Guido Guerrini et Artur Prusak ont remporté l’EcoDolomites GT au volant d’une Lancia Ypsilon HF. C’est la première victoire de la marque dans la FIA EcoRally Cup, un championnat réservé aux voitures électriques strictement de série. L’équipage a gagné le classement de régularité avant de confirmer au général, une fois le coefficient énergétique appliqué.
Une victoire, et une première pour la marque. Guido Guerrini et Artur Prusak ont remporté l’EcoDolomites GT, manche italienne de la FIA EcoRally Cup, sur une Lancia Ypsilon HF.
Le duo n’est pas un inconnu de la discipline. Les deux hommes sont les champions en titre de ce championnat, mais aucune de leurs victoires précédentes n’avait été obtenue au volant de ce modèle.
Un championnat réservé aux électriques de série
La règle de base distingue cette compétition de tout le reste. La discipline repose principalement sur des voitures électriques de série homologuées pour la route et non modifiées.
Le plateau n’est pas pour autant homogène. Les modèles engagés peuvent différer fortement par leur poids, leur batterie ou leur efficience, raison pour laquelle le classement combine la régularité avec un indice de performance énergétique.
C’est ce qui donne son sens au résultat. Une victoire y récompense un équipage et une voiture de catalogue, pas un développement d’usine.
L’Ypsilon HF concourt donc dans sa configuration commerciale. La version de série avait été annoncée à 280 chevaux, la marque ayant présenté l’Ypsilon HF et l’Ypsilon HF Line en avant-première.
La régularité puis un coefficient d’énergie
Le mode de calcul est double, et c’est la particularité de la discipline. Un classement de régularité est d’abord établi, puis un coefficient énergétique est appliqué pour déterminer le général.
Les deux exercices ne récompensent pas la même chose. La régularité mesure la capacité à tenir des moyennes imposées, tandis que l’indice énergétique compare la consommation mesurée pendant l’épreuve à la consommation WLTP de référence du véhicule.
C’est ce rapport à la référence qui égalise le plateau. Une grosse électrique très consommatrice n’est pas pénalisée dans l’absolu, mais sur son écart à sa propre valeur d’homologation.
Le principe de la régularité mérite d’être rappelé. Il ne s’agit pas d’aller le plus vite possible, mais de respecter au plus près des temps de passage fixés à l’avance, les écarts se comptant en fractions de seconde sur chaque point de contrôle. Le copilote y joue un rôle au moins égal à celui du pilote.
Le coefficient énergétique ajoute une contrainte contradictoire. Rouler précisément et consommer peu ne vont pas toujours ensemble, et c’est cet arbitrage permanent qui fait la difficulté de la discipline.
Guerrini et Prusak ont gagné sur les deux tableaux. Ils ont d’abord remporté le classement de régularité, puis conservé la première place au général après application du coefficient.
Le format n’est pas étranger au modèle. L’Ypsilon HF s’était déjà imposée en régularité au Rallye d’Antibes Côte d’Azur, en juin.
Le col du Manghen à plus de 2 000 mètres
Le parcours alpin explique une partie de la difficulté. La première étape passait par le col du Manghen, à plus de 2 000 mètres d’altitude.
L’altitude pèse lourd sur une électrique. Une longue montée augmente fortement la consommation d’énergie, tandis que la descente permet d’en récupérer une partie par régénération.
L’arrivée s’est jouée dans un cadre patrimonial. Le rallye s’achevait devant le Palazzo delle Miniere, à Fiera di Primiero.
Il s’agissait de la sixième édition de l’épreuve. Artur Prusak la décrit comme unique et très différente des autres manches du championnat.
Un ancien pilote de F1 sur le podium
Le plateau comptait une signature inattendue. Stefano Modena, ancien pilote de Formule 1, a terminé troisième avec la Belge Valerie Piette à ses côtés.
Le deuxième du classement n’est pas nommé. Le communiqué publie la première et la troisième place, sans détailler le reste du podium ni le nombre d’équipages engagés.
La présence de Stefano Modena illustre aussi la diversité du plateau de cette discipline. L’ancien pilote a couru en Formule 1 à la fin des années 1980 et au début des années 1990.
La marque avait déjà confié ce modèle à un nom du rallye. Bruno Saby a pris le volant de l’Ypsilon HF Racing au Rallye du Var, et cette façon d’associer des pilotes reconnus à une voiture de série est devenue une habitude chez Lancia.
Le modèle avait été annoncé par étapes avant son arrivée. Une première communication évoquait 240 chevaux et une date de lancement en préparation, chiffre révisé à la hausse lors de la présentation définitive. Le communiqué de cette victoire ne précise pas la version engagée.
Guerrini et Prusak déjà champions en titre
Le palmarès du duo précède cette victoire. Les deux hommes sont les champions en titre de la FIA EcoRally Cup.
Leur saison 2026 se termine sur le podium du général. Le communiqué ne publie pas le classement complet, et n’indique donc pas s’ils conservent leur couronne.
Guerrini dit avoir attendu ce succès. Il le présente comme une belle façon de ponctuer la saison avec l’Ypsilon HF, qu’il décrit comme une voiture très agréable et performante.
Prusak confirme que la victoire se faisait attendre. Il explique que l’équipage était passé près plusieurs fois depuis qu’il utilise ce modèle, et juge ce premier succès encourageant.
Le sigle HF relie la série à la compétition
Les deux lettres ne sont pas une invention récente. Le sigle désigne les versions hautes performances de la marque, et son usage avait été annoncé pour toute la gamme dès sa réintroduction.
Il irrigue désormais trois niveaux d’activité. La citadine de série, les voitures de rallye client et l’écurie officielle le portent ensemble, cette dernière ayant décroché le titre équipes du WRC2 dès sa première saison.
La gamme civile suit son propre calendrier. La New Gamma a ouvert ses commandes de 145 à 375 chevaux, sur un registre très éloigné de la régularité alpine.
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