Isack Hadjar a vécu un Grand Prix de Miami cauchemardesque. Parti en dernière position suite à une pénalité pour non-conformité de sa monoplace — alors qu’il s’était qualifié 9e, loin de Max Verstappen — le Français était lancé dans une remontée prometteuse quand tout s’est arrêté brutalement au 6e tour. Une erreur de pilotage dans le virage 14 l’a expédié dans le mur, cassant sa suspension. La violence du choc lui a fait perdre le contrôle de la Red Bull, qui a terminé sa course dans le mur suivant. Hadjar a laissé exploser sa frustration en frappant plusieurs fois son volant avant de sortir du cockpit.
Un mea culpa sans détour
Au micro de Canal+, le natif de Paris n’a cherché aucune excuse. « Je suis fâché parce qu’il y avait du rythme, ça remontait tellement facilement… Je jette des points à la poubelle bêtement. En plus de ça, j’ai fait mal à la voiture, ça compte aussi. » La frustration était palpable — d’autant plus que la remontée depuis la dernière place semblait bien engagée avant l’erreur fatale.
Hadjar a livré une analyse lucide de ce qui s’est passé : « Tout le week-end, j’étais à la limite et j’étais à l’aise avec cette limite, mais là ça ne l’a pas fait. Je n’ai pas été assez précis. J’ai pris trop de risques. Sur une course qui fait 57 tours, c’est normal qu’au bout d’un moment ça touche. Je n’ai pas été très intelligent. » Des mots durs sur lui-même, mais honnêtes — la marque d’un pilote qui ne se cache pas derrière les circonstances lorsqu’il est responsable de sa propre sortie de route.
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Un week-end compliqué avant même le départ
La journée avait pourtant mal commencé bien avant l’accident. Qualifié en 9e position — un résultat déjà éloigné du rythme de son coéquipier Max Verstappen — Hadjar avait ensuite été sanctionné pour non-conformité de sa monoplace, ce qui l’avait relégué en dernière position sur la grille. Partir dernier dans un peloton serré, sur un circuit urbain qui offre peu de dépassements faciles, représentait un défi considérable. La remontée entamée dans les premiers tours montrait que le rythme était bien là — ce qui rend l’erreur du 6e tour encore plus frustrante à digérer.
Un bilan maigre après quatre Grands Prix
Miami s’ajoute à une liste de résultats décevants depuis le début de la saison. Abandon mécanique en Australie lors de l’ouverture du championnat, 8e place en Chine, hors des points au Japon — et maintenant un abandon sur erreur aux États-Unis. Quatre courses disputées, un seul point inscrit au championnat. Pour un pilote présenté comme l’un des grands espoirs de Red Bull Racing et du sport automobile français, le démarrage est difficile à défendre sur le papier.
Les circonstances atténuantes existent — le problème mécanique en Australie ne lui était pas imputable, et la pénalité de grille à Miami compliquait singulièrement la mission avant même l’extinction des feux. Mais Miami, lui, est une erreur assumée. À 20 ans, dans sa première saison en Formule 1 avec l’une des meilleures voitures du plateau, Hadjar sait que chaque point perdu inutilement se paie cash dans un championnat aussi serré.
Le talent ne fait aucun doute — il l’a montré tout au long de sa progression en formules de promotion, et le rythme affiché ce week-end en est une nouvelle confirmation. La Formule 1 exige simplement une constance et une gestion du risque que les catégories inférieures sanctionnent moins sévèrement. Ce Grand Prix de Miami sera une leçon utile, à condition de ne pas la répéter.

