La BMW 635 CSi Art Car de Robert Rauschenberg fait ses débuts en Asie. À l’occasion d’Art Basel Hong Kong 2026, BMW présente pour la toute première fois sur le continent asiatique cette œuvre réalisée en 1986 par l’un des artistes américains les plus influents du XXe siècle.
La présentation s’inscrit dans le BMW Art Car World Tour, programme d’exposition mondial lancé pour célébrer le cinquantième anniversaire de la collection BMW Art Car, et coïncide avec le centenaire de la naissance de Rauschenberg.
Une voiture transformée en collage d’histoire de l’art
Robert Rauschenberg a abordé la BMW 635 CSi comme il abordait toute surface : comme un support de dialogue entre images, époques et cultures. Il est le premier artiste de la collection à avoir utilisé les œuvres d’autres créateurs sur sa voiture, sérigraphiant des reproductions photographiques d’œuvres issues de la collection du Metropolitan Museum of Art de New York directement sur la carrosserie.
Sur le flanc gauche figure le Portrait d’un jeune homme d’Angelo Bronzino, datant d’environ 1530. Sur le flanc droit, l’Odalisque en grisaille de Jean-Auguste-Dominique Ingres, peinte entre 1824 et 1834. Les enjoliveurs de roues reprennent des photographies d’assiettes antiques. Ces références à l’histoire de la peinture occidentale cohabitent avec des images issues des propres photographies de Rauschenberg : arbres et graminées de marais, références directes à Captiva, l’île côtière de Floride occidentale où il vivait et où la voiture a été créée. Ce choix introduit une lecture environnementale discrète, une tension entre la célébration de l’objet automobile et la fragilité des écosystèmes qu’il menace.
Rauschenberg lui-même avait défini l’œuvre sans ambiguïté : « Je pense que les musées mobiles seraient une bonne idée. Cette voiture est l’accomplissement de mon rêve. » La formule résume l’essentiel de sa démarche : abolir la frontière entre l’art et la vie, entre la peinture et la sculpture, entre l’objet fonctionnel et l’œuvre contemplative.
Le centenaire d’un artiste qui a redéfini les frontières
Robert Rauschenberg est né en 1925 à Port Arthur, Texas. Il a étudié à Kansas City, à Paris et au Black Mountain College en Caroline du Nord, institution expérimentale qui a formé une génération entière d’artistes américains d’avant-garde. Sa reconnaissance internationale est venue avec le Grand Prix International de Peinture à la Biennale de Venise en 1964, récompensant ses Combines, ces œuvres hybrides qui fusionnaient peinture et sculpture en intégrant des objets du quotidien, et ses Silkscreen Paintings. Il est considéré comme l’une des figures fondatrices de l’art américain contemporain et un précurseur du Pop Art.
Cent ans après sa naissance, l’exposition de sa BMW Art Car à Hong Kong, simultanément à la rétrospective Robert Rauschenberg and Asia présentée au musée M+ jusqu’au 26 avril 2026, offre une lecture renouvelée de son œuvre dans un contexte géographique et culturel qu’il n’avait pas encore traversé sous cette forme.
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BMW et Art Basel : plus de vingt ans de partenariat culturel
BMW est partenaire global d’Art Basel depuis plus de deux décennies. La présence à Hong Kong s’accompagne d’un lounge dédié, ouvert aux visiteurs pendant toute la durée du salon, où la 635 CSi est exposée aux côtés d’une reproduction de l’Automobile Tire Print, œuvre de 1953 dans laquelle Rauschenberg avait fait rouler un pneu d’automobile sur un long support papier pour explorer le mouvement, le processus et la trace visuelle. Cette reproduction établit un fil narratif entre les préoccupations de jeunesse de l’artiste et la commande automobile qui a conclu sa carrière.
Une réception d’ouverture réunira des invités en présence de Courtney J. Martin, directrice exécutive de la Robert Rauschenberg Foundation, et de Sharon Kim, directrice des collections de la Fondation. Une discussion publique intitulée Robert Rauschenberg and the Velocity of Art est programmée le 27 mars à 13h45, rassemblant Russell Storer, directeur associé des affaires curatoriales au M+, Courtney J. Martin et le professeur Thomas Girst, directeur mondial de l’engagement culturel du groupe BMW.
Le mois précédent, pour l’édition inaugurale d’Art Basel Qatar en février 2026, BMW avait présenté à Doha la BMW Art Car de David Hockney réalisée en 1995. Le World Tour se poursuivra sur cinq continents tout au long de 2026, chaque étape mettant en avant un véhicule différent de la collection qui compte aujourd’hui vingt-deux œuvres originales.
Une collection née d’un pari de pilote
La BMW Art Car Collection a été fondée en 1975 à l’initiative du pilote et marchand d’art français Hervé Poulain et de Jochen Neerpasch, alors directeur du département motorsport de BMW. Le premier artiste sollicité fut Alexander Calder, qui décora une BMW 3.0 CSL engagée aux 24 Heures du Mans. Depuis, Frank Stella, Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Jeff Koons et Cao Fei ont notamment contribué à cette collection singulière qui fait de la compétition automobile un medium artistique à part entière. La présence de la Rauschenberg à Hong Kong en 2026 rappelle que cette ambition, cinquante ans après ses débuts, n’a rien perdu de sa cohérence.
