.600 unités. En Allemagne, la baisse est encore plus brutale : –56 % sur huit mois, soit seulement 11.441 véhicules vendus. Le lancement du Model Y Juniper, pourtant produit localement à Grünheide, n’a pas permis d’inverser la tendance. La concurrence s’intensifie, les prix deviennent décisifs et les aides publiques, longtemps favorables, se réduisent ou disparaissent.

Une implantation industrielle face à des vents contraires

L’ouverture de ce centre R&D illustre une volonté de solidifier l’ancrage européen. Mais elle survient à contre-courant des résultats commerciaux. Tesla matérialise une promesse faite lors du lancement de la Gigafactory, au moment même où ses marges et volumes s’effritent. Entre ambition industrielle et turbulences commerciales, le pari reste risqué : la question n’est plus de savoir si Tesla peut innover, mais si ses innovations suffiront à reconquérir un marché européen devenu l’un des plus compétitifs au monde.

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Faris Bouchaala
Faris Bouchaala
Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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