Dacia travaille activement sur un mini-véhicule électrique de seulement 3 mètres de long, dérivé du concept Hipster présenté en 2025. Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, la marque low-cost de Renault vise une mise en production fin 2027, avec un prix catalogue cible inférieur à 15 000 € hors aides.
Ce modèle serait industrialisé en Chine au sein de la coentreprise eGT New Energy Automotive, détenue à parts égales par Renault (25 %), Nissan (25 %) et Dongfeng (50 %).
Un projet très low-cost et ultra-compact
Le futur véhicule reprendrait les grandes lignes du concept Hipster : une silhouette cubique, des portes antagonistes, un empattement très court (environ 2,10-2,20 m) et un volume intérieur optimisé grâce à l’architecture électrique. Longueur totale : environ 3 mètres, soit nettement plus compact que la Spring actuelle (3,73 m). L’objectif est de créer la citadine électrique la moins chère d’Europe, en dessous du seuil psychologique des 15 000 € avant bonus écologique.
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La plateforme technique serait une évolution simplifiée de la CMF-A (utilisée sur la Spring et la future Twingo E-Tech), mais avec des coûts drastiquement réduits grâce à la production chinoise. La batterie serait une LFP de petite capacité (25-30 kWh), offrant une autonomie réelle de 180-220 km, largement suffisante pour un usage urbain et périurbain. La puissance resterait modeste (environ 60-80 ch) pour limiter la consommation et les coûts.
Pourquoi la Chine et la coentreprise eGT ?
eGT New Energy Automotive, basée à Wuhan, est déjà le site de production de la Renault City K-ZE (Spring chinoise) depuis 2019. L’usine bénéficie d’économies d’échelle massives grâce aux volumes Dongfeng et aux coûts locaux très bas (main-d’œuvre, énergie, composants). Renault et Nissan détiennent chacun 25 % du capital, ce qui leur donne un accès privilégié aux chaînes de production sans avoir à investir seuls dans une nouvelle ligne.
Produire en Chine permettrait de :
- Diviser par deux le prix de revient par rapport à une fabrication européenne
- Profiter des aides chinoises à l’export pour les VE
- Atteindre des marges acceptables même à 15 000 € catalogue
- Éviter les droits de douane européens sur les VE chinois grâce à la coentreprise (règle de contenu local suffisante)
Positionnement et concurrence
Ce mini-électrique viendrait se placer en dessous de la future Twingo E-Tech (attendue à 20 000 € environ) et de la Citroën ë-C3 (23 300 €). Il viserait directement les citadines électriques les plus abordables du marché chinois exportées en Europe (Leapmotor T03, Wuling Bingo, BYD Seagull rebadgé) et les futures low-cost européennes (Fiat Panda électrique, Renault Twingo E-Tech entrée de gamme).
Dacia mise sur l’image « voiture la moins chère d’Europe » pour capter les jeunes urbains, les primo-accédants et les flottes de petites entreprises. Le concept Hipster, avec son look cubique et ses portes antagonistes, pourrait être conservé pour créer un effet « waouh » malgré le prix plancher.
Calendrier et défis
- 2026 : finalisation du cahier des charges et validation industrielle
- Fin 2027 : démarrage production à Wuhan et premiers essais européens
- 2028 : commercialisation en Europe (France, Allemagne, Espagne, Italie en priorité)
Les principaux défis restent :
- Respecter les normes européennes de sécurité (Euro NCAP 5 étoiles attendu) avec un budget très serré
- Gérer les droits de douane potentiels sur les VE chinois (actuellement 17,4 % + 20 % antidumping sur certains modèles)
- Convaincre les clients européens d’acheter un véhicule produit en Chine sous badge Dacia
- Maintenir une qualité perçue suffisante malgré le prix ultra-bas
Si le projet aboutit, ce mini-électrique pourrait devenir le nouveau fer de lance de Dacia en Europe urbaine, comme la Spring l’a été sur le segment A.
