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vendredi 9 janvier 2026
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    AdBlue : Pourquoi certains diesels en consomment si peu ?

    À l’heure où les propriétaires de véhicules diesel jonglent avec les contraintes environnementales, une question insolite émerge : comment expliquer les écarts spectaculaires de consommation d’AdBlue entre différents modèles ? Un automobiliste possédant une Mazda 6 de 2020 ne fait le plein que tous les 45 000 km, quand d’autres doivent s’arrêter tous les 10 000 km. Cette disparité révèle les stratégies divergentes des constructeurs face aux défis de dépollution.

    Quand la taille compte : l’impact du réservoir

    Premier facteur déterminant : la capacité du réservoir d’AdBlue. Alors que certains modèles se contentent de réservoirs minimalistes de 5 à 6 litres, d’autres peuvent embarquer jusqu’à 30 litres de ce précieux liquide dépolluant. Cette différence considérable explique naturellement pourquoi certains conducteurs visitent moins fréquemment les stations-service pour regarnir leur réservoir d’urée.

    Ce constat, bien que logique, reste souvent méconnu des consommateurs qui s’étonnent de ces variations sans en comprendre l’origine technique. La capacité du réservoir constitue donc un critère de confort d’utilisation rarement mis en avant lors de l’achat.

    Le style de conduite : un facteur clé mais négligé

    Au-delà du volume embarqué, c’est l’utilisation même du véhicule qui détermine sa consommation d’AdBlue. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas tant le kilométrage parcouru que l’intensité de la sollicitation du moteur qui influence la quantité d’AdBlue injectée dans le système d’échappement.

    En effet, l’AdBlue sert à neutraliser les oxydes d’azote (NOx) produits lors de la combustion. Or, ces émissions nocives augmentent considérablement lors des accélérations brutales, des montées, lorsque le véhicule est lourdement chargé ou lors de trajets à haute vitesse. Face à ces pics d’émissions, le système SCR (Selective Catalytic Reduction) injecte davantage d’AdBlue pour maintenir les rejets dans les normes légales.

    À l’inverse, une conduite apaisée, privilégiant les accélérations douces et les vitesses constantes, sollicite moins le système de dépollution. L’écart de consommation peut ainsi s’avérer considérable entre deux conducteurs possédant le même modèle mais adoptant des styles de conduite radicalement différents.

    L’exception Mazda : quand la technologie change la donne

    La particularité mentionnée par notre automobiliste possesseur d’une Mazda 6 trouve une explication technique fascinante. Là où la majorité des constructeurs optent pour des taux de compression situés entre 16 et 16,5:1 dans leurs moteurs diesel, Mazda se distingue avec un taux nettement inférieur de 14:1.

    Cette approche singulière permet d’abaisser significativement les températures de combustion, limitant naturellement la formation des oxydes d’azote. Résultat : le système a moins besoin d’injecter d’AdBlue pour respecter les normes antipollution, expliquant pourquoi les propriétaires de Mazda diesel peuvent parcourir jusqu’à 45 000 kilomètres entre deux remplissages.

    Cette prouesse technique ne met toutefois pas la marque japonaise totalement à l’abri des problèmes de fiabilité liés à l’AdBlue, notamment les risques de cristallisation par temps extrême ou sur les véhicules peu utilisés.

    Des désagréments partagés par tous les constructeurs

    Si les propriétaires de véhicules Stellantis (ex-PSA) ont particulièrement médiatisé leurs déboires avec l’AdBlue, notamment concernant les remplacements de réservoirs, force est de constater que la majorité des constructeurs ont rencontré des difficultés avec ce système imposé par les normes environnementales.

    La cristallisation du liquide, phénomène favorisé par les températures extrêmes ou l’immobilisation prolongée des véhicules, reste le principal point noir de cette technologie pourtant essentielle à la réduction des émissions polluantes.

    L’AdBlue, solution née d’un impératif environnemental, continue ainsi de diviser les automobilistes entre ceux qui y voient une contrainte supplémentaire et ceux qui apprécient l’efficacité des systèmes les plus aboutis, comme celui de Mazda, qui parvient à réduire significativement la fréquence des remplissages.

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    Faris Bouchaala
    Faris Bouchaala
    Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français créé en 2018 et basé à Antibes (Alpes-Maritimes). Grand passionné d'automobile depuis l'enfance, Faris Bouchaala a transformé sa passion en carrière professionnelle en rejoignant la presse automobile spécialisée en 2010. Après un parcours atypique loin du secteur automobile, c'est finalement la passion qui l'a guidé vers le journalisme automobile. Depuis plus de 14 ans, Faris Bouchaala couvre l'actualité automobile française et européenne avec un focus particulier sur les essais automobiles, les nouveautés constructeurs, l'électrification du parc automobile et les technologies embarquées. Son expertise s'étend de l'analyse du marché français aux tendances européennes, en passant par les stratégies des constructeurs et l'évolution de la mobilité durable. À la tête de MotorsActu depuis sa création, Faris Bouchaala dirige une ligne éditoriale axée sur la qualité de l'information, l'objectivité des essais et l'analyse approfondie du secteur automobile. Son approche journalistique privilégie l'expérience terrain et les essais en conditions réelles sur routes françaises. Basé en France, Faris Bouchaala suit au quotidien l'évolution du marché automobile français et européen, couvrant aussi bien les lancements de véhicules que les innovations technologiques et les enjeux environnementaux du secteur. Contact professionnel : [email protected]

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