Un chapitre de deux décennies se referme à Molsheim. Bugatti annonce la fin de production de la W16 Mistral, le roadster hommage au moteur W16 qui équipait la marque depuis la Veyron. Le dernier exemplaire, habillé d’une livrée bicolore « Pearl » et « Sparkle », vient de quitter l’Atelier quelques jours à peine après l’inauguration de La Manufacture, le nouvel atelier consacré à la production de la Tourbillon.
Vingt ans de moteur W16, refermés en version décapotable
Dévoilée à la Monterey Car Week en 2022, la W16 Mistral avait immédiatement suscité l’engouement des collectionneurs. Son parcours a culminé en novembre 2024, lorsque le pilote officiel Andy Wallace a propulsé l’exemplaire World Record Car à 453,91 km/h sur le circuit d’ATP Automotive Testing à Papenburg, faisant d’elle le roadster de série le plus rapide au monde avant même le lancement effectif de la production, au début de l’année 2025.
Au total, 99 exemplaires ont été assemblés, chacun façonné individuellement autour de son propriétaire. La voiture referme ainsi l’ère du moteur W16, qui aura porté la marque de la Veyron à la Chiron, avant cette ultime déclinaison à ciel ouvert.
Un dernier exemplaire chargé de symboles
L’exemplaire clôturant la production porte à l’intérieur une plaque exclusive gravée de l’inscription « The last of its kind », associée à la silhouette du modèle. La signature d’Ettore Bugatti, fondateur de la marque à Molsheim en 1909, est brodée sur les appuie-têtes et gravée dans l’aluminium des seuils de porte. L’accoudoir accueille par ailleurs une plaque en cristal moulée en collaboration avec la maison Lalique, prolongeant une relation nouée dès l’origine entre Ettore Bugatti et René Lalique.
Le client à l’origine de cette commande, accompagné par Jascha Straub, responsable des projets Sur Mesure chez Bugatti, a également fait remplacer la traditionnelle sculpture d’éléphant du levier de vitesses par une tête de faucon, en référence à sa région d’origine au Moyen-Orient. « Nous avons voulu réunir tout ce que la W16 Mistral représente depuis le premier croquis (…) une conclusion à la hauteur de cette production », résume Jascha Straub.
Le regard déjà tourné vers la Tourbillon
Pour Hendrik Malinowski, directeur général de Bugatti, cette fin de production marque « un moment particulier pour tous ceux qui y ont contribué », avant de préparer l’avenir de la marque. Cet avenir porte déjà un nom : la Tourbillon, dont La Manufacture, tout juste inaugurée à Molsheim, accueillera désormais la production.
Le contraste entre les deux époques est net. Là où le moteur W16 biturbo incarnait la puissance pure et la démesure mécanique, la Tourbillon assume une architecture hybride, avec un V16 atmosphérique appuyé par trois moteurs électriques. Bugatti referme donc un cycle technologique complet plutôt qu’une simple génération de modèle, au moment précis où l’ensemble de l’industrie du luxe automobile négocie ce même virage vers l’électrification, même dans ses expressions les plus extrêmes.
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