Manuel Reuter a remporté le championnat ITC 1996 au volant d’une Opel Calibra V6 4×4, avec 218 points et trois victoires, devant un Bernd Schneider qui en avait gagné quatre. La voiture développait environ 520 chevaux, avec une boîte semi-automatique Williams et une transmission intégrale à différentiel piloté. Le championnat n’a jamais été redisputé.
Opel remet en avant l’un de ses deux plus grands succès sportifs. En 1996, Manuel Reuter remportait l’International Touring Car, championnat international de voitures de tourisme issu du DTM, au volant d’une Calibra V6 4×4. La marque place ce titre au même niveau que la couronne mondiale des rallyes décrochée par Walter Röhrl en 1982.
Sous la carrosserie d’un coupé de concession, la voiture cachait un V6 d’environ 520 chevaux tournant jusqu’à 12 000 tours par minute, une boîte semi-automatique signée Williams et une transmission intégrale à différentiel piloté électroniquement. Rien de tout cela ne relevait du décorum : l’ITC était alors la série la plus avancée techniquement au monde, et les Classe 1 qui s’y affrontaient tenaient davantage du prototype que de la voiture de tourisme.
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Champion avec moins de victoires que son rival
Le classement final résume toute la saison. Reuter termine avec 218 points, devant Bernd Schneider sur Mercedes-Benz à 205 points et Alessandro Nannini sur Alfa Romeo à 180 points.
Or Schneider a gagné quatre courses dans l’année, Reuter seulement trois. Le titre ne s’est donc pas joué au seul nombre de victoires, mais sur les treize points qui séparent les deux hommes au classement final.
Sa saison avait pourtant démarré sur les chapeaux de roue, avec deux victoires d’entrée, à Hockenheim puis au Nürburgring. Une collision puis une panne moteur à Magny-Cours ont ensuite rouvert le championnat, Nannini reprenant 70 points en quatre courses. Bernd Schneider a même pris la tête du classement après les deux manches du Mugello, avant que Reuter ne reprenne l’avantage à Hockenheim.
Le dénouement a eu lieu au Brésil, sur une piste détrempée. Reuter a bouclé la course de São Paulo à la quatrième place, ce qui lui suffisait pour verrouiller le titre.
Vingt-six courses sur trois continents, et une seule saison
Le calendrier donne la mesure des ambitions de la discipline. Treize meetings de deux courses chacun, soit vingt-six départs, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, au Portugal, en Finlande, en France, au Brésil et au Japon. Aucune autre série de voitures de tourisme ne voyageait alors autant, et c’est ce qui vaut à ce championnat son surnom de championnat du monde officieux de la catégorie.
Cette ampleur a aussi pesé sur son sort. L’expansion internationale s’est ajoutée aux coûts considérables de développement et d’exploitation des Classe 1, dans un championnat qui disparaîtra à la fin de 1996, après une seule saison sous ce nom. Reuter estime aujourd’hui que la série méritait de continuer.
Une année 1996 que peu de pilotes ont connue
Le titre ITC n’était pas son seul trophée de la saison. Manuel Reuter a également remporté cette année-là sa deuxième victoire au classement général des 24 Heures du Mans.
Gagner la même année un championnat international de voitures de tourisme et l’épreuve d’endurance la plus prestigieuse du calendrier reste rarissime. Le pilote parle lui-même d’une année dorée, formule qui résume ce que cette saison a construit pour sa réputation comme pour le programme sportif d’Opel.
Trente ans plus tard, Opel revient par l’électrique
Le contraste avec le programme actuel est saisissant. Exit le V6 de 12 000 tours, place à une monoplace électrique : la marque prépare son entrée en Formule E avec la GSE 27FE, passée au crible de la soufflerie, et a nommé Théo Pourchaire premier pilote titulaire de son équipe.
Le label GSE irrigue désormais la gamme de série, avec une Corsa GSE de 280 chevaux dotée d’un différentiel Torsen et un Mokka GSE Rally présenté au salon de Turin.
La mémoire de la marque, elle, se cultive en parallèle, qu’il s’agisse de retracer six décennies de breaks de la Kadett Caravan de 1963 à l’Astra Sports Tourer ou de célébrer les 20 ans de la Corsa D.
Reste une donnée que trente ans n’ont pas effacée. Une voiture de tourisme de 520 chevaux à transmission intégrale pilotée, engagée sur trois continents par trois constructeurs, n’a plus jamais existé depuis. Et comme le championnat a disparu dans la foulée, Manuel Reuter en restera le seul champion de l’histoire.
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