Kimi Antonelli n’est plus une surprise. Il est désormais le favori au titre. L’Italien de Mercedes a remporté le Grand Prix de Miami ce dimanche, sa troisième victoire consécutive après la Chine et le Japon, sa troisième pole consécutive également — et il devient au passage le premier poleman à transformer sa qualification en victoire en cinq éditions de ce Grand Prix en Floride.
Lando Norris (McLaren) termine deuxième, Oscar Piastri (McLaren) troisième. Antonelli porte son avance à vingt points au championnat sur son coéquipier George Russell, les poursuivants emmenés par Leclerc pointant à 37 longueurs.
Un début de course chaotique, une remontée maîtrisée
Tout avait pourtant commencé de façon hésitante pour le pilote Mercedes. Au freinage du premier virage, Antonelli se retrouvait à l’extérieur de la piste, sur la même ligne que Leclerc et Verstappen. La Red Bull du Néerlandais effectuait un 360° spectaculaire qui semait la pagaille dans le peloton à la sortie du deuxième virage. La Mercedes, elle, sortait au large du premier virage — ce qui permettait paradoxalement à Antonelli d’éviter le chaos et de rejoindre la piste en deuxième position derrière la Ferrari de Leclerc.
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Les premiers tours sont intenses. Dès le 4e tour, Antonelli attaque Leclerc, qui reprend la tête au tour suivant. L’Italien se fait passer par Norris juste avant l’entrée de la voiture de sécurité, déclenchée par les abandons d’Isack Hadjar et de Pierre Gasly. La relance redistribue les cartes : au 13e tour, Norris prend le commandement. Au 14e, Antonelli s’y prend à deux fois mais dépasse la Ferrari et part à la chasse de la McLaren de tête, qui compte alors un peu plus de deux secondes d’avance.
Un undercut décisif à mi-course
La course se joue lors des arrêts aux stands. Antonelli entre le premier pour passer aux gommes dures à la fin du 26e tour. Un undercut parfaitement exécuté : un tour plus tard, il ressort devant Norris tout juste sorti des stands. Il reste trente tours, que l’Italien passe sous la pression constante du champion du monde sortant. Norris revient au contact à plusieurs reprises mais n’est jamais en mesure de tenter quoi que ce soit — il se retrouve à guetter la faute d’Antonelli, tellement à la limite qu’il frôle lui-même une pénalité pour dépassements répétés des limites de la piste, comme la veille en course sprint. La faute n’arrive pas. Antonelli franchit la ligne en vainqueur.
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Leclerc s’effondre dans le dernier tour
La bataille pour le podium est la véritable dramaturgie de la deuxième partie de course. Verstappen, passé par les stands durant la neutralisation au 6e tour, ne lutte pas à armes égales contre Leclerc, Russell et Piastri. Le Néerlandais résiste jusqu’au 47e tour puis laisse les autres s’expliquer. C’est Piastri qui sort vainqueur de cette lutte à quatre, confirmant le beau retour de McLaren au premier plan après le doublé en course sprint.
Leclerc, lui, s’écroule dans le dernier tour. Après son spin au virage 3 qui lui vaudra une pénalité post-course de 20 secondes, le Monégasque perd deux places supplémentaires et termine sixième — une position bien en dessous de ses ambitions du week-end, derrière Russell et Verstappen.
Les Français dans la difficulté
Du côté tricolore, le bilan est sévère. Hadjar abandonne dès le 6e tour sur erreur de pilotage au virage 14, après avoir été contraint de s’élancer en dernière position suite à une pénalité pour non-conformité de sa monoplace. Gasly abandonne lui aussi en début d’épreuve. Seul Ocon rallie l’arrivée, en 13e position avec la Haas. Franco Colapinto (Alpine) prend la 8e place, Hamilton 9e, Sainz et Albon en Williams fermant le top 11.
Le drapeau à damier a été agité par Rafael Nadal — un clin d’œil à la culture sportive américaine qui entoure désormais le Grand Prix de Miami. Au championnat, Antonelli compte 20 points d’avance sur Russell, 37 sur Leclerc. La dynamique est claire. La question n’est plus de savoir si Antonelli est capable de gagner — c’est de savoir qui sera capable de l’arrêter.

