Leapmotor et Stellantis viennent de confirmer une nouvelle qui pourrait rebattre les cartes de l’électrique abordable en Europe : quatre modèles de la marque chinoise seront produits en Espagne à partir de 2026, avec à la clé des prix nettement plus compétitifs pour les acheteurs français.
Production en Espagne : la bascule décisive
À partir d’août 2026, le SUV électrique Leapmotor B10 sera assemblé dans l’usine Stellantis de Figueruelas, près de Saragosse, avec un volume initial d’environ 40 000 unités par an. Trois autres modèles suivront d’ici 2027 : B05, A10/B03X et A05, tous destinés au marché européen. Contrairement à un simple montage en kits, Stellantis met en place une véritable base industrielle, avec production locale des châssis (via Lieder Automotive) et intégration dans un écosystème de fournisseurs régionaux, notamment pour les batteries.
Bonus écologique et fin des droits de douane
Ce choix de produire en Espagne change tout côté prix. En sortant des chaînes européennes, ces modèles échappent aux droits de douane punitifs appliqués aux véhicules électriques importés de Chine, qui peuvent grimper à plus de 30%. Résultat : plus de “taxe invisible” répercutée sur le tarif final, et des marges mieux préservées pour Stellantis.
En France, cette localisation industrielle ouvre surtout la porte au bonus écologique, désormais conditionné à un score environnemental incluant lieu de production, mix électrique et transport. Produire à Figueruelas, avec des châssis fabriqués sur place et une logistique raccourcie, donne aux Leapmotor européennes toutes les chances d’être éligibles, ce qui peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économie pour un acheteur français.
B10, B05, A10/B03X, A05 : les futures électriques “EU made”
- Leapmotor B10
SUV électrique du segment C (4,52 m), moteur de 160 kW (218 ch) et batterie LFP d’environ 67 kWh, pour 360 à 430 km WLTP selon la version. Positionné face aux Renault Scénic E-Tech, Peugeot E-3008 ou VW ID.4, il est annoncé en Europe à partir d’environ 29 990 €, avant aides potentielles. - Leapmotor B05
Compacte 100% électrique attendue en 2027 à Saragosse, légèrement plus courte (4,4 m environ), pensée pour concurrencer les MG4 et BYD Dolphin, avec un tarif d’entrée sous les 30 000 €. - B03X / A10 et A05
Ces modèles plus compacts feront office de tickets d’entrée de la gamme, à la place ou aux côtés de l’actuelle T03, vendue aujourd’hui à partir de 16 900 € en France et souvent proposée avec de fortes remises. Une future citadine encore plus compacte est déjà évoquée, avec un prix cible sous les 15 000 € sur certains marchés, une fois la production européenne stabilisée.
Les perdantes : T03 et C10 restent pénalisées
Tout le catalogue Leapmotor ne bénéficiera pas de ce “passeport européen”. Le grand SUV C10 restera produit en Chine et continuera donc de subir les droits de douane, sans garantie d’accès au bonus écologique français, ce qui le rendra moins compétitif face aux Tesla Model Y ou Peugeot E-3008 assemblées en Europe.
La petite T03, un temps assemblée en Pologne, a déjà vu son destin européen s’assombrir : production stoppée à Tychy et absence persistante de bonus, compensée par de grosses remises commerciales pour rester sous les 15 000 € psychologiques.
Stellantis change de méthode face aux marques chinoises
En misant sur Leapmotor, Stellantis choisit une stratégie offensive : plutôt que de subir l’arrivée massive de modèles chinois à bas prix, le groupe transforme une marque chinoise en constructeur “européen” aux yeux de l’administration et des aides publiques.[5][6][16]
Pour l’acheteur français, l’équation est simple : des électriques techniquement modernes, produites en Europe, potentiellement éligibles au bonus et débarrassées des surcoûts douaniers. Rendez-vous à l’été 2026 pour voir les premiers B10 “made in Spain” sortir de chaîne… et pour mesurer à quel point cette décision peut tirer les prix de l’électrique abordable vers le bas.





















